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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 11:35


  Quand on parle de chômage on fait nécessairement référence à l’emploi et au travail. Concernant ce dernier voyons ce qu’il en est et pourquoi il se fait rare.

   Le mot "travail" vient du bas latin "trepalium" ou "tripalium", qui était un "instrument de torture", mot lui-même dérivé du latin classique "tripalis" qui signifie "à trois pieux". Apparemment nos ancêtres devaient considérer le travail comme un supplice, une "torture" pour Albert Jacquard ! C'est malheureusement tout à fait vrai pour certains métiers éprouvants, dangereux ou malsains, qui anciennement étaient réservés aux esclaves !
   A l'origine de l'humanité, le travail n'existait sans doute pas. Tout comme de tout temps les animaux sauvages vivent des produits de la nature, les hommes préhistoriques et primitifs vivaient vraisemblablement eux aussi de la cueillette, de la chasse et de la pêche. Pour la chasse et la pêche ils se servaient de leurs mains, puis de gourdins, de haches, de flèches en pierre (âge de la pierre taillée), et de pièges, qu'ils bricolaient. Ils n'avaient donc pas besoin de travailler ou, en d'autres termes, de produire des biens nécessaires à leur survie. Ils n'avaient qu'à prélever ces biens dans la nature qui les environnait et au sein de laquelle ils vivaient. Cela constituait une activité demandant un effort payé seulement par le produit en résultant. De plus, tous ces biens matériels étaient la propriété de tous! Chacun se servait donc suivant ses propres besoins. Le gaspillage devait être très limité et la pollution quasi nulle !
   Le travail n'est vraiment apparu que lorsque l'homme, du fait sans doute de l'accroissement de la population, et par voie de conséquence d'une surexploitation des richesses environnantes, mais également des catastrophes naturelles : incendies dus à la foudre, inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques, raz-de-marée..., il n'a plus trouvé suffisamment de substances produites gracieusement par la nature pour subvenir à ses besoins journaliers. Il a été contraint, à ce moment là, de quitter son milieu, de chercher des ressources ailleurs. Mû par la nécessité, mais aussi sans doute par la curiosité, il a évolué (apprivoisement du feu) et a cherché plus loin les biens nécessaires à sa survie, d'où un effort plus important et fatigant. C'est au même moment que les premiers conflits sont sans doute apparus, ainsi que les premières conquêtes territoriales. L'homme s'est initié à l'élevage, puis, en se sédentarisant, à la culture, enfin à la construction de son logement et à la fabrication d'instruments nécessaires à ses nouvelles activités, associant la nature (animale, végétale et minérale) à son développement. C'est donc à ce moment même qu'est apparu le travail humain tel qu'on l'entend de nos jours. Cette nouvelle activité a donné lieu aux premières productions de biens et de services, et aux premiers échanges économiques d'abord par le troc puis, ultérieurement, par le truchement de la monnaie.
    Dès lors l'homme a dû travailler et "gagner son pain à la sueur de son front". Ceci est encore toujours le cas et c'est ce qu'on nous inculque depuis plusieurs millénaires ! Même les femmes dans notre monde moderne, qui anciennement restaient au foyer pour s'occuper des enfants, exercent maintenant une activité, poussées parfois par l'obligation d'avoir des ressources personnelles suite aux nombreux divorces, mais également  par un désir de liberté qu'elles n'ont acquise que récemment. Cette catégorie de travailleurs venant sur le marché du travail est, incidemment, la cause d'une augmentation du chômage puisque environ 50 % de la population active, celle les représentant, est à la recherche d'emploi, même si ces emplois féminins peuvent aussi créer de nouvelles activités comme les aides maternelles ou familiales ! Par ailleurs, l'accroissement de la population qui, rappelons-le, est passée en France de 41 millions en 1950 à 65 millions en 2011, soit plus de 50 % d'augmentation en 57 ans, est aussi à l'origine de la courbe ascendante du nombre de chômeurs en France. Ne l'oublions pas ! Il doit également exister des chômeurs "professionnels" préférant profiter du RMI, plutôt que de se fatiguer dans un travail mal rémunéré. Avant la crise de 2007-2008 n'y avait-il pas en France, plus de 500.000 offres d'emploi – et même 1.200.000 selon certaines sources ! – qui ne trouvaient toujours pas de candidats ! C'était peut-être aussi dû au fait que les chômeurs n'avaient pas été formés pour ces travaux ! Beaucoup de jeunes ont choisi des filières de formation ne présentant aucun débouché d'emploi. Dans les milieux défavorisés le chômage touche environ 40 % d'entre eux ! On parle de discrimination à l'embauche. Cette dernière existe certainement et on doit la combattre vigoureusement surtout quand elle touche des personnes avec des diplômes, qui ont donc manifestement fait des efforts d'instruction et de formation. Mais interrogeons-nous au sujet des jeunes sans qualification aucune. Certaines de leurs revendications proclament "donnez-nous du travail". Le travail n'est pas un don, c'est un droit selon la Déclaration des Droits de l'Homme. Mais ce droit se mérite et se gagne. Qui va embaucher des ouvriers ou employés, illettrés, mal formés ou paresseux, ne sachant même pas s'exprimer correctement en français, ayant une tenue souvent débraillée ou non adaptée, ne respectant pas les horaires, haineux et même parfois racistes ? Ce n'est pas parce qu'ils sont arabes ou noirs, jaunes ou blancs, ou parfois hommes ou femmes, mais bien parce qu'ils sont totalement inadaptés au travail qu'on leur propose que les DRH ne les recrutent pas ! Il n'en faut pas moins leur trouver une occupation et leur assurer un revenu et une vie normale afin de les détourner de leurs activités délinquantes ! Pourquoi pas un service civile où ils apprendraient enfin le respect, l'effort, à parfaire leur instruction, à se former pour un emploi rémunérateur ?
    Le fait de travailler permet donc à l'homme de gagner de quoi subvenir à ses besoins. L'absence de travail, et donc du salaire qui y est attaché, est souvent cause de misère. Ce que, nous rapporte-t-on, Jésus avait parfaitement compris et exprimé dans sa parabole des ouvriers de la onzième heure ! Cela a pu paraître injuste et inégalitaire à beaucoup, mais ces ouvriers, qui cherchaient du travail - le chômage existait donc déjà ! -, avaient autant le droit de vivre que les autres ! C'est là la beauté de l'enseignement de Jésus, cette charité, cette bonté, cette tolérance et cet amour qu'il n'a cessé de prêcher, semble-t-il ! Incidemment, pour ceux qui l'auraient oublié, à cette époque les hommes travaillaient 12 heures par jour, soit 72 heures par semaine ! De ce point de vue on a donc fait de sacrés progrès ! Tant mieux !
   Mais dans notre monde moderne, si, comme le chantait Henri Salvador, “le travail c'est la santé”, - ce à quoi Julien Clerc répondait “Travailler c'est trop dur” ! - il y a de moins en moins de travail humain ("travail-torture" d'Albert Jacquard) et de plus en plus de chômeurs, donc de plus en plus de gens dans le besoin, la misère et aussi la déprime. Or le travail, qu'il soit humain ou confié à des machines, crée des richesses. C'est pourquoi d'ailleurs on estime que plus il y a de travail, plus il y a de richesses ! Mais ne crée-t-on pas justement de plus en plus de richesses, de biens et de services de toute sorte, tout en travaillant moins, les travailleurs étant de plus en plus souvent remplacés par des machines, robots et logiciels ? Le problème est que ces richesses sont mal réparties puisque l'accès à ces richesses et services est réservé à une infime minorité de nantis, ceux touchant un salaire, un revenu ou des dividendes !
   Et contrairement à ce que rajoutait Henri Salvador dans sa chanson “ne rien faire c'est la conserver”, on sait fort bien que “ l'oisiveté est la mère de tous les vices”. Voltaire ne disait-il pas fort justement: “Il vaut mieux mourir que de traîner dans l'oisiveté une vieillesse insipide; travailler c'est vivre”. Ce qu'a repris le slogan actuel: "le travail c'est la vie" ! Il n'en demeure pas moins que certains travaux manuels étant pénibles, très peu valorisant et parfois très dangereux et malsains, et donc de ce fait peu recherchés, il faille remplacer l'homme par la machine ! C'est ce qu'on est en mesure de faire depuis plus de deux siècles, grâce aux progrès scientifiques et techniques qui en découlent.
    Les conditions de travail ont elles aussi considérablement évoluées, surtout depuis cinquante ans. Même le travail intellectuel est assisté et remplacé en partie par l'informatique et les logiciels !
   C'est ainsi que :
   - en remontant au XVe siècle, l'invention de l'imprimerie par Gutenberg a supprimé les scribes et permis le développement de l'instruction ce qui a favorisé le nombre d'intellectuels et de chercheurs;
   - au XVIIIe siècle, les monnayeurs furent remplacés par le balancier;
   - en 1745 l'invention des automates par Vaucanson, et leur adaptation aux métiers à tisser par Joseph Jacquard en 1800, ont remplacé en partie les tisserands, créant à Lyon la révolte des canuts;
   - dans notre monde moderne les ouvriers sont remplacés par des machines ou des robots effectuant les mêmes tâches sans la pénibilité du travail, mais avec plus de souplesse, de précision, et moins d'état d'âme !
   - les standardistes du téléphone d'antan par les centraux téléphoniques informatisés ;
   - les concierges et gardiens d'immeubles sont remplacés par des portails à ouverture automatique grâce à un boîtier digicode ;
   - les faucheurs et moissonneurs dans les champs sont remplacés par des faucheuses et moissonneuses-batteuses ; les trayeurs des vaches, brebis, chèvres, par des trayeuses automatiques. Cela soulage considérablement la tâche des agriculteurs. Mais, suite à ces progrès techniques, l'agriculture, qui juste après la dernière guerre de 1939-1945 comprenait en France environ 7.000.000 d'exploitations, n'en comprend plus que 700.000 ! L'agriculture s'est industrialisée elle aussi et de ce fait elle produit beaucoup plus de biens qu'au préalable avec une rentabilité accrue et moins de travailleurs. Comme Jean Amadou le disait en boutade dans un sketch: “nous nous acheminons lentement mais sûrement vers le jour où le nombre de fonctionnaires du ministère de l'Agriculture dépassera celui des agriculteurs”. C'est, semble-t-il, ce vers quoi on se dirige inexorablement car il y a de moins en moins de jeunes qui acceptent de reprendre une exploitation agricole, cette activité étant très prenante et souvent mal rémunérée !
   - les plâtriers par des panneaux de placoplâtre fabriqués industriellement en usine;
  - les poinçonneurs du métro (chers à Serge Gainsbourg !) ou des trains ont été remplacés par des portillons automatiques et des composteurs ;
  - les guichetiers par des distributeurs automatiques de billets ou de titres de transport; retirer de l'argent* au guichet coûte maintenant 4 € à la BNP-Paris-Bas, où, par ailleurs, il y a de plus en plus de guichets fermés ! Peut-on encore parler de service ?
   - les caissières des grands magasins et grandes surfaces sont remplacées, ou vont l'être nous dit-on, par des lecteurs automatiques de codes-barres ;
   - les lavandières par les machines à laver le linge ;
   - les conducteurs (de métros, de tramways et même maintenant de voitures !) par le pilotage automatique ;
   - partiellement et temporairement les pilotes d'avion par des pilotes automatiques ;
   - les typographes et les correcteurs par des logiciels d'édition et d'impression, et de corrections des fautes d'orthographe (imparfaitement), et, mais pas encore très bien, des fautes de grammaire !
   - le courrier et les postiers par des e-mails ou courriels, ou des SMS, des Texto, des MMS ;
   - les trieurs de courrier par des trieuses automatiques ;
  - les sténodactylos sont remplacées par les systèmes informatiques transcrivant les paroles dictées en textes immédiatement saisis par l'ordinateur et imprimés ;
   - des programmes informatiques et des systèmes-expert couplés à des robots remplacent également de nombreux employés, professeurs, architectes et ingénieurs, et même des médecins !
   On peut compléter à volonté cette liste.
   Quoiqu'il en soit, le travail humain ("travail-torture" d'Albert Jacquard) diminue de plus en plus, surtout le travail manuel industriel à la chaîne, et agricole non qualifié, souvent répétitif, fatiguant et non valorisant, le travailleur étant remplacé de plus en plus fréquemment par les machines, les robots, les systèmes-expert, et les programmes de Conception Assistée par Ordinateur (CAO).
   Comme l'écrit encore Albert Jacquard: “Lorsque le travail subi sera proche de zéro, le concept même de chômage perdra son sens. La lutte contre ce fléau ne consiste pas à imposer du travail-torture à tous, mais à permettre à tous de participer à l'activité de la communauté” ("Mon utopie").
   La nature du travail se modifie également. On assiste au développement des activités de services ("travail-action") qui constituent des niches importantes d'emploi.
   Par ailleurs, les progrès scientifiques et techniques sont si nombreux et rapides qu'ils imposent une remise à jour de plus en plus fréquente des connaissances acquises. De ce fait, il devient de plus en plus difficile de prétendre exercer le même métier ou la même activité toute sa vie et dans la même entreprise, en s'appuyant sur les connaissances acquises à l'école ou à l'université! Même au sein d'une même activité, comme par exemple la médecine, il faut constamment savoir évoluer, s'adapter, s'instruire et s'initier ou se former aux nouvelles techniques, aux nouveaux instruments et à leur mise en œuvre, en suivant des stages de remise à jour ou des conférences, et en lisant des revues scientifiques. D'où la nécessité d'une formation permanente.
   Malheureusement tous les progrès techniques n'ont pas forcément eu pour objet principal de soulager le travailleur. C'est souvent pour accroître le profit* en réduisant les frais de main-d'œuvre et de charges sociales qu'ont été développés ces machines, robots et logiciels ! Toujours le culte de l'argent, du profit et du veau d'or ! Toujours cette cupidité de l'homme ! Or, tous ces progrès techniques produisent de plus en plus de richesses. Le seul problème à résoudre consiste donc à pouvoir distribuer équitablement ces richesses produites en abondance tout en utilisant une main-d'œuvre de moins en moins nombreuse ! Que ces richesses ne soient pas réservées à une infime minorité. Que chaque individu vivant sur cette Terre puisse en profiter !
   On doit raisonner "aux limites", comme on le fait en science pour juger de la valeur d'une hypothèse. Supposons qu'à la "limite" on remplace tous les travailleurs, employés, etc., par des robots mécaniques ou des logiciels ! On créera toujours autant de biens, de richesses, sinon plus ! Mais qui va pouvoir les acheter s'il n'y a plus de salaires distribués puisqu'il n'y a plus d'ouvriers et d'employés ? Pas plus les propriétaires ou actionnaires des entreprises puisque eux aussi ne recevront plus de dividendes puisqu'il n'y aura plus d'entrée de bénéfices du fait du non achat des produits créés ! Comme on peut le constater on aboutit à une impasse totale! Est-on réellement conscient de cela? Apparemment pas !
   Naturellement, et fort heureusement, on n'en arrivera sans doute jamais là ! Mais la tendance est bien de diminuer toujours le "travail-torture" et de le remplacer par des machines, robots ou logiciels. On aura de moins en moins besoin de "manuels", d'ouvriers qualifiés, spécialisés (OS) ou non. Mais on aura toujours besoin de services et donc des personnels qui auront été formés pour ces tâches. C'est pourquoi l'instruction est de nos jours si importante !
   C'est ainsi qu'existeront encore longtemps, du moins faut-il l'espérer, des artisans, des agriculteurs, même si l'agriculture s'est considérablement industrialisée, des professionnels de santé (médecins, infirmières, vétérinaires, etc.), d'assistance, de protection, de justice et de droit, de presse et média, d'art, d'enseignement, d'ingénierie, de transport, de commerce, de recherche scientifique dans les domaines de la physique, de la chimie, de la biologie, de la géologie, etc., tous exerçant une activité. C'est ainsi qu'on aura toujours des programmeurs, des créateurs, des inventeurs, des chercheurs, des découvreurs, des artistes, des chanteurs, des écrivains et mêmes des pratiquants de tous les sports-spectacle, etc. Aussi est-il nécessaire de bien définir les besoins futurs et de former les gens à ces différentes activités et surtout d’ouvrir les crédits nécessaires au développement de ces différentes technologies, à l’instruction, à la protection des gens et des biens et à la sauvegarde de notre environnement ! Mais n’oublions pas de développer l’intellect des individus en ne diffusant plus des émissions abêtissantes !
    Par ailleurs, qu’on arrête chez nous de diaboliser les entrepreneurs ! Ce ne sont pas tous des "grands patrons", des  "voyous", des "charognards" comme on l’entend dire dans certains milieux ! Ils n’ont pas tous les yeux fixés sur les cours de la Bourse ! Ils ne sont pas tous cupides ! La très grande majorité d’entre eux (98 % suivant un dernier sondage) n’exploite pas leurs employés. Leur revenu moyen n’est que de 4.000 € ! Ils ont eux aussi à souffrir du système économique. Et s’il existe des emplois c’est bien qu’il existe encore des entreprises, grandes ou petites, industrielles ou commerciales, et des artisans, et donc des patrons ! C’est grâce à eux et à leur esprit d’entreprise, et aux chercheurs que la richesse augmente. Alors, ne leur compliquons pas la vie par des règlements trop tatillons et des impôts et des taxes ! Et chantons: “Merci patron !”.
    Maintenons aussi la recherche scientifique et toutes les formes d’industries chez nous, même si elles utilisent beaucoup moins de travailleurs, car elles sont source de richesses. Ne les délocalisons pas !
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    Remarque
    On peut se demander, incidemment et en boutade, si, comme l'expression chère aux économistes orthodoxes et aux investisseurs le dit, finalement seul l'argent "travaillera"! C'est ce que préconise d'ailleurs LCL “Demandez plus à votre argent”, et Bernard Lietaer qui veut que “l'argent travaille pour nous et non nous pour l'argent”. Le dernier slogan de Groupama n’est-il pas “votre argent ne dort pas, il travaille” ? A les écouter, bientôt, il sera le seul à "travailler" et à "gagner sa vie"! Mais quelle bêtise ! En a-t-on conscience ?   
   Exprimé ainsi, je ne suis pas du tout d'accord avec LCL, Lietaer et Groupama ! Cela n'a jamais été l'objet de l'argent ou de la monnaie de travailler et de produire de l’argent. Je le répète pour que cela entre bien dans l’esprit du lecteur, la monnaie ou l'argent n'existe que pour faciliter les échanges économiques ! L'argent, ou plus souvent l’ouverture de crédit, sert certes comme investissement pour l'achat des matériaux et matériels nécessaires à la réalisation des objectifs planifiés, et le versement des salaires. Il permet, grâce au travail humain et des machines, robots, logiciels, le transfert de ressources ou richesses "potentielles" ou "dormantes", existantes mais non comptabilisées, en richesses "dynamiques" ou "vivantes", productrices elles-mêmes de richesses à plus ou moins long termes. La valeur de ce crédit est représentée par la valeur du bien, ou service, ainsi réalisé grâce à cette ouverture de crédit. Il contribue ainsi, mais indirectement, au développement de l'activité, laquelle est le fait des Hommes et des machines qui seuls travaillent réellement, produisent, créent des richesses, innovent et inventent ! Il n’existe pas d’entreprise sans employés. Pourquoi les bénéfices qu’elle peut réaliser ne seraient-ils réservés qu’aux seuls actionnaires ? Toute production a pour objectif la consommation et tout consommateur, quel que soit son âge, contribuant directement ou indirectement à la production, a donc droit à une part des richesses ainsi créées et donc des dividendes, d’où l’idée de dividende social ou humain comme préfère l’appeler Albert Jacquard.
   Par contre si Bernard Lietaer voulait dire par là d’une part que l'Homme ne doit pas être au service de l'économie mais l'économie au service des Hommes comme le préconisait Maurice Allais, et d’autre part que l’argent n’est pas une fin en soi, alors je suis d'accord avec lui.
   Aristote exprimait déjà en ces termes son point de vue sur l’argent et l’intérêt : « L'argent ne devrait servir qu'à l'échange, et l'intérêt qu'on en tire le multiplie lui-même, comme l'indique assez le nom (tokos se traduisant par revenu, rapport, intérêt, mais aussi enfant en grec !) qu'on lui donne dans la langue grecque. [...] L'intérêt est de l'argent issu de l'argent, et c'est de toutes les acquisitions celle qui est le plus contre nature. »
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   Ceci dit, la question n'est pas de s'interroger sur le travail et sa durée, mais sur les moyens de résoudre le problème du chômage et surtout celui de la misère, donc, avant tout, de repenser la distribution des richesses créées en abondance grâce aux progrès scientifiques et techniques, car tous les problèmes politiques, éducatifs, juridiques, sécuritaires et surtout sociaux auxquels nous sommes confrontés viennent de là, du manque d’argent et donc de crédit pour développer tout ce dont le monde a le plus grand besoin ! C’est l’objet de la réforme proposée en deuxième partie.

    L'objectif d'une vie n'est certes pas de se tuer au travail, mais de profiter des biens et des services que les progrès scientifiques et techniques permettent, et d'atteindre, autant que faire se peut, le bonheur sur cette terre. Mais les droits à une vie meilleure et sereine requièrent quand même un minimum d'effort, - tout ne tombe pas tout rôti dans nos bouches, d'où la nécessité de travailler - donc aussi des devoirs et le respect des lois et règlements ! Or, la réalisation de cet objectif ce n'est pas le système économique et financier actuel qui le permet. Pour s'en convaincre, il suffit de constater combien la misère et la précarité se généralisent ! On évalue à plus de 8.000.000 le nombre de Français qui vivent dans la pauvreté ! Et ne parlons pas des habitants du Tiers Monde ! Seule une réforme du système économique sera sans doute susceptible d'éliminer la misère. Seulement alors la "loi du moindre effort", qui est celle vers laquelle tend tout individu, pourra effectivement s'appliquer, et le "travail-torture", décrit par Albert Jacquard ("Mon utopie"), disparaîtra vraiment. Mais la vie en communauté, même sans misère et précarité, impose le respect des lois, d'une morale, laïque avant tout, et d'une éthique !
   Méditons cette phrase de Confucius :”Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie”.

 

    Maintenant parlons du travail du dimanche puisque ce sujet est d’actualité. Si l'on respectait en France les dictats religieux, on ne travaillerait plus le dimanche (chrétienté), le samedi (judaïsme) et le vendredi (islam), ces trois religions existant en France ! Cela ferait sûrement plaisir à beaucoup de monde ! Fort heureusement notre pays est laïc ! On semble l’oublier un peu trop ! On peut en effet s'interroger quand on constate d'une part que certains groupes politiques, en particulier les socialistes et communistes, et syndicaux (naturellement SUD, CGT et FO, mais aussi la CFDT), ces "bouffeurs de curés" comme on les nommait autrefois, veulent absolument défendre le "jour du Seigneur" et supprimer le travail du dimanche. Et l'Humanité de titrer "Nos dimanches, c'est sacré". Les communistes se seraient-ils convertis au christianisme ? Ce serait un bien s'ils suivaient les enseignements de Jésus ! Et maintenant Eva Joly veut que l’on institue deux jours de congé pour que les juifs et les musulmans puissent célébrer leur fête (Yom Kippour et Aïd-el-Kébir). Mais quelle hypocrisie de la part de tous ces gens qui soi-disant veulent défendre la laïcité ! Si le jour de repos du dimanche et les fêtes catholiques existent c’est suite à une tradition millénaire existant dans notre pays. Cela n’a plus rien à voir avec la pratique d’une religion dont notre peuple s’éloigne de plus en plus ne voulant plus être soumis à des dogmes liberticides !
    Que devient la liberté individuelle dans tout ça ? On nous dit que c'est à la demande des patrons, soucieux de s’enrichir, que les gens sont obligés de travailler le dimanche. C'est en partie vrai, mais c'est aussi, reconnaissons le, à la demande de la collectivité (66% des Français sont favorables au travail le dimanche selon un sondage !). Ces politiciens et syndicalistes oublient que déjà 7,4 millions de gens travaillent le dimanche, et ceci pour le bien de tous. Si on suivait leurs revendications, en s'appuyant sur le sacro-saint principe d'égalité inscrit dans notre constitution, il faudrait alors interdire absolument tout travail le dimanche, c'est-à-dire fermer les hôpitaux, les hôtels et restaurants, tous les commerces, les cinémas et théâtres, interdire les réunions sportives professionnelles, arrêter tout transport, toute émission de radio et de télévision, etc. Est-ce vraiment ce qu'ils souhaitent ? Qu'on soit pour le repos hebdomadaire entièrement d'accord, et que par tradition il soit pour les pays chrétiens le dimanche, pour les juifs le samedi et pour les musulmans le vendredi, mais qu'on laisse aux gens le choix du ou des jours de repos et de congé ! Si, comme le réclament certains catholiques, c'est pour aller à la messe et prier Dieu, qu'on se rappelle que certaines messes dites dominicales sont maintenant célébrées le samedi soir pour permettre à ceux qui justement travaillent le dimanche de quand même prier Dieu ! Mais Jésus ne nous recommandait-il pas de s’enfermer dans sa chambre et de réciter le Notre Père ? On semble l’avoir oublié alors que beaucoup de gens prétendent suivre son enseignement !

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