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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 14:48


  Il n'est pas nécessaire d'être très grand clerc pour se rendre compte que notre monde moderne traverse une crise socio-politico-économique majeure. Tous les jours, les journaux d'information nous relatent des crises dans les différents pays du monde : "subprimes", faillites de banques et de compagnies d'assurances, fermetures d'usines, délocalisations, chômage en hausse, manifestations, grèves…
   Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq dans leur livre "Les 10 plus gros mensonges sur l'économie" (Dangles Editions) décrivent également les dysfonctionnements de l'économie et s'élèvent contre "la pensée unique" et les “manipulations qu'exercent sur nous des théories assénées en vérités absolues, des idées toutes faites et de fausses croyances”.
   Alexis Brézet ajoute dans son éditorial du Figaro Magazine, n° 19950 du samedi 20 septembre 2008 “l'économie est suffisamment malade de la finance pour ne pas être victime - en plus - de la politique”.
   Aussi est-il utile de rappeler ce qu'est l'économie et afin de mieux comprendre ce que ce mot recouvre le rappel de quelques définitions m’a semblé utile.

 

Définitions

Économie

Pour Le Petit Robert c’est : la « Science qui a pour objet la connaissance des phénomènes concernant la production, la distribution et la consommation des ressources, des biens matériels dans la société humaine. » Pour Le Petit Larousse c’est : « l’ensemble des activités d’une collectivité relatives à la  production, la distribution et la consommation des richesses. »

       Etymologiquement économie vient du grec "oiko-nomia" qui veut dire "administration de la maison", "éco" venant de "oikos" se traduisant par "maison". C'est donc bien "l'administration ou le gouvernement de la maison" qui, dans les sociétés primitives, constituait l'agglomération habitée par les membres d'une même famille.

En généralisant le terme "maison", ne peut-on pas considérer une Nation, et même tous les pays du monde entier, comme constituant une "hyper maison", la Terre, et donc les humains qui l’occupent et y vivent comme les membres d'une "hyper famille", l'humanité ? Chaque individu, dès sa naissance, n'est-il pas membre de la communauté humaine, de cette "hyper famille" ? Cette "hyper famille" produit en permanence et de plus en plus, tout en utilisant de moins en moins de monde, des biens et donc des richesses qu'il suffit de mieux répartir, distribuer. Comme chaque membre de l’humanité contribue de sa naissance à sa mort à l’activité économique du fait de sa consommation, favorisant ainsi la production et la création de richesses, même si c’est indirectement durant une partie de sa vie, n’est-il pas un actionnaire de cette "hyper entreprise", que constitue l’activité de la Nation et plus généralement du monde ? A ce titre ne devrait-il pas recevoir une "action" et une part des bénéfices réalisés par cette "hyper entreprise" ? N’a-t-il pas le droit d’en profiter ? Il devrait bénéficier des "dividendes" créés par cette "hyper entreprise" dont le capital est constitué par le patrimoine, les ressources et les richesses, tant publiques que privées, existant sur Terre, que nous ont transmis nos aïeux et qui est le bien de l’humanité toute entière. C’est pour cette raison que Louis Even disait que nous sommes tous "capitalistes" !

Économe

C’est intentionnellement que j’utilise ce mot bien français qui, suivant son origine grecque (oiko-nomos), signifie « celui qui administre sa maison » au lieu de celui d’économiste, terme qui nous vient des anglo-américains qui me semble bien galvaudé et déprécié compte tenu des résultats actuel du système économique dont il se prétend le spécialiste. Le Petit Robert définit le mot économe comme suit : « Personne chargée de l'administration matérielle, des recettes et dépenses dans une communauté […] Qui dépense avec mesure, sait éviter toute dépense inutile. » N’est-ce pas là l’objectif que devrait se fixer les responsables de l’économie publique ?

Administration

Pour également fixer les idées, voyons aussi la définition du terme administration. Toujours selon Le Petit Robert c’est « l’action ou la manière de gérer », mais aussi la « fonction consistant à assurer l'application des lois et la marche des services publics conformément aux directives gouvernementales. »


   L'économie signifiait donc l'ensemble des règles qui, quoiqu'à l'origine non écrites, régissaient la distribution et la consommation de la production, la morale, le maintien de l'ordre et de la sécurité. Ce que Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq confirment en écrivant que l'économie parle “de la façon dont les hommes se sont organisés, depuis la nuit des temps, pour survivre individuellement et en groupe. Elle n'est rien d'autre qu'un ensemble de règles du jeu arbitraires que les hommes se sont données pour produire et partager ce qui était nécessaire à leur subsistance. Et ces règles évoluent bien évidemment selon l'époque, le lieu, la façon dont l'homme voit la vie et le monde, les connaissances et les techniques du moment” ("Les 10 plus gros mensonges sur l'économie", Dangles Editions).
    L'économie ne peut donc pas disparaître mais elle doit impérativement s'adapter, se moderniser et être refondée sur des bases plus scientifiques (ordre 1), mais toujours contrôlée de l'extérieur par les ordres 2, 3 et 4 décrits par André Comte-Sponville ("Le capitalisme est-il moral ?", Albin Michel), afin qu'elle ne soit pas détournée de son objectif qui est d'œuvrer, comme toutes les autres sciences, pour le progrès et le bien de l'humanité.
    L'économie politique, quant à elle, est la “science qui a pour objet la connaissance des phénomènes concernant la production, la distribution et la consommation des richesses, des biens matériels dans la société humaine. L'économie politique étudie les besoins, les facteurs de la production (richesses naturelles, démographie, travail, capital, etc.), l'organisation de la production, la circulation des richesses (commerce), les prix, le crédit, la monnaie, la répartition des richesses” (Petit Robert). 
    Suivant cette définition on est en droit de se poser la question : l'Etat - je devrais dire les Etats ! - remplit-il correctement son rôle ? On peut définitivement en douter ! En effet, on assiste périodiquement à des crises économiques (en 1929, 1973, 1987, 1991, 2002 et 2008). Dans ces cas là on entend souvent dire par des "experts"  qu'il faut "sauver l'économie" ! Et pour cela on demande aux gens de faire des sacrifices, d'attendre pour réaliser des projets urgents, en d'autres termes de "se serrer la ceinture" parce qu'on n'a pas l'argent ou les crédits pour mener à bien les travaux dont cependant la communauté a le plus grand besoin, et qu'on "vit au-dessus de nos moyens" ! Or toute l'économie repose sur des "échanges", sur des "transferts" de richesses "potentielles" en richesses "dynamiques" !
    Certains prétendent, comme François Hollande (cité par Erik Besson), qui fut professeur d'économie à Science Po - que pouvait-il bien enseigner à ses élèves ? -, et bien d'autres "experts  économiques" d'ailleurs, que l'économie n'est pas une science comme le sont les sciences naturelles, physiques, ou chimiques. Ils s'appuient sur l'argument que cela relève du "politique", du social et de l'humain selon leurs dires et écrits. D'autres prétendent qu'à l'inverse des autres sciences physiques on ne peut pas prévoir l'avenir en économie, l'évolution des cours de la bourse, etc. ! Mais qu’a-t-on besoin de les prévoir? C'est évident que ce n'est pas une science exacte comme les mathématiques ! Mais une économie bien pensée ne doit-elle pas constamment réguler tout à la fois la production et la consommation? Et c'est le rôle de l'Etat de justement les contrôler pour avoir à tout instant un équilibre entre production et consommation ! Dire que l'économie n'est pas une science est un faux argument volontairement avancé afin de maintenir le système financier actuel. Nos économistes et politiques prétendent que l'économie est le reflet de grands choix politiques. On inverse une fois de plus les problèmes et les ordres. L'économie est une science (ordre 1 d'André Comte-Sponville) au service de l'humanité comme toutes les sciences, même inexactes ou humaines comme la biologie, la géologie et la médecine, et le politique (ordre 2), la morale (ordre 3) et l'éthique (ordre 4) ne doivent s'en servir, - comme on se sert de toutes les sciences, - que pour développer notre monde, le bien-être humain et contrôler que les individus ne la dévoient pas de ses objectifs. Or c'est bien d'un dévoiement de ses objectifs par une oligarchie financière et bancaire à laquelle on assiste !
    Peut-être acceptera-t-on mieux les propos qui suivent si je rappelle ce qu'écrit Albert Jacquard: “L'économie [j'ajouterais orthodoxe] semble triomphante aujourd'hui, elle a pourtant démontré son incapacité à tenir compte des critères globaux pour orienter l'activité de nos sociétés. La dilapidation des richesses de la planète [du moins certaines d'entre elles], l'absence de toute rationalité dans l'organisation des transports en sont un exemple. Une des tâches urgentes dans la mise en place d'une structure raisonnable de nos sociétés sera de balayer les fantasmes que véhiculent les raisonnements des économistes pour enfin tenir compte de la singularité humaine” ("Mon utopie").
    C'est pourquoi il faut revenir aux fondamentaux et à une refonte totale de l'économie, s'appuyant :
   1. sur des concepts scientifiques ;
   2. sur la véritable notion de valeur, qui n'est qu'un nombre ;
   3. sur un étalon (monétaire) fixe comme en toute science ;
   4. sur le rôle de l'argent (ou  monnaie) qui n'est pas une fin en soi ni une marchandise dont on spécule mais un moyen d'échange et la représentation des valeurs ;
   5. sur la fin du monopole du crédit par les banques ;
   6. sur un juste équilibre entre d'une part la production et la consommation, et d'autre part entre les revenus et les prix, par l'instauration du "prix compensé" ;
   7. sur une répartition équitable des richesses produites en abondance ;
   8. sur la distribution à tous les membres de l'humanité d'un "dividende social", ou "dividende humain", au lieu de les imposer et de taxer les produits ou services qu'ils génèrent!
   Car l'économie, quoiqu'on en dise, est bien une science. L'économie actuelle, dite orthodoxe, donc "conforme aux dogmes" suivant l'étymologie du mot, constitue une exploitation éhontée de l'Homme par une infime minorité d'individus ! C'est scandaleux et révoltant ! L'économie n'étant pas au service de la population comme elle devrait l'être et comme le sont toutes les sciences, il faut impérativement la réformer au plus vite !
   Si on produit c'est avant tout pour consommer et non pour faire du profit, qui plus est, n’est réservé qu’à une infime minorité ! L'économie doit donc consister à établir en permanence cet équilibre entre la production et la consommation en mettant les moyens monétaires à la disposition des forces créatives, permettant tout à la fois la production, la distribution et la consommation des biens et des services. Et le maintien de cet équilibre incombe seul à l'Etat.
   L'économie étant donc une science, ce que reconnaît tout le monde, science certes inexacte comme beaucoup d'autres (biologie, géologie, etc.), il faut d'abord que l'on adopte pour celle-ci des concepts scientifiques. Cela implique que l'on adopte, à l'identique des autres sciences, un étalon fixe, immuable et par conséquent un système immuable de mesure de la valeur des biens. On utilise habituellement différents étalons monétaires qui, selon les pays, sont le dollar, la livre sterling, le yen, le yuan et maintenant l'euro, etc.…, mais ces étalons doivent être fixes ainsi que leur équivalence entre eux, ce qu'on appelle la parité - comme auparavant et comme c'était l'une des premières tâches du FMI ! - . Or ce n'est pas le cas ! Comment des économistes - bien entendus "distingués" ! - , des "experts" nous dit-on, qui sortent le plus souvent de "grandes écoles" ou de l'université, se prétendant scientifiques, ne peuvent-ils pas comprendre la nécessité d'avoir un étalon et une parité fixe entre différents étalons monétaires ? Sont-ils à ce point si éloignés des réalités scientifiques ou encore imbus des "dogmes" économiques archaïques ? Ou, pire, verraient-ils dans le système économique actuel un moyen de spéculer, de s'enrichir et de dominer le monde ? On n'ose y croire ! Et c'est pourtant ce qu'on observe !
   Dans toute science, quelle qu'elle soit, le scientifique a toujours été conduit à mettre en place des systèmes de références afin de conduire des observations comparables. Conscients que les étalons primitifs (pouce, pied, coudée, brasse) prêtaient souvent à discussions, ces étalons variant d'un homme à l'autre, les scientifiques se sont entendus pour définir une fois pour toute tous les étalons de mesure des grandeurs physiques. Sans le caractère immuable de ces références les querelles seraient permanentes et aucune des grandes découvertes et lois scientifiques n'aurait pu être énoncée. Par exemple, l'influence de la température sur la dilatation d'une barre métallique n'aurait jamais pu être énoncée si les unités de longueur et de température étaient fluctuantes. On ne conçoit pas de mesurer une longueur à partir d'un étalon qui changerait constamment de taille. C'est pourquoi par exemple les différentes unités du système international (longueur, surface, volume, masse, temps, température, force, énergie…) ont été définies une fois pour toute, sont universellement acceptées et sont immuables, ainsi que le rapport entre les différentes unités d'une même grandeur physique (mètre et pied anglais; kilogramme et livre anglaise; litre et gallon ou baril américain ; degré Celsius, degré Fahrenheit, degré Kelvin par exemple), et admises dans le monde entier. Pourquoi n'en est-il pas de même en économie ?
   Or les monnaies, étalons de mesure permettant dans chaque pays l'évaluation des biens et des services, au lieu d'être des étalons immuables, comme le mètre ou le pied, ont constamment fluctuées au rythme des dévaluations, et même depuis plusieurs années, à un rythme journalier et même horaire, sinon minutaire ! On a complètement dévoyé l'objet de la monnaie (ou argent) en en faisant, de plus, une "marchandise" par excellence dont on spécule et dont la valeur varie pourtant constamment. Suite aux accords de la Jamaïque (8 janvier 1976) les monnaies "flottent". Le cours du dollar est décroché de l'encaisse or (ce qui en soi n'est pas un mal la quantité d'or sur notre Terre n'étant pas infinie !). Il est plus ou moins basé sur l'activité économique des Etats-Unis, sur certains indices, surtout sur les évaluations, les spéculations et escroqueries de courtiers ou négociants - les "brokers" et  "traders !" - et sur le fait qu'il est considéré par beaucoup comme une devise refuge, en résumé sur la richesse de ce pays, malgré le niveau exorbitant de sa dette
   La notion de valeur est elle-même erronée! La valeur n'est qu'un nombre qui exprime le rapport entre deux grandeurs de même nature, l'une d'elles étant prise pour unité. Le dollar, tout comme les autres monnaies, devrait être une unité monétaire immuable, ne servant qu'à évaluer les variations de la richesse des Etats-Unis, variations qui ne peuvent absolument pas être évaluées de jour en jour et à plus forte raison d'heure en heure ou de minute en minute ! Ce cours flottant a favorisé la spéculation et la mainmise des grandes puissances économiques sur le marché, et le monde. Ce sont ces puissances, et parmi elles la superpuissance économico-financière du monde, les Etats-Unis d'Amérique, qui contrôlent ainsi tout le commerce, l'industrie et même l'agriculture, et au travers de ce contrôle, la politique mondiale. Ne revendiquent-ils pas le "leadership" du monde ? Dans peu de temps la Chine, et peut-être l'Inde, et la Russie s'appuyant sur leur niveau de population et le développement de leurs richesses, sur leur croissance comme on dit, seront prêtes à affronter ce "leadership" et à prendre le relais, conduisant peut-être à une guerre nucléaire ! L'Union Européenne (cf. ce terme) devrait s'unir et se construire vraiment politiquement, socialement et, surtout, économiquement, pour contrebalancer ces influences et ramener un peu de bon sens sur notre Terre !
   Comment dans ces conditions de monnaie flottante, le patron d'une entreprise peut-il planifier correctement le développement de son activité dans l'ignorance où il est de la valeur de son produit ou de son service au jour de sa mise sur le marché ? La valeur de la matière première nécessaire et le salaire de ses employés sont connus à l'origine - il sait combien cela lui coûte, quel est le prix de revient, et il peut établir un devis valable - mais il ne peut pas déterminer avec précision combien lui sera payé son produit ou son service si le taux de change entre monnaies varie constamment. Comme l'écrit Albert Jacquard: "le marché ignore l'avenir." On observe ces effets pour Airbus ! Et dans bien d'autres domaines et entreprises ! Et ce flottement monétaire a également des effets au niveau de l'individu qui ne peut pas se projeter dans l'avenir, et voit son pouvoir d'achat (cf. ce terme) s'effondrer constamment !

Pour conclure parlons des économies.

On pourrait en effet en faire dans bien des domaines. D’abord en changeant nos comportements : en ne faisant pas du profit le but de toute vie, en n’étant pas cupide, en étant équitable, respectueux de l’autre et partageur, en s’abstenant de gaspiller la nourriture, l’eau, l’énergie…, de polluer, de remplacer des objets alors qu’ils fonctionnent toujours ou, pire, de fabriquer des objets qui intentionnellement tomberont en panne rapidement…, de s’affronter au lieu de collaborer…

Ensuite on pourrait en faire en France en rénovant nos institutions, en diminuant le nombre de nos représentants (cf. l’article Le nombre de nos représentants) et de nos lois et règlements. Il faut réformer le fonctionnement de notre administration trop tatillonne et parfois tyrannique.

Enfin, réduisons le nombre des fonctionnaires (cf. l’article Fonctionnaires). Nous avons en France environ deux fois plus de fonctionnaires qu’en Allemagne alors que la population allemande est plus élevée que la notre ! Où est l’erreur ? Cela permettrait de plus de réduire les impôts (cf. l’article Les impôts).

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