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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 17:02

L'heure de la grande décision
W.G. Serra

    Il est impératif que chaque Gouvernement des nations de l'Occident prenne conscience de ces faits et fasse un effort sincère de compréhension objective et d'imagination créatrice. Cette œuvre de rénovation n'a que trop tardé.
  Le temps est révolu où les hommes d'Etat et leurs conseillers pouvaient pharisaïquement feindre d'ignorer le problème tel qu'il se pose, répudier comme blasphématoire ou simplement loufoque la suggestion que les principes mêmes de l'Économie sont nécessairement viciés.
   Le problème est resté, il est toujours là, avec nous dans son entièreté; il faut lui donner une solution de toute urgence; et le fait évident est que les hommes d'Etat de l'Occident sont aujourd'hui au pied du mur, sans idées, sans forces, incapables de résoudre ce problème dans le cadre des principes économiques actuels.
   Il ne leur est plus loisible d'interpréter “les signes des temps” à leur fantaisie, ou selon leurs préférences secrètes, intéressées ou non, et celles de leurs conseillers officiels, les experts d'une fausse science. Ils doivent les comprendre objectivement et agir en conséquence. Telle est la seule voie de salut qui leur reste ouverte.
   Pour peu de temps.
   Ils sont à une heure grave d'un choix très grave, du choix le plus grave peut-être que l'humanité ait jamais eu à faire, entre d'une part, le maintien d'un principe archaïque, matérialiste, scientifiquement faux, à la base de l'Économie orthodoxe, ce qui conduit à très brève échéance au cataclysme économique et social universel; - et d'autre part, son abandon pur et simple, son remplacement par un principe scientifique et logique correct, fournissant à l'Économie une base radicalement nouvelle et telle que cette Économie soit immédiatement au service de chaque individu en particulier, qu'elle réalise immédiatement la véritable justice sociale, l'ordre et la paix sociale, - cet objectif que l'Économie Communiste et l'Économie Capitaliste sont également et congénitalement incapables de réaliser, mais qui est néanmoins l'objectif réalisable dont les multitudes réclament la réalisation qu'elles devinent possible aujourd'hui même.

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 11:47

Gouvernement des hommes par l'argent
W.C. SERRA, 1950

   La première question qui se pose est de savoir comment l'on en est arrivé à cette situation paradoxale; la deuxième est de savoir s'il n'y a pas moyen de sortir de cette impasse.
  Mais, avant de répondre à ces questions, on peut se demander pourquoi, pour quelle raison impérieuse, on conserve un Système de mesure et de représentation des valeurs qui, de toute évidence, n'est pas adaptable au progrès des autres techniques, puisqu'il ne procure pas la satisfaction la plus large des besoins humains modernes, objectif pour lequel ces techniques ont été inventées et perfectionnées.
   Il est clair que le malaise social universel d'aujourd'hui résulte, non pas d'une carence des techniques, mais de la carence du Système qui doit en distribuer les produits et ne parvient pas à réaliser la justice sociale.
   Il n'y a qu'une réponse à cette question préliminaire: c'est, de toute évidence, parce que tel est l'intérêt d'une minorité puissante de malins qui, de tout temps du reste, se sont rendu compte du pouvoir illimité que la possession de cette “marchandise par excellence” pouvait leur conférer sur les choses et surtout sur les hommes. Ils ont réussi à s'en assurer le quasi-monopole, tout en faisant croire que sa rareté était un phénomène naturel et qu'il n'y avait aucune autre méthode imaginable qui put convenir aux échanges, au fonctionnement rationnel et satisfaisant de l'économie.
   Rien n'a changé, de ce point de vue, depuis les origines. Dans le monde occidental contemporain, c'est toujours une minorité fortement organisée, en marge de la collectivité et de l'Etat, qui, en dépit des nationalisations, possède et surtout contrôle souverainement cette marchandise, gonflée conventionnellement de ses formes fiduciaire et scripturale, et si frauduleusement altérée, que l'unité, l'étalon monétaire, se vide à une allure constamment accélérée de son contenu.
  Cette minorité si puissante aujourd'hui, qui a pris une importance si prépondérante, et au sort de laquelle sont intimement liés tous ceux qui, pour produire et subsister, doivent nécessairement s'adresser à elle et constituent le monde dit “capitaliste” - trusts, cartels, grosses industries, grand commerce, grand patronat, etc. - cette minorité, c'est le système bancaire. Le système bancaire moderne - avec son armature et sa hiérarchisation : les banques ordinaires, dont dépendent l'industrie et le commerce, et les banques d'émission. Ces dernières sont aux premières ce que celles-ci sont à l'industrie et au commerce. Mais, exactement comme les banques ordinaires forment le système bancaire d'une nation, de même les banques centrales forment le système bancaire international du monde.
   Or, il n'y a pas d'organisation, visible ou occulte, sans direction, comme il n'y a pas de hiérarchie visible ou occulte sans, au sommet, un chef aidé ou non d'un conseil. Direction et chef ont nécessairement une conception avouée ou secrète et tacite des objectifs qu'ils cherchent à réaliser. Ce n'est pas ici notre propos d'examiner cet aspect du problème quant au fond; nous nous en tenons aux faits que tout le monde peut palper. Constatons simplement qu'il serait extrêmement naïf de croire que la subordination de la production et de la consommation à l'argent soit un fait contingent, obéissant à des lois naturelles, providentielles. C'est absolument faux.
   Le monopole de la création du Crédit et sa pratique d'application obéissent simplement et nécessairement à une politique. Celle-ci, à son tour, implique une certaine philosophie et une certaine conception de ce que la Société, et les rapports de la Société et de l'individu, doivent être - non dans l'intérêt de l'individu ou de la Société, mais en vue d'un certain objectif, dans l'intérêt précisément de ceux qui exercent ce contrôle suprême et dans l'intérêt de la continuation du système qu'ils appliquent. Ils savent bien qu'il n'y a pas au monde de moyen plus insidieusement puissant, ni plus efficace, que la Finance pour exercer le pouvoir et imposer l'idéologie de leur choix. Et cette remarque valait d'un coté comme de l'autre du rideau de fer, et vaut encore toujours en Occident et maintenant au Moyen-Orient, en Chine et en Inde.
   Autrement dit, l'évolution de la Finance n'a jamais eu, ne pouvait avoir et n'a pas pour objet, comme les autres techniques, le bien public, ni l'intérêt de l'individu, mais, plus secrètement, le gouvernement des individus.
   Si bien qu'après quatre mille ans d'une application qui n'a jamais été et ne pouvait être satisfaisante, qui a toujours été douloureuse pour la plupart des humains qui l'ont subie, le Système financier, archaïque et absurde, fondé sur les postulats rappelés plus haut, perfectionné - si l'on peut dire - par le Système bancaire et les économistes contemporains, s'est transformé en cet instrument satanique de domination occulte et de tyrannie, officiellement reconnu et protégé par les Etats, leurs institutions et leurs lois. Instrument satanique qui opère exactement de même à l'Est et à l'Ouest, sous le masque et la fausse barbe de l'économie communiste comme du capitalisme.
   L'évolution logique du système aboutit aujourd'hui au gangstérisme politico-financier le plus cynique qui ait jamais existé; à la frustration, non plus contingentée comme dans le passé, mais délibérément organisée et planifiée, non seulement des multitudes travailleuses, mais des nations elles mêmes; à l'extension continue de la condition prolétarienne, dans une insécurité économique croissante; à l'exaspération progressive des conflits sociaux; à la menace et à la préparation d'une nouvelle guerre mondiale, qui ne peut manquer d'être la plus destructive de toute l'histoire humaine.
 Comment l'idéal humain dont tant d'hommes de notre temps sont pourtant pénétrés (idéal de justice sociale, de bien commun, d’humanisme, qui est, soulignons le, fondamentalement chrétien), comment cet idéal peut-il être respecté et réalisé, quand, à l'intérieur de chaque nation, l'argent, au lieu d'être un simple moyen abondant à la disposition de chacun, un mécanisme automatique et efficace au service de chacun et de tous, qui répartisse à tous et à chacun les avantages de l'association humaine et de ses progrès, - l'argent n'est qu'un moyen de domination et d'asservissement à la disposition de quelques-uns, tout en devenant la fin nécessaire de toute activité humaine et la condition d'une existence précaire, parce qu'il est délibérément maintenu rare et insuffisant ?
   Comment la paix internationale pourrait-elle être préservée quand il en va de même sur le plan international et que s'exerce le chantage politique le plus cynique pour contraindre les nations “nécessiteuses” à adhérer soit à une idéologie, soit à un type de politique dont en fait elles ne veulent pas ?
   Mais il en est ainsi, parce que, dans toutes les nations de la terre, l'opinion crédule, non avertie, routinière et incapable de toute critique sérieuse, accepte aveuglement, stupidement, mystiquement, la validité d'un système financier fossile et frauduleux, comme un dogme intangible et sacro-saint.
   Et cela, sur la foi d'une propagande savamment organisée, qui camoufle habilement la vérité, la travestit et essaye, par tous les moyens, de convaincre les individus que ce sont eux qui ont tort d'exiger de la finance ce qu'elle ne peut donner. Propagande qui veut faire croire, et réussit à faire croire, que la monnaie et le système financier, national ou mondial, sont des phénomènes naturels, des forces de la nature, providentielles, qu'il faut accepter telles qu'elles sont et qu'il est vain de vouloir asservir.

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 10:34

Archaïsme de l'économie contemporaine
W.G. SERRA, 1950

   Depuis quatre millénaires, l'humanité civilisée vit sur cette idée archaïque, simpliste et aujourd'hui positivement absurde, que, pour échanger deux marchandises, il faut nécessairement passer par l'intermédiaire d'une troisième, la monnaie, la “marchandise par excellence”.
   Ainsi, dès l'origine, la monnaie a été considérée à la fois comme l'équivalent des objets économiques, biens et services à échanger; mais aussi, par un phénomène curieux de concrétisation fondamentalement fallacieuse, comme la “mesure” de leurs valeurs et un signe représentatif pratique de ces valeurs.
   Il en est toujours de même, au milieu de notre XXe siècle, (et même du XXIe siècle !) bien que la monnaie ait pris des formes nouvelles très différentes - particulièrement depuis cent ans, et surtout depuis la Première Guerre Mondiale, lorsque furent retirées de la circulation les monnaies de métal précieux, et que fut décrété le cours forcé des billets, tandis que, se substituant aux monnaies réelles, se développait aussi partout, sur une échelle sans cesse accrue le Crédit bancaire et l'usage de ses instruments (traites, lettres de change, acceptations, virements et chèques, cartes de crédit) qui, sans être monnaie à proprement parler puisqu'ils n'ont qu'une acceptabilité limitée, en remplissent pourtant la fonction et peuvent être mues en monnaie, “en argent”, au gré du client:
   Il est impossible de sous-estimer l'importance du Crédit bancaire qui intéresse les neuf-dixièmes de toutes les transactions : elle est capitale. C'est une création spécifique du Système Bancaire, une création continue, toujours plus importante, dont dépendent entièrement l'industrie et le commerce et, au travers de ces derniers, la collectivité tout entière, y compris l'Etat. Mais c'est une création exprimée en termes de l'unité monétaire réelle, faite à titre onéreux pour l'emprunteur et considérée par le système bancaire comme sa propriété, dont il trafique comme d'une marchandise réelle, telle la monnaie réelle. Par le truchement des encaisses et réserves bancaires qui limitent le volume des instruments de crédit et des dépôts bancaires, le crédit bancaire était étroitement lié à son support qui était l'or.
   Qu'on réfléchisse un instant à ces faits. Il faut évidemment des moyens de paiement. Mais, comme il sera démontré plus loin, en utilisant la monnaie actuelle (sous toutes ses formes), le public, bien qu'il ne s'en aperçoive pas, est toujours astreint, comme par le passé et comme dans le passé le plus lointain, à cette complication conventionnelle, primitive, suprêmement baroque et inutile, de passer par une chose matérielle rare, une marchandise rare, la monnaie, - maintenue artificiellement rare par ceux qui la contrôlent et en trafiquent - dont la valeur propre varie elle-même constamment, et cela pour échanger des biens et des services toujours plus abondants.
   Il en résulte qu'aujourd'hui, malgré les infinies possibilités des progrès techniques, la surabondance des ressources naturelles inexploitées et de la main-d'œuvre inutilisée (puisqu'il existe partout du chômage), l'on s'interdit d'échanger, de consommer et de produire, sous prétexte que cette “marchandise par excellence” n'existe pas en quantité suffisante. En fait, parce qu'elle est volontairement maintenue en quantité insuffisante.
   Et ainsi c'est la monnaie, dont l'abondance relative ou la rareté - surtout la rareté - dépend uniquement de ceux qui la contrôlent et la créent, c'est la monnaie qui conditionne la production et la consommation, alors que ce devrait être l'inverse.
   L'on ne produit pas, non pas parce que les moyens techniques de produire, la matière brute et les hommes nécessaires, n'existent pas; - mais simplement, parce que l'argent fait soi-disant défaut, résultat direct de l'action du système bancaire et de son application rigoureuse du principe rappelé plus haut et des postulats de l'Économie orthodoxe.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:49

L'Evolution humaine
W.G. SERRA, 1950

   Quand nous disons que les hommes d'Etat doivent faire un “choix”, nous ne voulons pas douter que l'option soit une décision en faveur de la deuxième alternative, qui est seule dans le véritable sens de l'évolution humaine, dans le sens d'une spiritualisation de l'humanité, d'un réel progrès moral, établissant enfin, entre le matériel et le spirituel, un équilibre, une harmonie nécessaire, que la Chrétienté semblait devoir établir, mais n'établit jamais.
   Considérons brièvement l'évolution de l'humanité.
   En gros, la paléontologie humaine et la préhistoire fournissent la preuve que, depuis le Paléolithique ancien, cette évolution s'est faite dans le sens d'un développement beaucoup plus psychique que physiologique. Mais l'esprit humain s'est appliqué beaucoup moins à comprendre l'essence de la nature hostile, - la nature extérieure dont l'homme à d'abord déifié les forces qu'il a cherché à se propitier, - qu'à inventer les moyens matériels de les vaincre.
   Ainsi, le développement psychique de l'homme a surtout été marqué par l'invention et le perfectionnement graduel de ses outils, de ses techniques, de ses industries, - étages ou paliers qui correspondent à des stades de perfectionnement cérébral sans doute, mais où les progrès réalisés, beaucoup plus matériels que spirituels, indiquent que l'homme est resté toujours beaucoup plus préoccupé, sinon entièrement dominé, par la matière et le côté matériel de la vie, tandis qu'il n'attachait qu'une importance secondaire et académique à la connaissance de sa propre nature, sur laquelle il s'interroge encore, et au soin de son perfectionnement.
   Autrement dit, notre “civilisation” est surtout faite des acquisitions des techniques. L'âme et l'esprit des hommes, en dehors de rarissimes échantillons d'également rares élites, ne témoigne, depuis le plus lointain passé, d'aucune modification vraiment essentielle dans le sens d'un progrès moral. En quoi, en effet, les préoccupations morales de l'homme actuel sont-elles supérieures à celle de l'Homo Sapiens Fossilis de l'Aurignacien ou du Magdalénien, ou, plus près de nous, de l'Homo Sapiens de l'Enéolithique ? Peut-on dire que ses instincts soient différents, mieux disciplinés ? Ils témoignent toujours de la même barbarie ancestrale, mal camouflée par le masque de la “civilisation”, et rien ne distingue les camps de concentration ou de “rééducation sociale” des Soviets et des chinois (qui, comme chacun sait, se targuaient d'être à l'avant garde de la civilisation), de l'esclavage le plus barbare.
   L'homme n'a pas encore appris à régler ses différends privés ou nationaux par le seul usage de sa raison, d'une manière digne d'un esprit vraiment civilisé, logique, compréhensif; tolérant, charitable, - puisqu'il recourt encore toujours, dans la plupart des cas, à la violence, à la force brutale, comme argument suprême. La guerre moderne, avec avions, blindés et bombes atomiques, n'est pas moins sauvage, pas moins bestiale, pas moins indigne de l'homme, que les premiers corps-à-corps à coups de poignards de silex, de massues, ou de piques.
   La question se pose alors : Pourquoi les techniques sont-elles si en avance sur le spirituel et le moral ? Pourquoi cette sorte d'incompatibilité logique entre l'objectif implicite poursuivi par l'homme dans le développement des techniques et de l'association au stade où elles sont parvenues, et la morale au stade où elle se traîne ? Pourquoi ce déséquilibre effarant ?
   N'est-ce point parce que l'homme, toujours enchaîné à ses instincts matériels ancestraux, à sa nature matérielle, asservi surtout à son égoïsme et à sa cupidité, n'a pas encore réellement pris conscience de sa nature spirituelle, n'a pas réussi encore à concevoir la vie sur un plan plus élevé, ni autrement que comme une lutte âpre, le plus souvent violente, une concurrence impitoyable, au lieu d'une mesure de coopération et de solidarité et une œuvre de l'esprit ?
   Mais n'est-ce point aussi parce que l'homme n'a jamais été mis à même de bénéficier, pour son progrès moral, des conditions matérielles nouvelles et meilleures qu'il créait ?
   N'est-ce point parce que les avantages sans cesse accrus de l'association humaine sont restés jalousement l'apanage de minorités privilégiées, n'ont jamais été étendus aux multitudes ? Parce qu'ils n'ont jamais été utilisés comme le moyen de développer l'individualité humaine, de provoquer son épanouissement et son perfectionnement, mais qu'ils sont restés au contraire une fin matérielle en soi, pour le bénéfice d'un petit nombre ?
   L'on voit bien que les réalisations matérielles qui, avec le progrès, auraient dû logiquement libérer l'homme dans toutes les directions, et permettre une évolution spirituelle toujours plus large de chaque individu, le développement de son individualité, l'ont au contraire ré-asservi, non pas tellement par le détour nécessaire de l'association, de l'organisation toujours plus disciplinée, la régimentation toujours plus stricte et plus exigeante que requièrent des techniques et une production toujours plus mécanisées, mais par le détour de l'argent, du salaire et des prix.
   Et l'on voit qu'il en est ainsi par l'effet de deux causes majeures: la confusion quasi-constante de la fin et du moyen, la confusion des choses et de leurs symboles que Platon stigmatisait déjà il y a vingt-cinq siècles; et singulièrement par l'application, dans le domaine économique des relations humaines (des hommes entre eux, des nations entre elles), - dans ce domaine où se créent les avantages dont tous les individus et chacun en particulier devraient être les destinataires et les bénéficiaires, - l'application d'une conception fondamentalement erronée, matérielle et matérialiste de la nature de la valeur ravalée à une équivalence matérielle, et d'une conception erronée de la nature et de la fonction de l'argent.
   C'est pourquoi l'évolution humaine témoigne aujourd'hui d'une si évidente régression, à une allure toujours accélérée, vers un stade qui ne diffère pas essentiellement d'un palier antérieur de l'évolution humaine où l'homme était encore l'esclave des forces extérieures naturelles et de ses propres instincts à la fois.
   En cela, l'Homo Sovieticus et l'Homo Sinensis, produits du matérialisme perfectionné par le marxisme-léninisme-stalinisme-maoïsme, comme aussi bien l'Homo Oeconomicus façonné par les exigences et la logique du capitalisme contemporain, constituait et constituent des régressions identiques, également graves, dans le développement humain.
   Ces deux types évolutifs contemporains cheminent parallèlement et directement à l'encontre du courant naturel de la véritable évolution humaine, laquelle, en effet, ne se conçoit logiquement que le long de deux directions conjuguées de même sens, étroitement liées et interdépendantes:
 - par le perfectionnement de ses techniques, affranchissement de l'individu de son asservissement matériel originel aux forces de la nature extérieure;
 - par la réalisation de la justice sociale exigeant, postulant une nouvelle économie, une nouvelle formule de distribution, affranchissement spirituel et moral de l'individu de son asservissement originel aux instincts ancestraux de sa propre nature matérielle.
   Il semble bien que c'est dans le fait de cette régression, évoquée ci-dessus, qu'il faut voir 1a raison pour laquelle le monde occidental, après avoir acquis sur la planète entière une suprématie matérielle indiscutée, mais en dépit de ses succès matériels, perd, avec son ancien prestige, la direction spirituelle du monde à laquelle il prétendait, parce qu'il a perdu et continue de perdre le peu de spiritualité dont le Christianisme avait paru pourtant devoir le doter.
   Pour retrouver ce prestige aujourd'hui contesté et si gravement compromis, et cette direction spirituelle qui lui échappe, il est clair qu'il ne peut plus compter sur ses fascinantes découvertes, ni ses techniques de production matérielle, ni sa systématique d'organisation et de planification qui dévaluent l'individu au lieu de lui donner plus de prix.
   Pour se dégager d'un matérialisme qui désintègre rapidement, qui transmute la personne humaine, ce dont le monde occidental a le plus pressant besoin pour lui-même et pour le bien des autres peuples de la terre, c'est d'un principe nouveau, d'une idée nouvelle et féconde, qui transforme toute l'économie et la mette réellement au service de l'homme; une idée qui réalise la vraie justice sociale par la répartition équitable à chacun de sa part légitime des avantages de l'association humaine, et qui fasse du progrès matériel non la fin qu'il est devenu, mais le moyen du développement spirituel tant retardé de l'homme, le moyen de l'expansion de son individualité et de sa véritable libération.
   La dématérialisation de la notion de valeur, son arithmétisation, est cette idée simple, dont les conséquences sont immenses.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:42

Le vrai remède:
Procéder à une refonte totale de l'économie

                                                            W.G. SERRA, 1950

  C'est pourquoi, la toute première mesure vraiment politique à prendre est de donner à chaque individu personnellement un intérêt tangible à défendre, une réalité concrète, substantielle, pour laquelle il consentira alors, mais alors seulement, de combattre et de faire les sacrifices qu'il comprendra nécessaires.
  Cet intérêt tangible, ce n'est pas une confuse propriété collective des moyens de production et de la propriété tout court qui, pendant soixante dix ans, n'a rien donné de plus aux masses populaires soviétiques, qui depuis plus de cinquante ans n'a toujours pas apporté le bonheur aux masses populaires chinoises, nord coréennes, cubaine..., lesquelles continuent elles aussi de peiner sans espoir, jour après jour, aux frontières de la misère. Ce sont là d'ineptes fariboles.
   Ce n'est pas un minimum dit “vital”. Ce ne sont pas des “conventions collectives”. Ce n'est pas une vague “association capital-travail”. Ce ne sont pas des “pools” d'aucune sorte. Toutes ces choses ne sont que des leurres stupides dans le cadre économique actuel, qui ne remédient en rien au vice fondamental de l'Économie, mais la tiennent au contraire, implicitement, pour toujours bonne et valable.
 
   L'intérêt de chaque individu, et le seul vrai, c'est le moyen qui est strictement financier d'acquérir aujourd'hui, tout de suite, une part équitable des avantages actuels de l'association humaine qu'est la nation. C'est, comme le disait sans équivoque une Encyclique célèbre, “un certain degré d'aisance et de culture”, non pas pour quelques-uns, mais pour chaque ouvrier, pour chaque travailleur, qui soit le résultat d'une répartition équitable “en suffisante abondance pour satisfaire aux besoins d'une honnête subsistance, de TOUS les biens que les ressources de la nature et de l'industrie, ainsi que l'organisation vraiment sociale de la vie économique, ont le moyen de procurer à tous et à chacun des membres de l'organisme économique et social”.
 
   Lorsque chaque individu aura ce quelque chose de tangible à défendre qui matérialisera son intérêt personnel dans la société où il vit, qui sera sa part bien à lui, indiscutable, incontestée, des avantages de l'association humaine; lorsque l'on fera passer dans les faits et la réalité quotidienne du domaine économique, la fraternité humaine qui est un autre nom de la charité (nous avons dit qu'il faut considérer une nation comme une grande famille, au sens le plus strict du mot), alors, mais alors seulement, les “œuvres” répondront à la foi perdue, mais retrouvée; l'Occident redeviendra lui-même et ré-assumera la direction spirituelle, qu'il a aujourd'hui perdue, d'un monde véritablement libéré, d'un monde libre.
   C'est pourquoi, en marge d'efforts de réarmement préventif qui peuvent être multipliés sans peine par 6 ou par 10 dans chaque grande nation, grâce à une réforme fondamentale de l'économie, il est impératif que chaque Gouvernement, dont le rô1e est de prévoir, aborde résolument le problème capital, le seul vrai problème de notre temps, celui de la non-validité de l'économie actuelle, et de la nécessité de sa refonte totale.

   C'est la condition primordiale de l'instauration de la justice sociale qui est à son tour la condition fondamentale de la paix intérieure comme de la paix extérieure, et la seule vraie défense, la seule riposte vraiment efficace aux entreprises de subversion totale du communisme, du trotskisme et de l'Islamisme. Et l'on verra alors que les armements sont parfaitement inutiles; toutes les nations de la terre réformeront leur économie sur la même base scientifique.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:39

La foi que le monde occidental a perdue
W.G. SERRA, 1950

 

  Certains appellent de leurs vœux un homme miraculeux, - un homme politique évidemment ! - qui insufflerait magiquement à nos concitoyens, - et pourquoi pas à 350 millions d'européens, à l'humanité toute entière, - avec une foi politique nouvelle dans leur destin, une volonté de résistance. Car ils constatent que ce qui manque tout d'abord le plus aux masses du monde dit “libre” - mais toujours pas économiquement ! - c'est une foi, et la conviction de la nécessité de lutter pour défendre ce qu'elle représente, la volonté de lutter contre le communisme ou le trotskisme, - et maintenant l'islamisme, - qui veulent y substituer leur propre foi et leurs lois.
  Mais ils oublient que le monde Occidental avait une foi, et que si les masses l'ont progressivement perdue, c'est que, dans le domaine économique et social, les “œuvres” de cette foi ont cessé progressivement d'être en harmonie avec elle.
   Ils oublient que si les masses ont perdu la foi dans la valeur de la conception occidentale de l'homme, l’humanisme prêché par les hommes du siècle des Lumières, et de ses rapports avec la société; si elles ont perdu la volonté de combattre et de survivre dans leur organisation sociale traditionnelle, c'est précisément parce qu'elles ont trop souvent fait, dans le passé tout récent, l'expérience amère que les sacrifices qu'elles ont consentis dans la guerre et dans la paix ne leur ont servi à rien, ne leur ont jamais rapporté autre chose que désillusions et souffrances. Ce sont elles, en effet, qui payent toujours du sang de leurs fils, de la ruine de leurs pauvres biens, de leur labeur insuffisamment payé, d'une vie matérielle toujours plus difficile, inquiète, aux frontières de la misère, ce sont elles qui payent les frais des guerres anciennes et actuelles dont elles voient bien que seule une minorité politicienne et financière, comme par hasard mais toujours, bénéficie et retire, quoi qu'il arrive, tous les avantages. La paix revenue, les multitudes entendent toujours les mêmes discours emphatiques et vides, les mêmes appels pathétiques à des sacrifices nouveaux, à des efforts accrus pour retrouver une prospérité qu'on leur assure certaine, toute proche, pour demain, mais qui s'éloigne jour après jour, comme un mirage. Ecœurante et hypocrite comédie dont les multitudes sont blasées et dégoûtées.
   Ces multitudes se prennent alors à réfléchir: qu'ont-elles réellement à défendre ? Leur condition misérable ? La perpétuation d'un système de frustration ? Allons donc ! Le piège et l'appât sont maintenant trop connus : nul n'y mord plus.
   Hélas, c'est justement sur ces masses désabusées qu'il faut compter pour défendre le monde dit “libre”. Le feront-elles? Dans quelle mesure ? Car, à quoi serviraient le matériel, les armes, si ceux qui doivent les utiliser, persuadés qu'ils n'ont rien à gagner, aucun intérêt individuel à défendre, mais tout à perdre puisqu'un grand nombre y perdraient certainement la vie qui est leur seul bien, sceptiques, las de vaines promesses jamais tenues, mais l'oreille tendue à d'autres qui les tentent. Ces masses ont-elles décidé de se croiser les bras ?

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:30

Malfaisance et frustration
W.G. SERRA, 1950

 

   Dans l'application universelle de la théorie économique contemporaine, sous sa forme capitaliste à l'Ouest ou sous sa forme collectiviste à l'Est (car ce ne sont là que deux visages différents, deux modes différents d'application, des mêmes principes fondamentaux archaïques et erronés), nous avons à chaque instant la preuve que, loin d'être subordonnée aux faits et aux hommes, - comme elle le devrait, - cette théorie veut au contraire faire plier les hommes et les faits à ses principes, prétention contre nature qui la condamne sans appel.
   Sa malfaisance, née de l'impossibilité où elle est de s'adapter au progrès, d'en faire bénéficier les multitudes et chaque individu en particulier; l'impossibilité où elle est de satisfaire même les aspirations les plus modestes et les plus légitimes du plus grand nombre; son incapacité à réaliser la justice sociale; - tous ces faits impliquent, si elles n'étaient déjà par ailleurs rigoureusement démontrées, les erreurs fondamentales de ses principes. Car, si ces principes étaient corrects et conformes à la nature des choses, les faits cadreraient toujours avec l'application de la théorie, dont la validité serait ainsi justifiée par la satisfaction générale qui en résulterait.
   Le test de la validité d'une théorie gît dans les résultats des expériences qui en sont faites. L'économie actuelle est, non seulement désespérément archaïque, inique, incohérente; elle prouve chaque jour son inadaptabilité totale aux conditions nouvelles d'un monde nouveau en pleine transformation accélérée; et elle est inadaptable, parce qu'elle est FAUSSE.
   Il faut nécessairement l'abandonner, comme on abandonne toute théorie reconnue fausse. Il n'y a pas de théorie sacro-sainte, et la théorie économique actuelle ne l'est pas plus qu'aucune autre. Il faut donc en rénover les principes mêmes, son éthique et l'application qui doit en être faite par la technique financière.
   Cette refonte totale de l'Économie, qui constitue une révolution économique sans précédent dans l'histoire humaine, est non seulement impérieusement nécessaire, elle l'est d'une manière urgente, dans chaque nation en particulier, et singulièrement dans le monde Occidental, en raison de la conjoncture actuelle et de l'opposition, de toute évidence irréductible, entre l'Est et l'Ouest. Dans cette guerre perlée, le communisme seul, fatalement et logiquement, marquera des points, tant que durera, par l'application d'une théorie financière périmée et fausse, la frustration des masses des avantages de l'association humaine auxquels ces masses ont légitimement droit. L'aliment du communisme et du trotskisme en Occident, la raison de ses anciens succès, c'est cette frustration.

      La réforme économique, affaire strictement nationale

   Mais, à l'inverse de la fausse et frauduleuse économie contemporaine,- qui nécessite “l'entente” internationale des gouvernements sous la pression de ceux qui contrôlent suprêmement la finance et le crédit; - qui entraînent la soumission des nations dépossédées de leur or à celles qui l'ont accaparé et dont elles dépendent aujourd'hui pour leur crédit; - la réforme à réaliser ne présuppose pas nécessairement, et n'est pas nécessairement conditionnée par une entente internationale quelconque.
   Sans doute, les nations du Pacte de San Francisco et de la Charte ont-elles convenu de réaliser la coopération internationale pour la solution des problèmes internationaux d'ordre économique et social. En fait, aucune solution n'est intervenue encore, parce qu'aucune n'est possible dans le cadre de la théorie d'économie contemporaine.
   Par ailleurs, les nations ne se sont pas interdites d'être logiques, ni de porter remède individuellement, chez elles, à des situations devenues sans issue. Elles se sont même engagées individuellement à
 “favoriser le relèvement du niveau de vie, [...] et les conditions de progrès et de développement dans l'ordre économique et social”. (Charte, article 55.)
   La réforme de l'économie est donc l'affaire de chaque nation, individuellement, qui peut décider souverainement pour elle-même; et c'est affaire à la fois d'intelligence, de sagesse et d'honnêteté morale de la part des hommes d'Etat responsables.
   Qu'importe que d'autres nations - (ou plus exactement, leurs gouvernements apparents et leurs conseillers, sous l'inspiration occulte de ceux qui contrôlent effectivement la finance actuelle) - désapprouvent, répudient ce qui est logique et de raison, et choisissent ainsi la mort, car la continuation de l'application de l'économie actuelle ne signifie pas autre chose pour une nation que le suicide ? Qu'importe que des aveugles s'obstinent à se laisser conduire par d'autres aveugles et tombent ensemble dans la fosse, - la fosse du chaos économique, politique et social le plus effroyable de tous les temps, le chaos de la guerre apocalyptique que promet l'utilisation de la bombe atomique et des armes secrètes modernes, cette guerre que nous voyons préparer ouvertement sous nos yeux, à l'Est comme à l'Ouest ? Est-ce une raison pour les suivre ?
    Arguer de ce que le mal économique et le malaise social sont universels, pour décider qu'une action ne peut être entreprise que sur le plan international, c'est renoncer à toute indépendance de l'esprit, à toute saine raison, comme à toute souveraineté nationale. Puisque ce mal et ce malaise sont universels, ils existent nécessairement dans chaque nation en particulier; et chaque nation individuellement a le devoir de remédier à cet état de choses chez elle d'abord. Devoir impérieux vis-à-vis de chacun de ses membres, et tâche historique. Quand toute une famille est gravement malade et en danger de mort, c'est chaque membre qui veut vivre qui prend le remède convenable: il n'attend pas l'accord des autres.

    Seule, la technique financière est en faute

   Considérons les choses telles qu'elles sont. Alors que, dans chaque nation civilisée et plus particulièrement dans chaque grande nation du monde occidental, les techniques de production et le génie inventif des hommes ont déjà virtuellement créé un monde matériel nouveau où toutes les réalisations d'une vie matérielle - (et, par là, potentiellement spirituelle) - infiniment plus riche, sont réalisées, susceptibles de transformer complètement la condition des travailleurs, de supprimer la misère et la condition prolétarienne, - bouillon de culture du communisme et fruit d'une ancienne et traditionnelle mal distribution, - alors donc qu'existent toutes les conditions qui peuvent faire du monde nouveau en gestation un monde meilleur pour chaque individu, SEULE la technique financière actuelle de distribution et de répartition, dont le seul agent est la monnaie et le crédit, reste inadaptée et radicalement inadaptable à ce monde nouveau né des autres techniques.
   Seules, la finance et sa technique barrent l'accès de ce monde nouveau aux multitudes qui en sont les artisans. Et il n'est pas inutile de souligner ici que c'est très injustement que le patronat et la propriété privée des moyens de production, que la libre entreprise et le profit, sont tenus responsables de l'inefficacité, de la carence, de la malfaisance de cette technique financière frauduleuse. Sa faillite est due uniquement au fait qu'elle met en œuvre et applique rigoureusement des postulats et des principes faux. Patrons et producteurs, quels qu'ils soient, ne produisent que la substance des biens et des services; ils ne produisent pas l'argent ni le crédit qui servent à acheter, à distribuer, à répartir, et qui sont exclusivement création bancaire, production du système financier.
   II faut donc se rendre à l'évidence de cette constatation que, dans chaque nation en particulier, l'élimination du mal économique et du malaise social; l'abolition de la condition prolétarienne et du prolétariat, comme seule alternative au communisme; l'instauration et l'affermissement de la paix intérieure - première condition de la paix entre les nations - par la réalisation pratique de la sécurité économique réelle et permanente de chaque individu, - ne sont possibles que par l'élimination de la cause fondamentale des maux présents, laquelle gît dans les principes mêmes de la théorie économique appliquée aujourd'hui.
   Il n'est pas concevable que, SEULE parmi toutes les théories appliquées par les hommes, et parmi toutes les créations humaines, la technique financière actuelle de distribution, fondamentalement erronée, puisse continuer ses ravages sans qu'elle soit mise en question et corrigée.
 Après tout, les hommes et les faits, qui sont plus forts que toutes les théories, se chargeront tôt ou tard, mais nécessairement quelque part, dans une nation particulière, de la modifier - mais de quelle façon tragique, et au prix de quels bouleversements ? Et cette remarque vaut pour le monde de l'Est comme pour le vieux monde Occidental.
   Puisqu'il faudra de toute façon, un jour, se soumettre à la logique et, vaille que vaille, opérer une réforme, ne vaut-il pas mieux y procéder aujourd'hui avec calme et sang-froid, plutôt que dans la confusion, la subversion et la ruine de toutes choses, dans un avenir prochain ?

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:26

Les pseudo-problèmes
W.G. SERRA, 1950

 

    Il est normal qu'un problème auquel on applique à la fois une mauvaise méthode et une théorie erronée, non seulement reste sans solution, mais soulève constamment des difficultés nouvelles, des contradictions, des incohérences, et crée des problèmes nouveaux, des pseudo-problèmes, tout aussi insolubles.
   Aucune nation ne pouvant résoudre seule ses propres problèmes, toutes pensent naïvement pouvoir y arriver, non pas (comme il serait logique) en vérifiant d'abord la validité de la théorie et de la méthode d'application, mais en étendant ces problèmes à des aires plus vastes. Assez curieusement; du reste, l'on observe que cette méthode est employée dans d'autres domaines contigus de l'économie: l'on ne résout plus les problèmes, on les ETEND, on crée des commisssions, on multiplie les rapports. Cela permet d'user l'impatience et le mécontentement des individus et de donner le change sur l'absence de solution.
 N'est-ce pas un fait digne de remarque et d'attention, que le communisme, aussi orthodoxe du point de vue théorie et pratique financière que le capitalisme occidental, loin de chercher à supprimer la condition prolétarienne - ce qui lui était impossible - avait comme premier objectif de l'étendre, au contraire, à la planète entière; et, paradoxalement, a rencontré dans l'application de cette méthode un succès évident, non par la qualité de sa doctrine, mais parce que, conséquent avec lui-même, il ne pouvait subsister que par l'exploitation astucieuse du mécontentement, de la haine et de la violence.
   Quoi qu'il en soit, c'est grâce à ce procédé d'extension perpétuelle des problèmes que sont nés le Benelux, le Fritalux (!) alias Finebel (! !); les dix-huit états de l'O.E.C.E. ; l'Union Européenne qui regroupe maintenant 27 états, créations paradoxales et absolument vaines dans le cadre de l'Économie actuelle, parce qu'elles ont pour objet, non pas la rectification des erreurs de la théorie économique en vue d'assurer la prospérité dans la paix et le progrès technique; non pas la suppression des maux sociaux résultant de l'application de cette théorie fondamentalement fausse; - mais bien des mesures d'auto-défense du système financier, pour sa sécurité propre et la continuation de l'application de cette économie fausse.
   Malheureusement pour lui, le contrôle pratique de masses sociales toujours plus grandes par le truchement de la finance s'avère chaque jour plus difficile, plus impossible, en raison même des vices internes de la théorie appliquée et de la fausseté de ses postulats.
   Les hommes d'Etat ne réfléchissent pas (sans doute ne peuvent-ils penser à tout et moins encore, semble-t-il, à l'essentiel), que l'addition d'impossibilités qui proviennent toutes des mêmes causes ne pourra jamais faire disparaître ces impossibilités. Quand trois boiteux isolés, claudiquant péniblement sur une route (Benelux), ou cinq boiteux (Fritalux, alias Finebel), ou dix-huit boiteux (nations de l'O.E.C.E., Organisation Européenne de Coopération Economique), - et maintenant 27 (U.E., Union Européenne)!, - décident de se donner le bras dans l'espoir de supprimer leur claudication et d'arriver plus rapidement et plus aisément à la ville, le résultat n'est pas qu'ils ne boiteront plus, mais simplement - dans le cas le plus favorable - qu'ils boiteront en cadence; ou, ce qui est plus probable, qu'ils se gêneront mutuellement davantage et que certains tomberont. Et les béquilles américaines ont peu de chance de leur être de quelque secours.
   Quels sont, du point de vue des masses travailleuses, de la justice sociale, les résultats du Benelux ? de l'O.E.C.E. ? de l'U.E. ?

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:23

Étalons monétaires matériels variables
W.G. SERRA

  Dans ce système économique, enfin, et en raison de ses postulats, chaque pays se voit dans l'impossibilité absolue de maintenir son étalon monétaire matériel fixe et invariable. Les dernières dévaluations en chaîne, - après tant d'autres d'un passé tout récent (depuis 1928 en France), et tant d'autres plus anciennes, que l'histoire rapporte, nous placent devant ce dilemme:
   - ou bien, si l'étalon doit rester fixe, il faut se résigner à limiter arbitrairement le crédit. Mais la chose est incompatible avec les progrès techniques constants, avec un rythme de production accru, avec une productivité sans cesse améliorée, avec un accroissement généralement continu de la population, avec la poursuite du “plein emploi”, avec une politique sociale d'amélioration des conditions de vie, avec l'augmentation constante des taxes et des impôts, avec l'augmentation des prix du secteur nationalisé (gaz, électricité, transports, etc.), avec une augmentation nécessaire des salaires; avec une politique de production pour l'exportation, une politique de reconstruction, et maintenant de ré-armement. Et dans ce cas, dans une situation si contradictoire, et si paradoxale, la monnaie n'est pas et ne peut jamais être la mesure des valeurs créées, et ne peut prétendre à les représenter correctement.
   - Ou bien, si l'on veut suivre le rythme du progrès et obéir aux impératifs politiques et économiques, tout en ne satisfaisant jamais aux exigences de la justice sociale ni du bien commun, il faut se résoudre à une inflation inévitable; mais, du même coup, renoncer à la fiction d'un étalon, à sa fixité, à son invariabilité, - et la technique financière est alors la seule de toutes les techniques humaines qui aurait un étalon variable, sans cesse décroissant.
   Mais, dans ce cas, cela signifie un système qui, comme il l'est bien en effet, n'est que FRAUDE, INIQUITE et ARBITRAIRE, profitable seulement à ceux qui créent, manipulent, contrôlent et trafiquent de la monnaie; à leurs amis de l'industrie et du commerce les plus puissants, et à leurs compères politiciens.
    Dans l'un et l'autre cas, le système financier contemporain que nous appliquons est FAUX.
   En continuant de l'appliquer, chaque nation ne fait pas autre chose qu'utiliser des expédients frauduleux, précaires, toujours plus incohérents; s'abuser elle-même, s'enfoncer dans une situation toujours plus inextricable, s'abîmer dans le chaos économique et social le plus complet qui va conduire à une révolution peut-être universelle !

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 16:00

Le Chaos économique mondial

                      fruit de l'incohérence de l'économie contemporaine
                                                    
W.G. SERRA, 1950

  Depuis trois décades, - et maintenant au XXIe siècle depuis huit décades ! - et d'année en année toujours davantage, l'Économie mondiale, comme celle de chaque pays en particulier, sombre dans le chaos. Il est impossible de nier le fait.
  Toujours basée sur le principe archaïque de l'équivalence, sur le postulat erroné que la monnaie est la mesure des valeurs ET un signe représentatif de celle-ci, utilisant un étalon matériel qui, en France et dans d'autres pays, tend vers zéro - l'Économie contemporaine, système archaïque que nous appellerons babylonien pour rappeler ses origines, a depuis longtemps dépassé la limite extrême d'une application tolérable - pour autant qu'un système aussi fondamentalement faux, frauduleux et inique ait jamais été tolérable.
   Il lui est absolument impossible de faire bénéficier rationnellement et équitablement les masses humaines des avantages, toujours plus nombreux, nés des progrès techniques, du travail et de la coopération d'innombrables générations d'hommes - avantages qui ne devraient pas être le privilège quasi-exclusif d'un petit nombre, mais le lot normal de chaque être humain.
   En d'autres termes, l'Économie contemporaine est universellement incapable de résoudre le paradoxe de la misère au milieu de l'abondance. Cette remarque est vraie de tous les pays du monde indistinctement, même des Etats Unis d'Amérique, dont toute une propagande intéressée et des observateurs naïfs et superficiels vantent la “prospérité”.

   Déficience du "pouvoir d'achat"
   Question de plus en plus à l’ordre du jour !
   Le système archaïque, qu'est notre économie contemporaine, est ensuite complètement incapable de résoudre le problème universel du déséquilibre entre les salaires et les prix, - que ni les conventions collectives en France et ailleurs, ni les primes d'aucune sorte, ni la participation ouvrière aux bénéfices (alias “association capital-travail”, qui était le slogan du R.P.F. français), ni une productivité accrue (voyez l'exemple américain), ne modifieront, - parce que ce problème est radicalement insoluble dans le cadre des principes de L'Economie actuelle, et qu'il est d'ailleurs mal posé.
   En effet, à tout moment quelconque, la collectivité, pour acheter ce qu'elle produit, ne possède que la fraction, du prix des biens et des services qu'elle produit, qui correspond aux salaires qu'elle reçoit au cours de la production. Elle ne reçoit rien de cette autre fraction toujours plus importante du prix, qui est représentée par des ajustements financiers de comptes sous forme de chèques, virements, écritures, etc., lesquels se rapportent à des dépenses passées ou à venir, des frais généraux, dépréciations, intérêts bancaires ou autres, taxes, publicité, etc., et qui, au même moment considéré, ne constituent en aucune façon, pour la collectivité, du “pouvoir d'achat” disponible pour payer les prix des biens et services produits, agrégat de ces deux fractions.
   Cette remarque est non seulement vraie de chaque industrie ou entreprise quelconque, individuellement, à tout moment donné, mais elle est vraie de toutes en bloc, de toute production à ce même moment. Elle est vraie, en outre, de chaque article en particulier.
   Ainsi, à tout moment: le taux auquel la monnaie (sous toutes ses formes) est distribuée à la collectivité par les divers canaux de l'industrie ou de l'activité humaine; - et qui forme les revenus de cette collectivité, - est toujours, dans l'application courante du système de création des prix, INFERIEUR au taux auquel naissent les prix eux-mêmes.
   Et dans le cadre de l'Économie actuelle, qui ne peut compenser la déficience résultante, l'équilibre des salaires et des prix est un problème qui ne peut JAMAIS recevoir de solution. Ce problème, qui est capital pour la réalisation de la justice et de la paix sociales, n'a de solution que dans une rénovation totale de l'Économie à partir de ses principes les plus fondamentaux.

    Les échanges internationaux
   Le système économique contemporain est, par ailleurs, incapable de rétablir des échanges normaux entre nations: on voit bien, par les difficultés avouées de l'O.E.C.E. anciennement, et de l'OMC actuellement, par exemple, comme il y a loin, en cette matière, de la coupe aux lèvres. Et, loin de considérer comme un bienfait la restauration, pourtant lente et freinée, de certaines économies, - par exemple, celles anciennement de l'Allemagne et du Japon, et actuellement de la Chine et de l'Inde, - l'on redoute déjà au contraire un retour à des conditions de vie économiques moins anormales dans ces pays comme une dangereuse menace pour d'autres économies.
    Étalons monétaires matériels variables
  Dans ce système économique, enfin, et en raison de ses postulats, chaque pays se voit dans l'impossibilité absolue de maintenir son étalon monétaire matériel fixe et invariable. Les dernières dévaluations en chaîne, - après tant d'autres d'un passé tout récent (depuis 1928 en France), et tant d'autres plus anciennes, que l'histoire rapporte, nous placent devant ce dilemme:
 - ou bien, si l'étalon doit rester fixe, il faut se résigner à limiter arbitrairement le crédit. Mais la chose est incompatible avec les progrès techniques constants, avec un rythme de production accru, avec une productivité sans cesse améliorée, avec un accroissement généralement continu de la population, avec la poursuite du “plein emploi”, avec une politique sociale d'amélioration des conditions de vie, avec l'augmentation constante des taxes et des impôts, avec l'augmentation des prix du secteur nationalisé (gaz, électricité, transports, etc.), avec une augmentation nécessaire des salaires; avec une politique de production pour l'exportation, une politique de reconstruction, et maintenant de ré-armement. Et dans ce cas, dans une situation si contradictoire, et si paradoxale, la monnaie n'est pas et ne peut jamais être la mesure des valeurs créées, et ne peut prétendre à les représenter correctement.
 - Ou bien, si l'on veut suivre le rythme du progrès et obéir aux impératifs politiques et économiques, tout en ne satisfaisant jamais aux exigences de la justice sociale ni du bien commun, il faut se résoudre à une inflation inévitable; mais, du même coup, renoncer à la fiction d'un étalon, à sa fixité, à son invariabilité, - et la technique financière est alors la seule de toutes les techniques humaines qui aurait un étalon variable, sans cesse décroissant.
    Mais, dans ce cas, cela signifie un système qui, comme il l'est bien en effet, n'est que FRAUDE, INIQUITE et ARBITRAIRE, profitable seulement à ceux qui créent, manipulent, contrôlent et trafiquent de la monnaie; à leurs amis de l'industrie et du commerce les plus puissants, et à leurs compères politiciens.
    Dans l'un et l'autre cas, le système financier contemporain que nous appliquons est FAUX.
   En continuant de l'appliquer, chaque nation ne fait pas autre chose qu'utiliser des expédients frauduleux, précaires, toujours plus incohérents; s'abuser elle-même, s'enfoncer dans une situation toujours plus inextricable, s'abîmer dans le chaos économique et social le plus complet qui va conduire à une révolution peut-être universelle !
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