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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 11:29

   Pour mieux fixer les idées sur la notion de valeur en économie, retournons au préalable à la définition de ce mot afin d'en mieux comprendre sa signification en science (ordre 1 d’André Comte-Sponville).
   Plusieurs définitions de la valeur sont, certes, données. On a ainsi:
   La valeur c'est la “mesure (d'une grandeur variable)”  pour le Petit Robert.
   La valeur c'est “l'expression de la mesure d'une grandeur ou d'une quantité” pour le Petit Larousse.
 Ces deux définitions sont les plus valables et les plus générales, applicables à tous les domaines scientifiques.
   La valeur c'est le “caractère mesurable d'un objet, en tant qu'il est susceptible d'être échangé, désiré, vendu, etc.” pour Hachette.
   La valeur c'est aussi le “prix selon lequel un objet peut être échangé, vendu, et, en particulier, son prix en argent” pour Larousse.
   “La "valeur" d’une chose désigne tout simplement son prix” (A. Montefiore dans l’Encyclopaedia Universalis).
   Ces trois dernières définitions sont très orientées et s'appliquent fondamentalement à l'économie orthodoxe.
   Pour la grande majorité des gens, la valeur économique qu'on attribue à une marchandise, ou à un service, dépend de plusieurs facteurs :
   - d’abord et avant tout de son utilité;
   - puis de sa qualité;
   - naturellement pour les objets de leur coût de production;
   - de l'offre et de la demande. En ce qui concerne ce dernier aspect, c’est ainsi que les drogues, qui n’ont pourtant aucune utilité et qualité et sont même nocives, quelle que soit leur nature (cigarettes, héroïne, cocaïne, cannabis, etc), sont payées très chers par leurs consommateurs, au profit des seuls trafiquants qui jouent sur la demande de ces produits pour s’enrichir; si la demande baissait le prix suivrait; si elle disparaissait leur prix serait nul;
   - parfois, mais c’est alors personnel, du sentiment;
   - enfin, pour certains de sa rareté ou de son abondance.
   Pour fixer les idées, rappelons que mesurer une grandeur A “c’est lui attribuer un nombre qui fournisse le résultat de sa comparaison avec une autre grandeur B quelconque de même espèce”. C'est aussi comparer la grandeur à mesurer (sa longueur, son poids, sa température, etc.) à l'étalon approprié (mètre, kilogramme, degré, etc.). Cette comparaison s'exprime par un rapport : grandeur à mesurer (A) sur étalon de mesure (B).  Le résultat de ce rapport représente la valeur de la grandeur qui s'exprime donc par un nombre. “Le rapport de deux grandeurs de même espèce est le nombre qui exprime la mesure de l’une quand l’autre est prise pour unité”. C'est ce qu'exprime également Albert Jacquard : “la valeur qu'évoque l'économiste [...] est un nombre permettant de classer tous les biens et tous les services, sur une échelle unidimensionnelle” ("Mon utopie").
   Fondamentalement, la valeur est, du point de vue économique, un concept strictement arithmétique ; elle se traduit par une simple comparaison : les biens* et les services, par exemple, a, b, c, …, etc., sont comparés entre eux et le résultat de ces comparaison est une série de rapports:
 a/b = 2/3 ; b/c = 1/5 ; …, etc.
ou encore:
 a = (2/3) x b ; b = (1/5) x c ; …, etc.
   La valeur n'est pas une qualité intrinsèque de la matière, elle en est entièrement indépendante.
   Pour autant qu'elle est un fondement dans la nature des choses, la valeur consiste dans le degré de service qu'une chose quelconque peut rendre, donc avant tout dans son utilité réelle. Elle ne consiste pas non plus dans la rareté ; elle constate la rareté, ce qui est tout autre chose. Quand il s'agit de la notion économique de valeur, il est d'un byzantinisme ridicule de la torturer en tous sens pour lui donner des définitions et extensions qui n'ont pas de rapport direct avec le simple fait qu'elle est une comparaison exprimée par des chiffres, ni plus ni moins.
   “En d’autres termes, dans le domaine économique, ce n'est pas l'individu producteur qui crée la valeur des biens et des services, il n’en produit que la substance matérielle. La valeur qu'il place arbitrairement sur ce qu'il produit n'est qu'une hypothèse, si exacte et si justifiée soit-elle, qui ne prend de réalité (avec d’éventuelles modifications) que dans le cadre des échanges économiques et grâce à l'existence de la collectivité. Bien mieux: c’est des interactions de l’individu sur le social et réciproquement que nait cette convergence entre l’hypothèse individuelle et l’estimation ou jugement de la collectivité en quoi consiste la valeur de ces biens et services. La valeur est ainsi créée par la collectivité. C'est une création commune, collective, ou, si l'on veut, sociale.” ( Extrait de "Les erreurs de l’Economie Capitaliste et les Principes fondamentaux d’une réforme économique rationnelle", mémoire à l’Académie des Sciences, écrit en 1949 par W.G. Serra). De ce point de vue, la valeur-hypothèse, évaluation de l'individu, est en quelque sorte une "valeur statique"; tandis que la valeur créée par la collectivité, la valeur qui possède une réalité vitale, est une "valeur dynamique".
   Dire, par conséquent, que la valeur de biens ou de services exprimée en termes de l'étalon (franc, dollar ou euro) équivaut à un nombre déterminé, - par exemple cent, - d'étalons réels est une concrétisation absolument erronée de la notion de valeur. Ce ne sont pas les signes monétaires qui "mesurent" les valeurs des biens et services rapportées à l'étalon, mais ce sont des nombres abstraits. Quand est-ce que nos "économistes", soi-disant "distingués", comprendront enfin cela ? (cf. étalon et monnaie).
   En ce qui concerne maintenant les "valeurs", il semble que notre monde matérialiste et consumériste ait perdu la tête et surtout les valeurs morales et éthiques qui étaient encore les nôtres il y a peu de temps.
   On n'a plus aucune notion des valeurs et des priorités et ceci à tous les niveaux ! C’est regrettable !
   On porte aux nues des chanteurs, acteurs, sportifs, donc tout ce qui distrait, au lieu d’admirer les scientifiques qui œuvrent pour notre santé, la découverte de nouvelles sources d’énergie et la mise au point de robots et logiciels soulageant le "travail-torture" défini par Albert Jacquard, tout en créant des richesses malheureusement toujours mal distribuées. On oublie également nos écrivains et philosophes qui font évoluer la pensée et élèvent notre intellect. Et on organise des cérémonies outrancières à l’occasion de la mort d’un chanteur ! Même si Michaël Jackson était talentueux, tant de débordements me semblent inappropriés et même déplacés !
   L’individu est devenu égoïste et ne décerne plus où sont les priorités. Il va dépenser plus d’argent pour se distraire ou en gagner encore plus en jouant au PMU, au Loto, aux jeux de gratage ou au casino, que pour se nourrir, s’habiller et se soigner. Il compte sur la communauté et la solidarité pour ses soins !
   Donnons un autre exemple de la perte des valeurs, de la morale et de l’éthique. Les "grands patrons", qui ne sont souvent que les employés de grandes sociétés multinationales ou de grands groupes bancaires, industriels, commerciaux ou agricoles, ou encore de nos grandes administrations nationales ou internationales, touchent des rémunérations parfois scandaleuses, défiant l'entendement ! Et pour encore augmenter les bénéfices des sociétés qu’ils dirigent, - et naturellement les dividendes des actionnaires et leur propre rémunération ! -, poussés par leurs conseils d’administration ils n’hésitent pas à licencier et ainsi à mettre à la rue leurs employés, ou à délocaliser dans des pays où la main d’œuvre est honteusement exploitée et sous payée ! N’est-ce pas révoltant ? Quand donc les chefs d’état s’opposeront à ces pratiques inhumaines ?

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Published by credit-social
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