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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 11:29


  Terme venant du verbe latin "credere" qui veut dire "avoir confiance". Selon le Petit Robert, le crédit correspond aux “sommes allouées sur un budget pour un usage déterminé”.
   Dans l'économie orthodoxe, c'est une création scripturale qui, selon le désir du bénéficiaire, se mue soit en chèques ou virements ou écritures, soit en avances de numéraire (argent), faite en général par un banquier ou financier à un producteur ou commerçant, ou même à un particulier, avec ou sans garantie, et dont l'importance et les conditions dépendent de la confiance que le banquier, le financier ou le particulier a dans l'aptitude du bénéficiaire à restituer le montant "prêté", à une date fixe, avec le plus souvent un "intérêt". Le financier considère ce crédit comme sa propriété personnelle, parce qu'il considère cette forme d'argent comme une marchandise, la seule chose dont il trafique.
   Mais, tout crédit de banque est une dette envers le système bancaire, et doit être inclus dans les prix des marchandises et des services proposés par l'emprunteur et récupéré ensuite des consommateurs par le truchement des prix de ces marchandises.
   La seule chose qui limite la création de crédit par les banques est leur obligation de payer (théoriquement) le montant en monnaie légale. Faisant commerce sous la présomption que le public fera usage de papier (chèques, lettres de change, etc.), dans la majorité des transactions sans exiger l'échange en monnaie légale, les banques ont ainsi construit une pyramide inversée de crédit sur la base instable d'une petite quantité de monnaie légale. (cf. le dessin animé de Paul Grignon "l'Argent dette" accessible sur Internet en tapant "Bankster.tv"). Et quand le public, ne faisant plus confiance aux banques, se précipite pour retirer leur argent, ces banques sont acculées à la faillite comme ce fut le cas en 1929 et comme on le constate actuellement aux Etats-Unis où la Réserve Fédérale doit venir à leur secours, et maintenant en Europe où les Etats soit nationalisent les banques, soit les supportent par l'injection de monnaie ! Et que penser des prêts interbancaires ? Les banques ne se font même plus confiance ! Comment le peuple pourrait-il leurs faire confiance?
   Le système financier actuel contrôle l'argent et le crédit et les maintiennent rares pour soi-disant leur préserver une valeur, et en plus ils prélèvent un intérêt sur du néant !
  Et ne parlons pas du mécanisme connu sous le vocable de "multiplicateur de crédit", ce mécanisme à la base de la création monétaire consistant à transformer un crédit en dépôt, ce dépôt permettant d'accorder d'autres crédits ! C'est la "boule de neige" ! C'est ainsi qu'on en arrive à une crise financière et bancaire sans précédent, à l'éclatement d'une "bulle" !
   Rappelons ce que William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada de 1921 à 1930, puis de 1935 à 1948 disait : "Jusqu'à ce que le contrôle de l'émission des devises et du crédit soit restauré au gouvernement comme sa responsabilité la plus évidente et sacrée, toute référence à la souveraineté du parlement ou de la démocratie est inutile et futile. [...] Une fois qu'une nation s'est séparée du contrôle de son crédit, les gens qui font les lois importent peu. [...] Les usuriers, une fois au pouvoir, détruiront la nation".
   N'est-ce pas justement ce qui est en train de se produire en particulier aux Etats-Unis ? Aussi rendons l'émission du crédit à l'Etat et qu'il soit sans intérêt ! Son but n'est-il pas de développer des ressources ou richesses "potentielles" en richesses "dynamiques, "cinétiques" utiles à l'humanité ? Ce n'est donc qu'un investissement, qu'un transfert de ressources ou de richesses "dormantes" en richesses "vivantes" ! Le crédit s'annule à la fin de la réalisation du projet qui est devenu une richesse tangible. Ne parle-t-on pas en effet de "valeur ajoutée" dont l'Etat tire d'ailleurs une taxe !
   En fait, les crédits créés par les banques sont le crédit de la collectivité et les banques se l'approprient indûment. Ce que les banques font pour leur seul bénéfice et celui de leurs actionnaires et dirigeants, l'Etat peut le faire pour le bénéfice de la Nation et du peuple. C'est l'Etat qui, seul, doit créer et contrôler le crédit, qui est le bien de la Nation et représente plus de 95 % de l'argent en circulation. Les banques ne peuvent agir que comme des agents de distribution, d'exécution et d'administration comptable. C'est à l'Etat seul qu'appartient le droit régalien de "battre monnaie". C'est à l'Etat seul qu'incombe le droit de financer des projets nécessaires à la communauté afin d'éradiquer la pauvreté et les causes de la misère qui atteint de plus en plus de gens !
   1 - Que les crédits de caisse (c'est-à-dire l'argent qui existe dans la poche) de la population de n'importe quel pays, doivent à tout moment être collectivement égaux aux prix collectifs des marchandises consommables offertes à la vente dans le pays, et ces crédits de caisse seront annulés par l'achat des marchandises consommables.
   2 - Que les crédits nécessaires pour financer la production doivent provenir, non de l'épargne, mais de nouveaux crédits se rapportant à une nouvelle production.
   3 - Que la distribution des crédits de caisse aux individus dépendra de moins en moins du fait de leur emploi dans l'industrie. C'est-à-dire qu'un "dividende social" - ou "dividende humain" comme préfère l'appeler Albert Jacquard - remplacera progressivement le gage et le salaire.
   Un réajustement du système du crédit est nécessaire d'une manière urgente. Il doit avoir pour objet tout d'abord, une réduction des prix, et l'augmentation de la consommation dans la masse de la communauté. L'augmentation de la consommation nationale remettrait, de toute évidence, en marche les rouages de la production nationale, et abolirait les terribles maux sociaux de la misère et du chômage.
   Le but des propositions de la nouvelle économie, connue sous le terme de "Crédit Social"1, est de mettre entre les mains des consommateurs la richesse financière ou pouvoir d'achat (cf. ce terme) qui représente leur crédit réel.
   Pour arriver à ce résultat, il est essentiel :
    a) que tout crédit financier soit proclamé PROPRIETE PUBLIQUE, comme il l'est bien en effet, et que l'ETAT en soit l'Administrateur ;
   b) que les banques agissent désormais comme AGENTS du Gouvernement (ou mieux de l'ETAT) pour l'administration de ces crédits, et pour tenir la comptabilité nationale, travail pour lequel elles seront payées ;
   c) que la communauté soit mise à même d'utiliser les marchandises et les services jusqu'à la limite de sa capacité de production (satisfaisant sa capacité de consommation), c'est-à-dire que le pouvoir d'achat aux mains des consommateurs soit collectivement égal au prix collectif des marchandises, offertes à la vente, et des services, et ce à tout moment donné.
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1 Je préfère maintenant à cette appellation historique celle de "Crédit humain", le mot "social" ayant été galvaudé et détourné en partie de son sens par le socialisme et le communisme !

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Ci-après quelques textes sur la théorie économique connue sous le terme de "Crédit Social".

Crédit Social
d’après C.H. Douglas

    Le fondateur de cette théorie économique est l'ingénieur écossais Clifford Hughes Douglas.
    Il avait constaté qu'en raison du fait que le total des revenus (salaire, dividendes, etc.) reçus dans une période de production donnée était toujours moins important que les prix générés dans cette même période, il en résultait une déficience dans le pouvoir d'achat (cf. ce terme) durant cette période.
    Il démontrait cette déficience de pouvoir d'achat par rapport au prix à l'aide de son "théorème A+B". Ce théorème représente par A les paiements versés à tous les consommateurs (sous forme de salaires, dividendes et autre) et par B les paiements faits par les producteurs, paiements qui ne sont pas versés aux consommateurs (tels que les coûts de base des édifices et du renouvellement de l'équipement). Il s'en suit que le prix total des biens produits est égal au minimum à A+B. Mais puisque seuls les paiements A sont reçus par les consommateurs en revenus, les revenus disponibles sont toujours moins grands que les prix générés dans cette même période de production.
    Pour qu'un tel système, le capitalisme, puisse fonctionner, Douglas affirmait qu'une ou plusieurs des situations suivantes devait se produire :
    1. Les gens s'endettent en achetant à crédit. C'est ce qu'on observe de plus en plus dans nos pays privilégiés avec le surendettement, avec comme conséquence de pousser de plus en plus de gens dans la précarité et la misère quand ils ne peuvent plus rembourser leur crédit !
    2. Les gouvernements empruntent et augmentent la dette nationale, cette dernière devenant astronomique comme on peut le constater ! (cf. dette).
    3. Les entreprises empruntent aux banques pour financer leur expansion de façon à créer du nouvel argent. (cf. banque).
    4. Les entreprises vendent en dessous de leurs coûts et font éventuellement faillite. La crise actuelle dite des "subprimes" pousse en effet de plus en plus d'entreprises à déposer leur bilan. 
    5. Un État gagne une "guerre commerciale", endettant les pays étrangers envers lui grâce à ses surplus d'exportations.  C'est le cas de la Chine, de l'Inde, de la Russie et des Emirats arabes qui grâce aux bénéfices qu'ils font peuvent acheter toutes nos industries !
    Si ces situations ne se produisent pas, "les entreprises doivent licencier leurs travailleurs, le chômage augmente, l'économie stagne, les impôts restent impayés, les gouvernements réduisent les services et nous avons la pauvreté générale, alors que physiquement nous pourrions tous vivre dans l'abondance." C'est précisément ce à quoi on assiste de nos jours ! (cf. économie).
    Douglas croyait que le "crédit social" pouvait corriger ce problème en s'assurant qu'il y avait toujours suffisamment d'argent (crédits) en circulation pour acheter tous les biens qui pouvaient être produits. Sa solution est définie par trois revendications principales :
    1. Qu'un "Bureau de crédit national" calcule sur une base statistique le nombre de crédits et son montant total qui doit circuler dans l'économie, l'émission de crédits étant la seule responsabilité de l'Etat ;
    2. Un mécanisme d'ajustement des prix qui reflète le vrai coût de la production ; d'où l'idée de "prix compensé". (cf. prix).
    3. Qu'un "dividende national" donne un revenu de base garanti à tous sans tenir compte du fait qu'ils aient ou non un emploi. (cf. dividende).
    Douglas affirmait que cette dernière demande avait du bon sens puisque la technologie réduisait le nombre de travailleurs nécessaires pour produire les biens ainsi que le nombre d'heures qu'ils devaient travailler. (cf. chômage et travail)
    Les idées de Douglas ont joui d'une grande popularité au cours de la Grande Dépression de 1929-30 surtout en Alberta au Canada, mais pas assez toutefois pour réaliser son plan. La crise banco-financière actuelle devrait permettre de remettre ses idées au premier plan et, en les adoptant, de vraiment réformer le système économique (cf. ce terme) actuel et d'éradiquer la misère !

    Je vous invite également à consulter le petit livre "Le Crédit Social", de Walter G. SERRA, publié en 1933 par les Ateliers Publicitaires à Paris, dont voici deux extraits. Consultez aussi sur Internet le "Le Crédit Social" de Louis Even et "Crédit-Social.blog" sur Internet.

Le Problème de Notre Temps
par  W.G. SERRA

    Où que nous tournions nos regards que voyons nous ? D'une part, une soi disant surproduction, et pourtant des quantités d'industries arretées et d'usines fermées, un chômage qui, dans certains pays fortement industrialisés, atteint des proportions fabuleuses et semble sans remède ; et d'autre part, une gêne ou une misère universelle, un dénuement tragique dans d'innombrables foyers, une insécurité économiqne qui, par une sorte d'osmose, pénètre dans 1'ordre politique intérieur et exterieur, engendre des haines terribles et dresse les nations les unes contre les autres. En d'autres termes : une offre surabondante et une demande prodigieuse qui ne peat être satisfaite. Pourquoi ?
    C'est que le problème de notre temps, le centre des difficultés dont souffre le monde contemporain, n'est pas autre chose qu'un problème de distribution.
    Un enfant dirait qu'il n'y a vraiment pas là matière à difficulté, et que si 1'on.veut que la production soit consommée il faut de toute évidence que les moyens d'échange à fin de consommation soient adéquats.
    Le système économique moderne présente trois aspects : la production, c'est à dire toutes les branches de l'industrie ; la consommation, c'est à dire tous les consommateurs, les producteurs  inclus ; enfin le système financier, dont la fonction est de faciliter la production et la distribution des biens produits et des services offerts à fin de  consommation.
    II est clair que si la machine économique est enrayée, la faute n'est ni à la production qui est en mesure de satisfaire à tous les besoins existants de la communauté mondiale ; ni à la consommation qui est dans l'impossibilitè de satisfaire ces besoins ; mais bien au système financier qui, imbu de dogmes grotesques et d'un fétichisme absurde, retombé dans l'idolâtrie du veau d'or, opérant selon des formules empiriques désuètes n'est plus à  hauteur des progrès que l'humanité a réalisés avec une rapidité déconcertante depuis un siècle, ne remplit plus sa fonction et conduit au chaos et au néant les peuples encore inconscients, mais inquiets du destin qui les attend.
    L'humanité depuis cent cinquante ans semble s'être épuisée à inventer ; elle n'a pas fait halte une seconde pour analyser les données réelles et mathématiques du problème nouveau que ses inventions ont compliqué d'inconnues redoutables.   
    Seules, quelques théories sociales sont nées, thérapeutique empirique de ce que l'on peut appaler les accidents de grossesse d'une civilisation en gestation d'un monde nouveau : aujourd'hui que cette grossesse tend vers son terme, l'humanité perd la tête ; les rebouteux qui la soignaient jusqu'ici s'avouent impuissants à 1'aider au tours d'un enfantement difficile.
    C'est que l'objet réel du système économique est manifestement perdu de vue : pour quelques-uns, c'est de produire de l'argent et l' argent, - ou l'or -, est devenu la fin en soi, non seulement de toute production, mais encore de toute existence; mais s'evanouit comme un mirage ; pour d'autres, c'est, de fournir à chacuri du travail ; et l'on sait que ce but s'éloigne de plus en plus ; pour d'autres encore, c'est de. récompenser l'effort industrieux et de punir la paresse.
    Mais il faut se rendre compte que nul ne désire essentiellement du travail, et le " moindre effort " reste toujours la loi de ce monde ; en. fait, c'est cette loi-même qui a conduit 1'homme à inventer la machine destinée à alléger son labeur, et ce que 1'homme veut essentiellement, ce sont les choses nécessaires à l'existense; les biens consommables, les services utiles, et la possibilité d'exercer son activité selon son choix. Et par ailleurs, s'il est besoin de punir la paresse et de récompenser le travail, fallait-il mobiliser tout le système économique à cette fin ?
    Non. L'objet réel du système économique est uniquement de produire tous les biens consommables et de fournir tous les services nécessaires avec le minimum d'efforts possible, pour quiconque les requiert, c'est-à-dire pour tous. Tel est l'objet du système économique.
    Et il est manifeste que si le monde veut sortir de l'impasse où il se trouve aujourd'hui, s'il veut vivre et progresser au lieu de périr, tout obstacle qui empêche de quelque façon que ce soit, dans quelque direction que ce soit, la réalisation de cet objet, doit disparaître ou être modifié.

Le Crédit Social
par  W.G. SERRA


ARGENT ET CREDIT
    L'argent est tout ce qui a pouvoir d'acheter ; toute demande effective pour des marchandises, biens ou services ; ou encore tout ce qui possède un pouvoir d'achat est de l'argent. " C'est tout moyen, peu imports la matière dont il est fait, peu imports la raison pour laquelle le public le désire, qui a acquis ou qui possède un degré d'acceptabilité tel que nul ne le refusera en échange de ses marchandises ou de ses services ".
    Il consiste dans toutes les promesses de payer, les chèques, les lettres de change, les billets de banque en circulation, les pièces de monnaie.
    Il n'est pas nécessaire que ce moyen soit de l'or, non plus qu'aucun autre métal ou matière. Il n'est pas nécessaire qu'il ait une correspondance quelconque à une quantité d'or déterminée. Cette correspondance, du reste très variable, est une des superstitions gothiques encore trop répandues et entretenues par une presse ou ignorante, ou intéressée ; une superstition qui ne profite qu'à ceux qui, seuls, ont un intérêt primordial au maintien de ce dogme fossile, à tous ceux qui font commerce d'argent, et dont la seule préoccupation est évidemment de maintenir la rareté de l'objet de leur commerce.
    L'argent est le seul moyen aujourd'hui existant par lequel s'effectuent tous les échanges. L'argent ne provient pas de la production, ni de la vente des marchandises ; il est produit par :
    1° L'extraction de l'or, de l'argent, du cuivre, du nickel…, et leur monnayage ou frappe subséquente, Ceci représentait en 1927-1928, de 0,3 à 0,5% de " l'argent " en circulation ;
    2° L'impression de papier monnaie, représentant environ 10 % de l'argent en circulation ;
    3° La création de crédits de banque, représentant environ 90 % de l'argent en circulation.    
    Les pièces monnayées et les billets constituent, si l'on peut dire; l'argent de poche ou la " petite caisse " de la société; tandis que les 90% de l'argent en circulation sont CREES par les banques par de simples entrées dans leurs livres.
    Les seuls frais occasionnés aux banques par la création des crédits sont des frais de comptabilité ordinaire; de telle sorte que l'on peut dire que le crédit, c'est à dire (termes interchangeables) l'argent, NE COUTE PRATIQUEMENT RIEN A CREER.       
    L'Hon. Reginald Mac Kenna ancien Chancelier de l'Echiquier et ancien président de la Midland Bank, autorité qui ne saurait être discutée en matière de banque, disait, dans un discours à ses actionnaires en 1924 :
    “Je crains que le citoyen ordinaire n'aime pas entendre dire que les banques CREENT et DETRUISENT l'argent. La quantité d'argent existant varie uniquement selon l'action des banques qui diminuent ou accroissent les dépôts. Nous savons comment cela se pratique : tout prêt ou découvert bancaire crée un dépôt; et tout remboursement d'un prêt ou d'un découvert détruit un dépôt”.
    Ces paroles ont été confirmées depuis, par les principaux banquiers et économistes, y compris M. J. M. Keynes. L'argent n'est pas "une commodité ", et le considérer comme tel est preuve d'une fausse conception radicale de sa nature. C'est essentiellement un système de "tickets", une demande pour des marchandises, des biens ou des services, et sa fonction est de favoriser une production ordonnée et la distribution de ces biens et de ces services.
     Reproduisons encore pour éclairer ce sujet capital, les termes employés par quelques autorités incontestées dans les questions d'économie politique et de banque:
    M. H. D. Mac Leod dit : ("Theory and Practice of Banking") :
    “La caractéristique essentielle et distinctive d'une banque et d'un banquier est de créer et d'émettre du crédit payable à vue ; et ce crédit est destiné à être mis en circulation et à remplacer l'argent dans toutes ses destinations. Une banque, par conséquent, n'est pas un office de prêts ou d'emprunts d'argent : c'est proprement une fabrique de crédits.
     “Dans le langage de la banque, un dépôt et une émission de crédit sont une seule et même chose.
    “L'on croit communément que les bénéfices d'un banquier consistent dans la différence de l'intérêt qu'il paie pour l'argent qu'il emprunte et l'intérêt qu'il touche pour l'argent qu'il prête. La réalité est que les bénéfices d'un banquier consistent exclusivement en bénéfices qu'il peut faire en créant et en émettant du crédit en excès du numéraire qu'il tient en réserve.
     “Une banque qui n'émettrait du crédit qu'en échange d'argent, n'a jamais fait et ne fera jamais aucun bénéfice. Elle ne commence à faire un bénéfice que lorsqu'elle crée et émet du crédit en échange de dettes payables à une date future
”.
    Et R. G. Hawtrey, qui fait autorité, dit d'une façon lapidaire en parlant du crédit : " Le banquier crée les moyens de paiement du néant … "
    Mais, tout crédit de banque est une dette envers le système bancaire, et doit être inclus dans les prix des marchandises et des services et récupéré ensuite des consommateurs par le truchement des prix des marchandises.
Tout prêt bancaire ou découvert (gagé ou non) est une création d'argent ou de pouvoir d'achat, et augmente la quantité d'argent en circulation. Réciproquement, tout remboursement d'un prêt ou d'un découvert est une destruction de pouvoir d'achat et une réduction de l'argent en circulation.
    La seule chose qui limite la création de crédit par les banques est leur obligation de payer (théoriquement) le montant en monnaie légale. Faisant commerce sous la présomption que le public fera usage de papier (chèques, lettres de change, etc.), dans la majorité des transactions sans exiger l'échange en monnaie légale, les banques ont ainsi construit une pyramide inversée de crédit sur la base instable d'une petite quantité de monnaie légale.
    Et M. J. M. Keynes dit à bon droit : “Dans un système bancaire fermé, il n'y a aucune limite à la quantité d'argent bancaire, c'est-à-dire de crédits que les banques peuvent créer en toute sécurité, pour autant qu'elles soient toutes d'accord et marchent en cadence”.

    Enfin, pour être plus complet et objectif, voici un extrait du texte de Louis Even (1885-1974) à propos du Crédit Social, texte revu par le Collectif TRANSVERSEL et accessible sur Internet.

Le Crédit Social
par Louis EVEN


    L’argent conforme au réel
    L’argent de Martin, dans l’Ile des Naufragés, n’aurait eu aucune valeur s’il n’y avait eu aucun produit dans l’Ile. Même si son baril avait été réellement plein d’or, qu’est-ce que cet or aurait pu acheter dans une île sans produit ? Or, ou papier-monnaie, ou n’importe quels montants de chiffres dans le livre de Martin n’auraient pu nourrir personne, s’il n’y avait pas eu des produits alimentaires. Ainsi pour les vêtements. Ainsi pour tout le reste.
    Mais il y avait des produits dans : l’Ile. Ces produits provenaient des ressources naturelles de l’île et du travail de la petite communauté. Cette richesse réelle, qui seule donnait de la valeur à l’argent, était la propriété des habitants de l’ile, et non pas la propriété exclusive du banquier Martin.
    Martin les endettait pour ce qui leur appartenait. Ils l’ont compris quand ils ont connu le Crédit Social. Ils ont compris que tout argent, tout crédit financier, est basé sur le crédit de la société elle-même, et non pas sur l’opération du banquier. Que l’argent devait donc être leur propriété au moment où il commençait ; donc, leur être remis, divisé entre eux, quitte à passer ensuite des uns aux autres selon le va-et-vient de la production des uns et des autres.
    La question de l’argent devenait dès lors pour eux ce qu’elle est essentiellement : une question de comptabilité. La première chose qu’on exige d’une comptabilité, c’est d’être exacte, conforme aux choses qu’elle exprime.
    L’argent doit être conforme à la production ou à la destruction de richesse. Suivre le mouvement de la richesse : production abondante, argent abondant ; production facile, argent facile ; production automatique, argent automatique ; gratuités dans la production, gratuités dans l’argent.
    L’argent pour la production
    L’argent doit être au service des producteurs, à mesure qu’ils en ont besoin pour mobiliser les moyens de production.
    C’est possible, puisque cela s’est fait, du jour au lendemain, dès que la guerre fut déclarée en 1939.
    L’argent, qui manquait partout depuis dix années, est venu soudain ; et pendant les six années de guerre, il n’y a plus eu aucun problème d’argent pour financer toute la production possible et requise.
    L’argent peut donc être, et doit être, au service de la production publique et de la production privée, avec la même fidélité qu’il fut au service de la production de guerre. Tout ce qui est physiquement possible pour répondre aux besoins légitimes de la population doit être rendu financièrement possible.
    Ce serait la fin des cauchemars des corps publics. Et ce serait la fin du chômage et de ses privations, tant qu’il reste des choses à faire pour répondre aux besoins, publics ou privés, de la population. Tous capitalistes
    Dividendes à chacun
    Le Crédit Social préconise la distribution d’un dividende périodique à tous. Disons une somme d’argent versée chaque mois à chaque personne, indépendamment de son emploi - tout comme le dividende versé au cappitaliste, même quand il ne travaille pas personnellement.
    On reconnaît que le capitaliste à piastres, celui qui place de l’argent dans une entreprise, a droit a un revenu sur son capital, revenu qui s’appelle dividende. Ce sont d’autres individus qui mettent son capital en oeuvre, et ces autres-là sont récompensés pour cela, en salaires. Mais le capitaliste tire un revenu de la seule présence de son capital dans l’entreprise. S’il y travaille personnellement, il tire alors deux revenus : un salaire pour son travail et un dividende pour son capital.
    Eh bien, le Crédit Social considère que tous les membres de la société sont capitalistes. Tous possèdent en commun un capital réel qui concourt beaucoup plus à la production moderne que le capital-piastres ou que le travail individuel des employés.
    Quel est ce capital communautaire ? I1 y a d’abord les ressources naturelles du pays, qui n’ont été produites par personne, qui sont une gratuité de Dieu [de la Nature] à ceux qui habitent ce pays. Puis, il y a la somme des connaissances, des inventions, des découvertes, des perfectionnements dans les techniques de production, de tout ce progrès, acquis, accumulé, grossi et transmis d’une génération à l’autre. C’est un héritage commun, gagné par les générations passées, que notre génération utilise et grossit encore pour le passer à la suivante. Ce n’est la propriété exclusive de personne, mais un bien communautaire par excellence.
    Et c’est bien là le plus gros facteur de la production moderne. Supprimez seulement la force motrice de la vapeur, de l’électricité, du pétrole - inventions des trois derniers siècles - et dites ce que serait la production totale, même avec beaucoup plus de travail et de bien plus longues heures par tous les effectifs ouvriers du pays.
    Sans doute, il faut encore des producteurs pour mettre ce capital en rendement, et ils en sont récompensés par leurs salaires. Mais le capital lui-même doit valoir des dividendes à ses propriétaires, donc à tous les citoyens, tous également cohéritiers des générations passées.
    Puisque ce capital communautaire est le plus gros facteur de production moderne, le dividende devrait être capable de procurer à chacun au moins de quoi pourvoir aux besoins essentiels de l’existence. Puis, à mesure que la mécanisation, la motorisation, l’automation, prennent une place de plus en plus grande dans la production, avec de moins en moins de labeur humain, la part distribuée par le dividende devrait devenir de plus en plus grosse.
    Voilà une tout autre manière de concevoir la distribution de la richesse que la manière d’aujourd’hui. Au lieu de laisser des personnes et des familles dans la misère noire, ou de taxer ceux qui gagnent pour venir au secours de ceux qui ne sont plus nécessités dans la production, on verrait tout le monde assuré d’un revenu basique par le dividende.
    Meilleure répartition à la source.
    Ce serait en même temps un moyen, bien approprié aux grandes possibilités productives modernes, de réaliser dans la pratique le droit de tout être humain à l’usage des biens matériels. Droit que chaque personne tire du seul fait de son existence. Droit fondamental et imprescriptible, que Pie XII rappelait dans son historique radio-message du ler juin 1941 : "Les biens créés par Dieu l’ont été pour tous les hommes et doivent être à la disposition de tous, selon les principes de la justice et de la charité. Tout homme, en tant qu’être doué de raison, tient en fait de la nature le droit fondamental d’user des biens matériels de la terre... Un tel droit individuel ne saurait être supprimé en aucune manière, pas même par l’exercice d’autres droits certains et reconnus sur des biens matériels."
    Un dividende à tous et à chacun : voilà bien la formule économique et sociale la plus radieuse qui ait jamais été proposée à un monde dont le problème n’est plus de produire, mais de distribuer les produits. Pas par un parti politique. Nombreux, en plusieurs pays, ceux qui voient dans le Crédit Social de Douglas ce qui a été proposé de plus parfait pour servir l’économie moderne d’abondance, et pour mettre les produits au service de tous. Il reste à faire prévaloir cette conception de l’économie, pour qu’elle devienne une réalisation dans la pratique.

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Published by credit-social
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