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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:13


   L'accent est aujourd'hui mis sur le pouvoir d'achat des ménages qui baisse chaque jour sans qu'on lui trouve une solution dans le système économique actuel. Même s'il a augmenté depuis plus d'un siècle, ceci grâce aux progrès technologiques, il est toujours à la traîne des prix
   Or, si l'on y réfléchit un tant soit peu, trois facteurs contribuent essentiellement à la réduction du pouvoir d'achat de la collectivité :
   1° L'épargne réalisée sur les gages, salaires et dividendes, destinée le plus souvent à se protéger contre les aléas de la vie ou à s'assurer une retraite décente, quand ce n'est pas pour spéculer ! L'Union Européenne ne vient-elle pas d'autoriser l'ouverture du carnet A, jusqu'alors monopole de la Caisse d'épargne et de la Poste, dans toutes les banques. Ces dernières s'empressent de proposer des taux d'intérêt jusqu'à 7% au lieu des 2,5% actuels ? Or l'argent ainsi épargné profite d'abord aux banques qui prêtent sur ces sommes ! De plus cet argent n'est pas disponible pour la consommation. Le gouvernement ne nous incite-t-il pas justement à consommer pour soi-disant relancer l'économie ? De plus, le placement de cet épargne peut être contre productif surtout en ces temps troublés !
   2° L'incorporation dans les prix de frais dont l'équivalent en argent n'est jamais distribué aux consommateurs.
   3° L'annulation par les banques de prêts ou de découverts (crédits) avant que les marchandises produites au moyen de ces crédits ne soient consommées.
   En ce qui concerne 2°, la portion des crédits financiers distribués par l'industrie sous forme de gages, de salaires, d'intéressement ou de dividendes, est la mesure vraie de la puissance d'achat de la communauté. Cette proposition tombe sous le sens. Or, à supposer qu'aucun gage, salaire, intéressement ou dividende ne soit épargné, il n'y a jamais assez de pouvoir d'achat distribué pour acheter les marchandises produites ou payer les services rendus.
   En effet : tous les paiements industriels peuvent être divisés en deux groupes (théorème A + B de Clifford H. Douglas) :
   Groupe A : Tous les paiements faits à des individus (gages, salaires, dividendes, intéressement, participation).
  Groupe B : Tous les paiements faits à d'autres organisations, (matières premières, remboursements de prêts bancaires, grevés d'intérêts, et autres frais non personnels, publicité, etc.).
Le taux de flux de pouvoir d'achat aux individus est représenté par A; mais étant donné, axiome de politique financière, que tous les paiements exécutés doivent être récupérés dans les prix, le taux du flux des prix ne saurait être inférieur à la somme (A + B). Comme A n'achètera jamais (A + B), une proportion de produits au moins égale à B DOIT ETRE DISTRIBUEE SOUS UNE FORME DE POUVOIR D'ACHAT QUI NEST PAS COMPRISE DANS LA DESCRIPTION GROUPEE SOUS A.
    “Stabilisation du pouvoir d'achat des revenus par rapport au prix
   1°) La condition d'équilibre du système économique
   Pour les économistes orthodoxes, l'équilibre économique est une notion vague liée au rythme de la production et de la consommation, aux mouvements et fluctuations des prix (périodes de "prospérité" et de "crise") qu'ils catégorisent en mouvements saisonniers, cycliques (de 7 à 11 ans), et de longue durée (25 ans) dont certains disent le plus sérieusement du monde que les causes "restent mystérieuses"; les recherchant par exemple dans la variation de la production de l'or, tandis que d'autres leur trouvent une correspondance certaine avec les maxima des taches solaires…
   Pour tous, l'un des critères de l'équilibre de l'économie nationale trouve son expression dans l'équilibre du Budget, l'un des dogmes fossiles les plus stupides de l'économie orthodoxe. Lorsque, par l'imposition d'une politique de déflation, l'application des principes théoriques de l'économie, et plus particulièrement celui de la rareté comme source de la valeur, freine une production abondante et génère des prix en hausse, provoquent des faillites en plus grand nombre (ce qui est considéré comme "un assainissement"), amorce une réappréciation, toujours passagère pourtant, de l'unité monétaire et un fléchissement des prix, les économies orthodoxes estiment que l'économie retrouve ainsi un équilibre. Les courbes des prix, des salaires et des profits* se recoupent dans leurs ondulations; tantôt pour une période de dépression, la courbe des salaires passe au-dessus de celle des prix, laquelle passe au-dessus de celle des profits; tantôt c'est l'inverse, "l'équilibre" résulte d'oscillations et d'alternances de position de ces trois courbes dans le temps. Or la courbe des profits ne cesse d'augmenter, comme celle des prix d'ailleurs, tandis que celle des salaires ne cesse de stagner et même comparativement de baisser !
   Cette conception fantaisiste, est-il besoin de le souligner, n'a rien de commun avec la notion physique et mathématique qui est tout autre. La seule notion logique de l'équilibre économique se fonde en fait sur le principe réaliste le plus simple: "l'on produit pour consommer ce que l'on produit". Une production qui n'aurait pas pour objet la consommation sous une forme ou sous une autre, serait totalement dépourvue de sens.
    La traduction en langage économique de ce principe s'énonce :
   L'équilibre du système économique est réalisé lorsqu'à tout moment donné et arbitrairement choisi, ses deux parties sont elles-mêmes en équilibre, c'est-à-dire lorsque la production, qui n'a d'autre objet que la consommation, est, par un moyen artificiel qui est l'argent sous toutes ses formes, mise entièrement à la disposition de la consommation d'une manière telle qu'elle soit entièrement consommée et qu'ainsi, à tout moment, le rapport de la consommation à la production soit égal à 1, ou le plus proche possible de l'unité !
   L'expression simple, à la fois arithmétique et comptable de l'équilibre des valeurs placées sur la consommation et la production (valeurs exprimées en terme de l'
étalon), est donc :
                                                   Consommation / Production = 1   ou    C / P = 1
C et P étant les valeurs, rapportées à l'étalon, respectivement de la Consommation y compris les Exportations - car ce qu'on exporte est produit chez nous mais consommé ailleurs - et de la Production y compris les Importations - car ce qu'on importe est produit ailleurs mais consommé chez nous - pour une période comptable déterminée.  
   En d'autres termes, et en n'oubliant pas qu'une nation est une association humaine produisant pour que chaque citoyen puisse consommer selon ses besoins ce que la nation produit, l'équilibre du système économique est réalisé lorsque chaque consommateur a à sa disposition le moyen (essentiellement financier) d'acheter et de consommer effectivement la production qui est l'œuvre de l'activité productrice nationale.
   La collectivité nationale produit des biens non-consommables, autant que des biens consommables. Comme les biens non-consommables, par nature, n'intéressent pas la consommation quotidienne de chaque consommateur en particulier, la valeur de ces biens non-consommables qui, incontestablement, constituent un accroissement des richesses nationales, doit être portée en comptabilité au crédit du Compte Capital National. (La comptabilité tient compte pareillement des dépréciations). La nation entière étant créditée de cette valeur, chaque citoyen, du point de vue comptable et national, reçoit donc ainsi la part de crédit qui lui revient. En conséquence l'équation générale d'équilibre se dédouble et s'écrit :

(Consommation des biens consommables                             (Production     
+  valeur des bien non-consommables                =      des biens consommables
   portée au crédit de la nation)                                          +   production des biens
                                                                                                   non-consommables)
  ce qui revient à : 
 Consommation des biens consommables  =  production des biens consommables.
    Enfin, du point de vue national, la consommation inclut toutes les Exportations qui, à proprement parler, sont des richesses qui quittent le pays, qui disparaissent comme si elles étaient consommées; et la production inclut toutes les Importations qui constituent bien une augmentation des richesses du pays, auxquelles la population peut faire appel, c'est-à-dire qu'elle est appelée à consommer.
   Par conséquent si nous discriminons entre les biens et les services produits par la nation à l'intérieur des frontières et qui y sont consommés ou qui en sortent, et ceux qui, produits à l'étranger, sont importés pour être évidemment consommés, nous devons avoir à tout moment donné :
                      (Consommation + Exportations) / (Production + Importations) = (C + E) /  (P + I) = 1
    2°) Le prix compensé et son index
   Toutes les tentatives faites jusqu'ici, dans le cadre de la théorie financière actuelle, capitaliste et orthodoxe pour résoudre le problème du déséquilibre entre les prix et les revenus, ont échoué. Ce problème est insoluble en économie capitaliste. Il se pose depuis des temps immémoriaux; mais il a acquis, avec le développement du machinisme et plus particulièrement depuis quelques années, une acuité tragique. Sans cesse des grèves éclatent partout dans le monde, dont le but est d'obtenir des augmentations de salaires. Sans cesse le problème renaît. C'est l'incapacité fondamentale, congénitale du capitalisme à trouver dans l'application de sa théorie orthodoxe, une solution convenable au problème, qui dresse contre lui les masses travailleuses, accumule les colères et les haines d'un prolétariat qui s'étend. Le succès du communisme fut essentiellement lié à cette carence totale du capitalisme.”  Et celui de Besancenot s'appuie sur les mêmes constats alors que sa solution, la "dictature du prolétariat", est un leurre total. “Il faut sortir de cette impasse et l'on ne peut en sortir que par la mise en train d'une réforme totale de l'économie.” Et les médias montent en épingle cet individu qui surfe sur une popularité que ces médias ont justement favorisée pour faire encore plus de "fric" !
   Dans le domaine de la répartition, la nature du problème est, soit d'ajuster les prix à la bourse de chacun sans causer de préjudice au producteur; soit d'ajuster la bourse de tous aux prix, pour que chacun - et plus particulièrement les plus déshérités - puisse recevoir sa part équitable de tous les avantages de l'association humaine. Cet ajustement par la méthode que nous allons exposer, est la seule façon de stabiliser automatiquement le pouvoir d'achat des salaires, le pouvoir d'achat de l'argent.
   1- L'index du prix compensé
   Partant de ces deux principes:
    i) que le taux auquel l'argent - les moyens de paiement - se distribue (en salaires, bénéfices commerciaux, industriels, agricoles, revenus de toute nature), - au cours d'une période donnée de production et selon l'application courante du système de création des prix - n'est pas le même que le taux auquel naissent les prix au cours de la même période;
    ii) que le but de la production étant la consommation, l'équilibre de l'économie nationale ne peut être réalisé que si le rapport
    (C + E) / (P + I) = 1 est rigoureusement observé,
et constatant par ailleurs, que pratiquement la consommation est toujours plus petite que la production - (physiquement, en effet, C ne peut qu'être au plus égal à P) - l'on doit convenir, en toute logique, que vouloir réaliser "l'équilibre des salaires et des prix" sans procurer aux salariés un supplément de moyens de paiement qui ne soit pas imputé dans les prix, c'est proprement vouloir la quadrature du cercle. En conséquence, l'on doit de toute évidence admettre la proposition suivante :
les biens et les services devront être vendus au consommateur à une fraction seulement de leur coût financier de production.
    La démonstration de cette proposition n'est pas difficile à comprendre.
   Si nous fixons à P.x cette fraction du coût financier de production, il est évident que P.x est, en fait, égal à C (évaluation de la consommation C au cours de la période donnée, exprimée en termes de l'unité monétaire). En effet, puisque l'ensemble des consommateurs n'a pu dépenser et n'a en fait dépensé que C pour consommer ce que ces consommateurs, qui sont aussi producteurs, ont produit et qui vaut P, tous les articles de la production auraient dû être vendus à des prix dont chacun n'est qu'une fraction du prix de vente.
    La production aurait donc dû être vendue à un taux x tel que P.x = C, c'est-à-dire que chaque prix de vente aurait dû être affecté d'un coefficient de réduction x = (C/P). Nous appellerons donc cette dernière expression x = (C/P), l'Index du Prix Compensé, ou si l'on veut, du "Prix Juste", c'est-à-dire du prix auquel la production aurait dû être vendue pour pouvoir être consommée.
   Et nous appellerons Prix Compensé (ou "prix juste"), le prix auquel la production devrait être vendue au consommateur pour que cette production, dont le but est évidemment d'être consommée, le soit réellement, et que l'équation d'équilibre de l'économie nationale soit satisfaite.
   Ce "prix compensé", pour une période donnée, est donc égal au prix plein multiplié par l'index x = (C/P) pour la période considérée.
    Il existe une autre manière de présenter la question.
   Si nous fixons à P.x le prix de ce qui a coûté P à produire, cela équivaut à donner aux consommateurs un pouvoir d'achat supplémentaire égal à (P - P.x). Mais l'accroissement net de la richesse totale de la collectivité durant la période considérée a été de (P - C), c'est-à-dire l'excédent de la production sur la consommation.
   Si donc notre comptabilité nationale doit refléter exactement, correctement, la situation économique - comme cela doit être - le pouvoir d'achat additionnel (P - P.x) doit être égal à (P - C), qui représente la valeur de la quantité de biens qui n'ont pas été consommés, mais qui auraient dû - et devront - l'être, puisque le seul objet de la production est la consommation.
    En conséquence nous aurons :
                                                                  (P - P.x) = (P - C)  d'où  x = (C/P)
   Il est indispensable que si C (exprimé en termes de l'unité monétaire) représente pour une période donnée, la proportion de la production P qui a été consommée, le consommateur n'a pu utiliser plus d'argent à acheter P qu'il n'est exprimé par C. C'est le datum objectif. Il s'en suit que la production P, pour être consommée, aurait dû être vendue au total C. Les consommateurs ont donc payé C, ce qu'ils auraient dû ne payer que Cx(C/P).
    2 - Escompte ou Ristourne sur achats - Bonus de consommation - Crédit de consommation
   En conséquence, le public consommateur devra recevoir un escompte, ristourne ou bonus sur tous ses achats d'une période donnée, et ce bonus sera la différence entre le total des prix pleins qu'il aura payés et le prix compensé (ou "prix juste") qu'il aurait dû payer pour les biens et services qu'il aura acquis pour sa consommation durant la période considérée.
  L'escompte, ristourne ou bonus du consommateur est donc égal au total de ses achats au cours d'une période comptable donnée, multiplié par le facteur (1 - x) trouvé pour la période considérée.
  Pour l'ensemble de la nation, dont la consommation pendant la période considérée a été de C, le total du bonus à recevoir est donc:
                                                                     C x (1 - x) = C x (P - C) / P
   Il n'y a aucune difficulté technique à faire bénéficier le consommateur de l'escompte ou bonus auquel il a droit. Deux procédés se présentent tout naturellement:
    i) au même moment que l'achat
 ou
   ii) après, à la clôture de la période comptable ou plutôt tout au début de la période comptable suivante.
 Ce qui veut dire:
   1- ou bien le commerçant détaillant (distributeur des biens à la consommation et dernier chaînon qui constitue la coupure entre production-distribution d'une part, et la consommation d'autre part), vendra ses marchandises à un prix égal au coût financier auquel elles lui reviennent (y compris son bénéfice), multiplié par l'Index du prix compensé, et recevra, en dédommagement, sur production de ses pièces justificatives de vente (et remboursement de ses crédits) un chèque (ou un crédit) émis par l'Etat, pour la différence entre le prix total auquel il a vendu ses marchandises;
   2- ou bien le commerçant détaillant remettra à chacun de ses clients et à l'occasion de chaque achat, un ticket indiquant l'importance de l'achat. Le consommateur produira tous ses tickets justificatifs soit à sa banque, soit à tel organisme ou bureau d'Etat convenable créé à cet effet - et sera crédité ou recevra une somme ou un chèque d'un montant égal à l'escompte ou bonus auquel il a droit, c'est-à-dire:
                                    (Total des tickets) multiplié par le facteur (1 - Index du Prix Compensé) 
 ou
                                                                              (tickets) x (1 - x)
    Les deux méthodes ci-dessus peuvent être combinées. Nous préférons la première. Ce sont en tout cas deux méthodes simples qui permettent d'ajuster les prix à la bourse des individus, ou réciproquement celle-ci aux prix.
  L'ensemble des sommes nécessaires à cet ajustement constitue les Crédits de consommation non-remboursables qui permettent de payer les prix de la production et de pouvoir ainsi la consommer.
   Tout en laissant aux prix toute liberté de fluctuer, c'est le seul moyen de les contrôler d'une manière vraiment efficace, d'une manière qui ne lèse absolument personne et ne constitue pas, comme c'est le cas aujourd'hui, une ingérence autoritaire injuste et injustifiée de l'Etat dans l'activité industrielle et commerciale, une brimade de mauvais goût parfaitement inopérante d'ailleurs, et qui ne résout pas le problème
.” (Extraits de "Les erreurs de l’économie capitaliste et les principes fondamentaux d’une réforme économique rationnelle", mémoire de W.G. Serra envoyé en 1949 à l’Académie des Sciences ).

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Published by credit-social
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