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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:12

Propositions de Crédit Social

du Major C.H. Douglas

             ___________________

 

Le but de ces propositions est de METTRE ENTRE LES MAINS DES CONSOMMATEURS la RICHESISE FINANCIERE ou POUVOIR D'ACHAT QUI REPRESENTE LEUR CREDIT REEL.

Pour arriver à ce résultat, il est essentiel :

a) que tout crédit financier soit proclamé PROPRIETE PUBLIQUE, comme il l’est bien en effet, et que l’ETAT en soit l’Administrateur ;

b) que les banques agissent désormais comme AGENTS du Gouvernement (ou mieux de l’ETAT) pour l’administration de ces crédits, et pour tenir la comptabilité nationale, travail pour lequel elles seront payées ;

c) que la communauté soit mise à même d'utiliser les marchandises et les services jusqu'à la limite de sa capacité de production (satisfaisant sa capacité de consommation), c'est‑à‑dire que le pouvoir d'achat en mains des consommateurs soit collectivement égal au prix collectif des marchandises offertes à la vente et des services, à tout moment donné.

Ceci peut être réalisé sans aucune difficulté technique quelconque par l'APPLICATION DE LA FORMULE REGULATRICE DES PRIX de Douglas.

Voyons en quoi elle consiste.

Le déséquilibre croissant entre le pouvoir d'achat existant aujourd'hui entre les mains des consommateurs et les prix collec­tifs des produits de l'industrie, provient de fautes faciles à mon­trer de la politique financière. Et qui plus est, ces fautes consti­tuent la cause primordiale des accidents économiques chroniques auxquels l'industrie est sujette (c'est‑à‑dire, les crises).

Trois facteurs contribuent essentiellement à la réduction du pouvoir d'achat de la collectivité :

                1° L'épargne réalisée sur les gages, salaires et dividendes ;

                2° L'incorporation dans les prix de frais dont l'équivalent en argent n’est jamais distribué aux consommateurs ;

                3° L'annulation par les banques de prêts ou de découverts (crédits) AVANT que les marchandises produites au moyen de ces crédits ne soient consommées.

En ce qui concerne 2°, la portion des crédits financiers dis­tribués par l'industrie sous forme de gages, de salaires ou de dividendes, est la mesure vraie de la puissance d'achat de la communauté. Cette proposition tombe sous le sens.. Or, ‑ à supposer qu'aucun gage, salaire ou dividende ne soit épargné, ‑ il n'y a jamais assez de pouvoir d’achat distribué pour acheter les mar­chandises produites ou payer Ies services rendus.

En effet : Tous les paiements industriels peuvent être divisés en deux groupes:

Groupe A : Tous les paiements faits à des individus (gages, salaires, dividendes).

Groupe B : Tous Ies paiements faits à d'autres organisations, (matières premières, remboursements de prêts bancaires et autres frais non personnels).

Le taux de flux de pouvoir d'achat aux individus est représenté par A ; mais étant donné, axiome de politique financière, que tous les paiements exécutés doivent être récupérés dans les prix, le taux du flux des prix ne saurait être inférieur à la somme (A+B). Comme A n'achètera jamais (A+B), une proportion de produits au moins égale à B DOIT ETRE DISTRIBUEE SOUS UNE FORME DE POUVOIR D'ACHAT QUI NEST PAS COMPRISE DANS LA DESCRIPTION GROUPEE SOUS A.

Sans entrer dans le détail de la démonstration de cette proposition, que l'on sent intuitivement vraie d'ailleurs, il suffit d'indiquer à ceux qui objecteraient que B est aussi du pouvoir d'achat actuel, que les paiements du groupe B ne sont que des remboursements, abstraits du publics, de pouvoir d'achat distribué au cours d'un cycle de production antérieure qui n’est pas encore offerte à la vente, ou de pouvoir d'achat distribué (et disparu dans la consommation) au cours d'un cycle de production antérieur à celui pour lesquels les paiements A, pouvoir d'achat actuel, sont distribués. Il suffit, pour concrétiser, de remarquer que  «  le moulin ne moudra jamais avec l'eau qui a déjà passé  » .

Cette proposition, qui est vraie pour chaque industrie individuellement, est également vraie pour toutes les industries collectivement.

Or, directement ou indirectement, tout le pouvoir d'achat existant dans la communauté est distribué par l'industrie.

En ce qui concerne 1°, quel est le résultat des économies hebdomadaires réalisées sur les gages, salaires ou dividendes; c'est‑à-dire de l'épargne ? Ces économies s'ajoutent manifestement à !'agrégat des frais qui attendent récupération. L'effet certain est donc un empilement progressif de frais non recouvrés, physiquement représentés par des marchandises attendant acheteur.

Le producteur découvre qu'il lui faut un temps de plus en plus long pour rentrer dans ses fonds immobilisés. La banque, elle, qui a émis le crédit nécessaire pour cette production, n'attend pas. Le seul recours du producteur est alors de réduire sa production, tandis qu'une partie de ses stocks « superflus » est liquidée (de gré ou de force), ce qui, automatiquement, réduit le flux des salaires et des dividendes aux consommateurs possibles, réduisant à son tour leur pouvoir d'achat. Faillites, banqueroutes, réductions de capital, ventes judiciaires, ou en solde au‑dessous même du prix de revient, constituent quelques-uns des palliatifs qui aident à prévenir un arrêt total de la production. Ces palliatifs sont VOULUS par les banques, mais la faute en est toujours rejetée sur les producteurs, ou même, sur les consommateurs (telle est l'origine de l'argumentation d'aujourd'hui : « l'on a trop produit » ; « le peuple a vécu au‑dessus de ses moyens » ; « l'argent se cache » ; et autres tartuferies du même genre). La vérité, c'est que les banques sont uniquement intéressées à récupérer les crédits émis par elles; dans le temps arbitrairement fixé par elles sans égard pour la question de savoir si lés bénéficiaires sont, ou non, en état de rembourser, ce qui est uniquement fonction de leurs ventes; c'est‑à‑dire, en fin de compte, du pouvoir d'achat des consommateurs, qui, lui-même, ne dépend que de la politique bancaire, facteur 3° énuméré ci‑dessus. Non point que ces crédits, opérations fictives ou fictions comptables, leur appartiennent, comme pourtant elles l'affirment ; mais simplement parce que dans l'opération de remboursement de ces crédits se trouve inclus leur bénéfice qui, lui, est seul réel et leur permet, par la continuité et une constance implacable dans l'application du procédé, d'accaparer progressivement le contrôle de tout le système économique, but ultime de la Finance. .

La science a résolu le problème de la production ; les progrès de l'industrie permettent d'utiliser une main‑d'oeuvre de jour en jour moins importante pour une production sans cesse croissante. Les propositions de Crédit Social résoudront le problème de la distribution, de la consommation. Production et consommation ne sont manifestement que deux aspects d’une seule et même chose, et le seul but de la production n'est évidemment que la con­sommation.

 

Juste Prix

 

Le Major Douglas a montré que le coût réel de la production de n'importe quoi est uniquement composé de l'énergie et de la matière employées au cours du procédé. Les biens consommables doivent être vendus à leur JUSTE PRIX, qui est évidemment telle proportion de leur coût financier qui représente l'énergie et la matière employées dans le procédé.

La différence. entre le Juste Prix et le coût financier ou comptable de la production, et qui représente la dépréciation du capital, doit être liquidée par une émission de crédit gratuite soit au détaillant, soit au consommateur, ce crédit étant débité en regard de l'actif accumulé de la communauté.

En effet, 1'actif‑capital n'est pas distribué à la communauté mais c'est une propriété commune, et sa dépréciation sous toutes ses formes devrait en être payée en débitant un compte de Crédit National qui serait crédité de toute « appréciation » de l'actif de la nation.

La justification de cette proposition gît dans l'observation de deux faits également négligés et perdus de vue, mais également essentiels ; et si l'on veut remettre de l'ordre dans la société, il faut inévitablement commencer par remettre de l'ordre dans les idées et les principes :

1° Or, il est absolument nécessaire de dissocier la notion de la création des richesses réelles, aujourd'hui réalisée par les machines, d'avec la notion de la création des « valeurs » qui les représentent, c'est‑à‑dire de l'argent.

2° La contribution de ceux qui possèdent aujourd'hui les moyens de production, à la création de ces moyens, n'a pas plus de valeur intrinsèque que la contribution de l'homme des cavernes, et la machine est évidemment une création commune, fruit de la collaboration de tous les hommes et de tous les âges. La propriété de la matière de la machine doit être, de toute nécessité, distincte de la propriété de la « valeur » de la machine, estimation conventionnelle et purement comptable qui ne se justifie qu'en raison de l'existence de la collectivité. La valeur de la propriété ou son expression comptable, distincte de la matérialité de la propriété elle-même, est donc un bien commun.

Il est essentiel de se souvenir que le consommateur DEVRAIT collectivement posséder les moyens de disposer complètement à la fois : 1° de la production actuellement complétée ; 2° du solde de la production en cours de fabrication ; 3° du solde de la production potentielle représentée par l'outillage inutilisé, la main d’œuvre et les matières premières disponibles. Il est donc facile de voir que, dans les conditions existantes, les prix devraient varier en raison inverse du taux de production. La difficulté en ceci serait que les producteurs perdraient de l'argent, et pour éviter qu'ils en perdent, comme aussi pour stimuler la production, une modification d'autre sorte est indispensable: la distribution d'un dividende social, l'indemnisation des détaillants s'ils vendent au Juste Prix, ou, comme alternative, une ristourne aux consommateurs qui ne peuvent manifestement payer que le Juste Prix.

Si l'on réfléchit aux réalités physiques de la production, l'on peut voir facilement que le véritable coût d'un programme donné de production est constitué par la consommation de la production au cours d’une période de temps équivalente à la durée d'exécution du programme ; en d'autres termes, le véritable coût d'un programme de production est, non pas la valeur‑argent du coût, mais considérablement moins que ce coût‑argent ; et il est évident que les fruits de ce programme de production ne peuvent être vendus au public acheteur, qu'à la condition qu'ils soient vendus à leur coût véritable de production.

Une expression mathématique de cette proposition est facile à donner :

Si P correspond à la production ; si C correspond à la consommation (au tours d’une période donnée de temps [t2 ‑ tl]) ;

Si M est l'argent distribué pour un programme donné, le véritable coût de ce programme n’est pas M, mais bien :

   

c'est‑à‑dire :

         Taux de consommation moyenne pour la période donnée.

M x ---------------------------------------------------------------------------------

         Taux de production moyenne pour la période donnée.

 

Cette différence entre le coût financier et le Juste Prix, liquidée par une émission de crédit gratuit, peut être appelée le CREDIT DE CONSOMMATION indispensable pour assurer la distribution rationnelle de la production aux consommateurs.

Ce flux supplémentaire de crédit de consommation, ou de pouvoir d'achat, ne doit, en aucune façon, être comptabilisé dans

les prix de revient de l'industrie, mais doit être « court‑circuité », en ce sens qu'il ne saurait être distribué aux consommateurs par les voies par lesquelles les revenus, leur pouvoir d'achat, leur parviennent aujourd'hui, c'est‑à‑dire par le truchement des salaires,  gages ou dividendes provenant de l'industrie.

 

Dividende  Social ‑ Bonus Social

 

Ce crédit de consommation serait émis par l'Etat:

a) sous forme d'un Dividende Social National à chaque consommateur, citoyen de l’Etat ;

b) et sous forme de ristourne ou Bonus Social sur les prix payés par chaque consommateur.

 

Par exemple : s'il était prouvé, par les statistiques officielles; que le volume total de la production au cours d’une période donnée est le double de la consommation totale courante pendant la même période, les prix seraient, par décision gouvernementale édictée comme l’est aujourd'hui le taux d'escompte des banques, réduit de 50 % afin de permettre que la totalité de la production puisse être achetée et consommée. Une telle réduction des prix équivaudrait à doubler le pouvoir d'achat de chaque consommateur.

 

Souches

 

En ce qui concerne b), cela peut être réalisé de l'une des deux leçons suivantes:

A) Ou bien le détaillants, en sa qualité de dernier distributeur des marchandises vendues à 50 % du prix, conserverait les souches de toutes ses ventes et enverrait ces souches à une Chambre de Compensation des Banques, laquelle rembourserait ledit détaillant du montant des ristournes faites, d'après la mercuriale, aux consommateurs ses clients ;

B) Ou bien, deuxième alternative, le consommateur paierait le prix plein au détaillant et recevrait en même temps que les  marchandises qu'il achète une souche qu'il remettrait à sa propre banque. Périodiquement, par exemple, tous les trois mois, au moment où le coefficient de. la mercuriale serait publié par le Gouvernement, le consommateur serait crédité à son propre compte en banque du montant qui lui serait dû comme ristourne sur les achats faits par lui pendant le trimestre écoulé.

En ce qui concerne a), le Dividende Social serait, par exemple au début, 1 % du capital‑actif de la communauté (Nation), et serait réparti mensuellement ou trimestriellement et également entre tous les citoyens. La Somme totale de ce dividende serait débitée au compte du Crédit National au même titre qu'une dépréciation et entrerait en line de compte dans l'établissement de la formule régulatrice des prix affectant. le bonus ou ristourne b).

 

Aucune Inflation Possible

 

L'expansion de Crédit National précèderait l'expansion monétaire, l'argent nouveau étant basé sur la richesse déjà créée, et le crédit étant émis conditionnellement et proportionnellement à une réduction des prix ; en d'autres termes, les crédits de consommation ne seraient émis . qu'après que les marchandises seraient en rayon on au comptoir, en fait après qu'elles seraient vendues. Ceci est important, car si l'argent est émis définitivement en contrepartie de marchandises existantes, l'objection d'inflation ne tient pas debout.

Les propositions de Crédit Social ne sauraient tendre à aucune inflation.

Elles constituent un réajustement logique du système du crédit et une réglementation scientifique des prix, en vue d'augmenter la consommation nationale et de permettre  tous Ies membres de la communauté d'avoir leur part légitime de la richesse nationale totale, réelle, création commune.

Chaque consommateur aurait ainsi un pouvoir d'achat adéquat

Il serait assuré, au moins, de pouvoir vivre ; en d'autres termes sa sécurité économique serait réalisée, de sa naissance jusqu'à sa mort, ce qui est incontestablement la meilleure forme d'assurance sociale ou de secours mutuel qui soit.

Une augmentation de la consommation nationale mettrait en mouvement les rouages de la production et abolirai' pour toujours les maux de la misère et du chômage:

Ces propositions de Crédit Social sont purement économiques ; elles ne sont pas politiques.

Elles n'envisagent aucune expropriation quelconque ni aucune « bureaucratie additionnelle en dehors du département purement statistique nécessaire pour établir les données suivant lesquelles l'émission et l'annulation de l'argent, des crédits, seraient réglées automatiquement.

Elles offrent en outre une base de coopération sincère entre tous les hommes de réelle bonne volonté.

Elles ont une portée sociale immense et permettent à l'humanité de progresser sans cesse et de développer sans cesse son bien-être matériel et moral sur ce monde.

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:08

Le Crédit Social

(W.G. SERRA. 1933)

 

ARGENT ET CREDIT

 

L'argent est tout ce qui a pouvoir d'acheter ; toute demande effective pour des marchandises, biens ou services ; ou encore tout ce qui possède un pouvoir d'achat est de l'argent. «  C'est tout moyen, ‑ peu imports la matière dont il est fait, peu imports la raison pour laquelle le public le désire, ‑ qui a acquis ou qui possède un degré d'acceptabilité tel que nul ne le refusera en échange de ses marchandises ou de ses services ».

Il consiste dans toutes les promesses de payer, les chèques, les lettres de change, les billets de banque en circulation, les pièces de monnaie.

Il n'est pas nécessaire que ce moyen soit de l'or, non plus qu'aucun autre métal ou matière. Il n'est pas nécessaire qu'il ait une correspondance quelconque à une quantité d'or déterminée. Cette correspondance, ‑ du reste très variable, ‑ est une des superstitions gothiques encore trop répandues et entretenues par une presse ou ignorante, ou intéressée ; une superstition qui ne profite qu'à ceux qui, seuls, ont un intérêt primordial au maintien de ce dogme fossile, à tous ceux qui font commerce d'argent, et dont la seule préoccupation est évidemment de maintenir la rareté de l'objet de leur commerce.

L'argent est le seul moyen aujourd'hui existant par lequel s'effectuent tous les échanges. L'argent ne provient pas de la production, ni de la vente des marchandises ; il est produit par :

1° L'extraction de l'or, de l'argent, du cuivre, du nickel…, et leur monnayage ou frappe subséquente, Ceci représentait en 1927‑1928, de 0,3 à 0,5% de « l'argent » en circulation ;

2° L'impression de papier‑monnaie, représentant environ 10 % de l'argent en circulation ;

3° La création de crédits de banque, représentant environ 90 % de l'argent en circulation.               

Les pièces monnayées et les billets constituent, si l'on peut dire; l'argent de poche ou la « petite caisse » de la société; tandis que les 90% de l’argent en circulation sont CREES par les banques par de simples entrées dans leurs livres.

Les seuls frais occasionnés aux banques par la création des crédits sont des frais de comptabilité ordinaire ; de telle sorte que l'on peut dire que le crédit, c’est‑à‑dire (termes interchangeables) l'argent, NE COUTE PRATIQUEMENT RIEN A CREER.                            

L'Hon. Reginald Mac Kenna ancien Chancelier de l'Echi­quier et ancien président de la Midland Bank, autorité qui ne saurait être discutée en matière de banque, disait, dans un dis­cours à ses actionnaires en 1924:          

« Je crains que le citoyen ordinaire n'aime pas entendre dire que les banques CREENT et DETRUISENT l'argent. La quan­tité d'argent existant varie uniquement selon l'action des banques qui diminuent ou accroissent les dépôts. Nous savons comment cela se pratique : tout prêt ou découvert bancaire crée un dépôt ; et tout remboursement d'un prêt ou d'un découvert détruit un dépôt ».

Ces paroles ont été confirmées depuis, par les principaux ban­quiers et économistes, y compris M. J.‑M. Keynes. L'argent n'est pas « une commodité », et le considérer comme tel est preuve d'une fausse conception radicale de sa nature. C'est essentiellement un système de « tickets », une demande pour des marchandises, des biens ou des services, et sa fonction est de favoriser une production ordonnée et la distribution de ces biens et de ces services.

                Reproduisons encore pour éclairer ce sujet capital, les termes employés par quelques autorités incontestées dans les questions d'économie politique et de banque:

 

M. H.‑D. Mac Leod dit : (Theory and Practice of Banking) :

« La caractéristique essentielle et distinctive d'une banque et d'un banquier est de créer et d'émettre du crédit payable à vue ; et ce crédit est destiné à être mis en circulation et à remplacer l'argent dans toutes ses destinations. Une banque, par conséquent, n’est pas un office de prêts ou d'emprunts d'argent : c'est proprement une fabrique de crédits.

                « Dans le langage de la banque, un dépôt et une émission de crédit sont une seule et même chose.

« L'on croit communément que les bénéfices d'un banquier consistent dans la différence de l'intérêt qu'il paie pour l'argent qu'il emprunte et l'intérêt qu'il touche pour l'argent qu'il prête. La réalité est que les bénéfices d'un banquier consistent exclusi­vement en bénéfices qu'il peut faire en créant et en émettant du crédit en excès du numéraire qu'il tient en réserve.

                « Une banque qui n'émettrait du crédit qu'en échange d'ar­gent, n'a jamais fait et ne fera jamais aucun bénéfice. Elle ne commence à faire un bénéfice que lorsqu'elle crée et émet du crédit en échange de dettes payables à une date future ».

Et R.‑G. Hawtrey, qui fait autorité, dit d’une façon lapidaire en parlant du crédit : « Le banquier crée les moyens de paiement du néant  » 

                Mais, tout crédit de banque est une dette envers le système bancaire, et doit être inclus dans les prix des marchandises et des services et récupéré ensuite des consommateurs par le truchement des prix des marchandises.

Tout prêt bancaire ou découvert (gagé ou non) est une création d'argent ou de pouvoir d'achat, et augmente la quantité d'ar­gent en circulation. Réciproquement, tout remboursement d'un prêt ou d'un dé­couvert est. une destruction de pouvoir d'achat et une réduction de l'argent en circulation.

La seule chose qui limite la création de crédit par les banques est leur obligation de payer (théoriquement) le montant en monnaie légale. Faisant commerce sous la présomption que le public fera usage de papier (chèques, lettres de change, etc.), dans la ma­jorité des transactions sans exiger l'échange en monnaie légale, les banques ont ainsi construit une pyramide inversée de crédit sur la base instable d’une petite quantité de monnaie légale.

Et M. J.‑M. Keynes dit à bon droit :

«  Dans un système bancaire fermé, il n'y a aucune limite à la quantité d'argent bancaire, c'est-à-dire de crédits que les banques peuvent créer en toute sécurité, pour autant qu'elles soient toutes d’accord et marchent en cadence ».

Le crédit est fondé sur la crédulité, la bonne foi, la confiance. Sa limite, ajoutons-le, est purement affaire de psychologie.

Le crédit est de deux sortes : le crédit réel et le crédit financier.

Le crédit réel, que ce soit celui d'un individu ou d'une communauté d'individus, est la capacité de cet individu ou de cette communauté de produire des marchandises ou de fournir ses services.

Le crédit financier est l'instrument qui met le crédit réel en mouvement et le convertit en marchandises et services actuels. Il devrait, à tout moment, représenter le crédit réel. Il n'en est, aujourd'hui, qu'un pâle reflet. C'est le sang de la société, c'est l’air nécessaire à la vie du commerce moderne, comme l'a dit Daniel Webster, l'éminent juriste et homme d'Etat américain. Puisqu'il remplit une fonction si importante, il devrait être conséquemment sous le contrôle de la société, tandis qu'aujourd'hui il est entre les mains de quelques particuliers et sous leur contrôle exclusif. Ce qui est un comble, c'est que l'Etat ait abdiqué tout contrôle entre les mains de ces particuliers, et qu'il s'adresse à eux pour obtenir un crédit qui n'appartient qu'à lui !

Observons en outre que les banques ne prêtent JAMAIS leur capital souscrit ou leurs dépôts ;  ce qu'elles prêtent, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c'est le droit de l'emprunteur de tirer sur les consommateurs une traite qui sera honorée par eux, et d'en utiliser les ressources en main-d’œuvre et en matières.

               Il est absolument impossible de nier la vérité de cette affirmation qui synthétise les opérations de crédit bancaire.

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:06

 

 

Le Problème de Notre Temps

  W.G. SERRA (1933)

 

Où que nous tournions nos regards que voyons‑nous ? D'une part, une soi‑disant surproduction, et pourtant des quantités d’industries arretées et d'usines fermées, un chômage qui, dans cer­tains pays fortement industrialisés, atteint des proportions fa­buleuses et semble sans remède ; et d'autre part, une gêne ou une misère universelle, un dénuement tragique dans d'innombrables foyers, une insécurité économiqne qui, par une sorte d'osmose, pénètre dans l'ordre politique intérieur et exterieur, engendre des haines terribles et dresse les nations‑les unes contre les autres. En d'autres termes : une offre surabondante et une demande prodigieuse qui ne peut être satisfaite. Pourquoi ?

               C’est que le problème de notre temps, le centre des difficultés dont souffre le monde contemporain, n’est pas autre chose qu'un problème de distribution.

                Un enfant dirait qu'il n'y a vraiment pas là matière à diffi­culté, et que si l'on.veut que la production soit consommée il faut de toute évidence que les moyens d'échange à fin de consommation soient adéquats.

                Le système économique moderne présente trois aspects : la production, c'est‑à‑dire toutes les branches de l'industrie ; la consommation, c'est‑à‑dire tous les consommateurs, les producteurs  inclus ; enfin le système financier, dont la fonction est de faciliter la production et la distribution des biens produits et des services offerts à fin de  consommation.

                 II est clair que si la machine économique est enrayée, la faute n’est ni à la production qui est en mesure de satisfaire à tous les­ besoins existants de la communauté mondiale ; ni à la consommation qui est dans l'impossibilitè de satisfaire ces besoins ; mais bien au système financier qui,.imbu de dogmes grotesques et d'un fétichisme absurde, retombé dans l'idolâtrie du veau d'or, opérant selon des formules empiriques désuètes n’est plus à  hauteur des progrès que l’humanité a réalisés avec une rapidité déconcertante depuis un siècle, ne remplit plus sa fonction et conduit au chaos et au néant les peuples encore inconscients, mais inquiets du destin qui les attend.

                  L'humanité depuis cent cinquante ans semble s'être épuisée à inventer ; elle n'a pas fait halte une seconde pour analyser les données réelles et mathématiques du problème nouveau que ses inventions ont compliqué d'inconnues redoutables.            

                  Seules, quelques théories sociales sont nées, thérapeutique empirique de ce que l'on peut appaler les accidents de grossesse d’une civilisation en gestation d'un monde nouveau : aujourd'hui que cette grossesse tend vers son terme, l'humanité perd la tête ; les rebouteux qui la soignaient jusqu'ici s'avouent impuissants à l'aider au tours d'un enfantement difficile.

                  C'est que l'objet réel du système économique est manifestement perdu de vue : pour quelques-uns, c'est de produire de l'argent et l'argent, - ou l’or -, est devenu la fin en soi, non seulement de toute production, mais encore de toute existence; mais s'evanouit comme un mirage ; pour d'autres, c'est, de fournir à chacuri du travail ; et l'on sait que ce but s'éloigne de plus en plus ; pour d'autres encore, c'est de. récompenser l'effort industrieux et de punir la paresse.

                  Mais il faut se rendre compte que nul ne désire essentiellement du travail, et le « moindre effort » reste toujours la loi de ce monde ; en. fait, c'est cette loi-même qui a conduit l'homme à inventer la machine destinée à alléger son labeur, et ce que l'homme veut essentiellement, ce sont les choses nécessaires à l'existense; les biens consommables, les services utiles, et la possibilité d'exercer son activité selon son choix. Et par ailleurs, s'il est besoin de punir la paresse et de récompenser le travail, fallait-il mobiliser tout le système économique à cette fin ?

                  Non. L’objet réel du système économique est uniquement de produire tous les biens consommables et de fournir tous les services nécessaires avec le minimum d’efforts possible, pour quiconque les requiert, c’est-à-dire pour tous. Tel est l’objet du système économique.

                 Et il est manifeste que si le monde veut sortir de l’impasse où il se trouve aujourd’hui, s’il veut vivre et progresser au lieu de périr, tout obstacle qui empêche de quelque façon que ce soit, dans quelque direction que ce soit, la réalisation de cet objet, doit disparaître ou être modifié.

 

 

 

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:15
  Bienvenue dans l'abécédaire non conformiste et réformiste. Vous y trouverez les textes suivants dans la rubrique Articles récents.

Avant propos
  Il va bientôt y avoir cinq cents ans Martin Luther (1483-1548) lançait la Réforme en s’opposant en 1517 aux dérives mercantiles de l’église catholique (affaire des Indulgences) et à la toute puissance politique, territoriale et financière du pape, à cette théocratie qui dirigeait notre monde occidental. Comme on le sait sa "protestation" a conduit au Protestantisme et à une révision des dogmes et rites par cette branche de la Chrétienté.
    Cinq siècles après on observe encore des dérives, on dirait aujourd’hui des dysfonctionnements, toujours dans les religions, en particulier musulmane et évangéliste, mais également dans beaucoup de domaines de l’activité humaine: politique, économique, écologique, social, éducatif, juridique, etc. On observe aussi la mainmise sur l’économie et le politique d’une oligarchie banco-financière et technocrate dont les abus nous ont conduit à la crise mondiale actuelle, après celle de 1929, et à un développement de la misère, de la haine et de la violence qui en découle. On est toujours soumis à la dictature de l’argent !
    On parle beaucoup de réformes ces temps-ci. Elles sont absolument nécessaires mais pas toujours mises en œuvre ni conduites de façon positive. C’est pourquoi il m’a paru utile d’écrire cet abcdaire en relevant article par article les "dysfonctionnements" observés, les "protestations" qu’ils suscitent, et les "réformes" nécessaires afin de rendre si possible notre monde moins égoïste, plus vivable et humaniste, en un mot meilleur !
    Comme l'écrivait John Maynard Keynes “La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes.”.



A:
Action

Actionnaire
Agence de notation

Argent

Agriculture

Assemblée Nationale et Sénat

Assurances

B:
Banque
Besoins
Biens

Bonus

Bourse

C:
Capital
Capitalisme

Changement
Chômage
Communisme
Comptabilité
Crédit
Crise
Croissance

D:
Dette
Dividende

Dividende humanitaire

E:
Ecologie
Economie
Emploi

Enarque

Eoliennes
Etalon
Exploitation

F:
Finance
Fonctionnaires
Fraternité


G:

Gaz de schiste

Gens du voyage

 

H:
Humanisme
Humanité
Hypocrisie


I:
Immigration
Impôt

inégalité économique
Intérêt

L:
Laïcité

Libéralisme

Liberté

Lobby
Logement
Loi

M:
Media
Micro-crédit

Misère

Mondialisation
Monnaie
Morale

N:
Nation

O:
Obscurantisme

Oligarchie
Or
Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

P:
Patrimoine
Patron
Pauvreté

Pétition
Pétrole

Politicien

Pollution
Pouvoir d'achat

Prêt

Prix
Production
Profit
Progrès
Prolétariat

PSA
Publicité

R:

Représentants
Ressources

Retraite


S:
Services publics
Socialisme

Spéculations

Syndicats
Système économique

T:
Taxe
Traders
Travail

Travail du dimanche

Triple A

U:
Union Européenne

V:
Valeur




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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 18:05
Ce blog est destiné à transmettre des idées de réforme économique basées sur des concepts scientifiques. Il s'adresse à tous les internautes troublés par la crise actuelle et soucieux de trouver des idées non conformistes.

Vous trouverez également un abécédaire de la pensée non conformiste et réformiste pouvant déranger nos économistes orthodoxes donc imbus de dogmes dépassés.

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