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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:12

Propositions de Crédit Social

du Major C.H. Douglas

             ___________________

 

Le but de ces propositions est de METTRE ENTRE LES MAINS DES CONSOMMATEURS la RICHESISE FINANCIERE ou POUVOIR D'ACHAT QUI REPRESENTE LEUR CREDIT REEL.

Pour arriver à ce résultat, il est essentiel :

a) que tout crédit financier soit proclamé PROPRIETE PUBLIQUE, comme il l’est bien en effet, et que l’ETAT en soit l’Administrateur ;

b) que les banques agissent désormais comme AGENTS du Gouvernement (ou mieux de l’ETAT) pour l’administration de ces crédits, et pour tenir la comptabilité nationale, travail pour lequel elles seront payées ;

c) que la communauté soit mise à même d'utiliser les marchandises et les services jusqu'à la limite de sa capacité de production (satisfaisant sa capacité de consommation), c'est‑à‑dire que le pouvoir d'achat en mains des consommateurs soit collectivement égal au prix collectif des marchandises offertes à la vente et des services, à tout moment donné.

Ceci peut être réalisé sans aucune difficulté technique quelconque par l'APPLICATION DE LA FORMULE REGULATRICE DES PRIX de Douglas.

Voyons en quoi elle consiste.

Le déséquilibre croissant entre le pouvoir d'achat existant aujourd'hui entre les mains des consommateurs et les prix collec­tifs des produits de l'industrie, provient de fautes faciles à mon­trer de la politique financière. Et qui plus est, ces fautes consti­tuent la cause primordiale des accidents économiques chroniques auxquels l'industrie est sujette (c'est‑à‑dire, les crises).

Trois facteurs contribuent essentiellement à la réduction du pouvoir d'achat de la collectivité :

                1° L'épargne réalisée sur les gages, salaires et dividendes ;

                2° L'incorporation dans les prix de frais dont l'équivalent en argent n’est jamais distribué aux consommateurs ;

                3° L'annulation par les banques de prêts ou de découverts (crédits) AVANT que les marchandises produites au moyen de ces crédits ne soient consommées.

En ce qui concerne 2°, la portion des crédits financiers dis­tribués par l'industrie sous forme de gages, de salaires ou de dividendes, est la mesure vraie de la puissance d'achat de la communauté. Cette proposition tombe sous le sens.. Or, ‑ à supposer qu'aucun gage, salaire ou dividende ne soit épargné, ‑ il n'y a jamais assez de pouvoir d’achat distribué pour acheter les mar­chandises produites ou payer Ies services rendus.

En effet : Tous les paiements industriels peuvent être divisés en deux groupes:

Groupe A : Tous les paiements faits à des individus (gages, salaires, dividendes).

Groupe B : Tous Ies paiements faits à d'autres organisations, (matières premières, remboursements de prêts bancaires et autres frais non personnels).

Le taux de flux de pouvoir d'achat aux individus est représenté par A ; mais étant donné, axiome de politique financière, que tous les paiements exécutés doivent être récupérés dans les prix, le taux du flux des prix ne saurait être inférieur à la somme (A+B). Comme A n'achètera jamais (A+B), une proportion de produits au moins égale à B DOIT ETRE DISTRIBUEE SOUS UNE FORME DE POUVOIR D'ACHAT QUI NEST PAS COMPRISE DANS LA DESCRIPTION GROUPEE SOUS A.

Sans entrer dans le détail de la démonstration de cette proposition, que l'on sent intuitivement vraie d'ailleurs, il suffit d'indiquer à ceux qui objecteraient que B est aussi du pouvoir d'achat actuel, que les paiements du groupe B ne sont que des remboursements, abstraits du publics, de pouvoir d'achat distribué au cours d'un cycle de production antérieure qui n’est pas encore offerte à la vente, ou de pouvoir d'achat distribué (et disparu dans la consommation) au cours d'un cycle de production antérieur à celui pour lesquels les paiements A, pouvoir d'achat actuel, sont distribués. Il suffit, pour concrétiser, de remarquer que  «  le moulin ne moudra jamais avec l'eau qui a déjà passé  » .

Cette proposition, qui est vraie pour chaque industrie individuellement, est également vraie pour toutes les industries collectivement.

Or, directement ou indirectement, tout le pouvoir d'achat existant dans la communauté est distribué par l'industrie.

En ce qui concerne 1°, quel est le résultat des économies hebdomadaires réalisées sur les gages, salaires ou dividendes; c'est‑à-dire de l'épargne ? Ces économies s'ajoutent manifestement à !'agrégat des frais qui attendent récupération. L'effet certain est donc un empilement progressif de frais non recouvrés, physiquement représentés par des marchandises attendant acheteur.

Le producteur découvre qu'il lui faut un temps de plus en plus long pour rentrer dans ses fonds immobilisés. La banque, elle, qui a émis le crédit nécessaire pour cette production, n'attend pas. Le seul recours du producteur est alors de réduire sa production, tandis qu'une partie de ses stocks « superflus » est liquidée (de gré ou de force), ce qui, automatiquement, réduit le flux des salaires et des dividendes aux consommateurs possibles, réduisant à son tour leur pouvoir d'achat. Faillites, banqueroutes, réductions de capital, ventes judiciaires, ou en solde au‑dessous même du prix de revient, constituent quelques-uns des palliatifs qui aident à prévenir un arrêt total de la production. Ces palliatifs sont VOULUS par les banques, mais la faute en est toujours rejetée sur les producteurs, ou même, sur les consommateurs (telle est l'origine de l'argumentation d'aujourd'hui : « l'on a trop produit » ; « le peuple a vécu au‑dessus de ses moyens » ; « l'argent se cache » ; et autres tartuferies du même genre). La vérité, c'est que les banques sont uniquement intéressées à récupérer les crédits émis par elles; dans le temps arbitrairement fixé par elles sans égard pour la question de savoir si lés bénéficiaires sont, ou non, en état de rembourser, ce qui est uniquement fonction de leurs ventes; c'est‑à‑dire, en fin de compte, du pouvoir d'achat des consommateurs, qui, lui-même, ne dépend que de la politique bancaire, facteur 3° énuméré ci‑dessus. Non point que ces crédits, opérations fictives ou fictions comptables, leur appartiennent, comme pourtant elles l'affirment ; mais simplement parce que dans l'opération de remboursement de ces crédits se trouve inclus leur bénéfice qui, lui, est seul réel et leur permet, par la continuité et une constance implacable dans l'application du procédé, d'accaparer progressivement le contrôle de tout le système économique, but ultime de la Finance. .

La science a résolu le problème de la production ; les progrès de l'industrie permettent d'utiliser une main‑d'oeuvre de jour en jour moins importante pour une production sans cesse croissante. Les propositions de Crédit Social résoudront le problème de la distribution, de la consommation. Production et consommation ne sont manifestement que deux aspects d’une seule et même chose, et le seul but de la production n'est évidemment que la con­sommation.

 

Juste Prix

 

Le Major Douglas a montré que le coût réel de la production de n'importe quoi est uniquement composé de l'énergie et de la matière employées au cours du procédé. Les biens consommables doivent être vendus à leur JUSTE PRIX, qui est évidemment telle proportion de leur coût financier qui représente l'énergie et la matière employées dans le procédé.

La différence. entre le Juste Prix et le coût financier ou comptable de la production, et qui représente la dépréciation du capital, doit être liquidée par une émission de crédit gratuite soit au détaillant, soit au consommateur, ce crédit étant débité en regard de l'actif accumulé de la communauté.

En effet, 1'actif‑capital n'est pas distribué à la communauté mais c'est une propriété commune, et sa dépréciation sous toutes ses formes devrait en être payée en débitant un compte de Crédit National qui serait crédité de toute « appréciation » de l'actif de la nation.

La justification de cette proposition gît dans l'observation de deux faits également négligés et perdus de vue, mais également essentiels ; et si l'on veut remettre de l'ordre dans la société, il faut inévitablement commencer par remettre de l'ordre dans les idées et les principes :

1° Or, il est absolument nécessaire de dissocier la notion de la création des richesses réelles, aujourd'hui réalisée par les machines, d'avec la notion de la création des « valeurs » qui les représentent, c'est‑à‑dire de l'argent.

2° La contribution de ceux qui possèdent aujourd'hui les moyens de production, à la création de ces moyens, n'a pas plus de valeur intrinsèque que la contribution de l'homme des cavernes, et la machine est évidemment une création commune, fruit de la collaboration de tous les hommes et de tous les âges. La propriété de la matière de la machine doit être, de toute nécessité, distincte de la propriété de la « valeur » de la machine, estimation conventionnelle et purement comptable qui ne se justifie qu'en raison de l'existence de la collectivité. La valeur de la propriété ou son expression comptable, distincte de la matérialité de la propriété elle-même, est donc un bien commun.

Il est essentiel de se souvenir que le consommateur DEVRAIT collectivement posséder les moyens de disposer complètement à la fois : 1° de la production actuellement complétée ; 2° du solde de la production en cours de fabrication ; 3° du solde de la production potentielle représentée par l'outillage inutilisé, la main d’œuvre et les matières premières disponibles. Il est donc facile de voir que, dans les conditions existantes, les prix devraient varier en raison inverse du taux de production. La difficulté en ceci serait que les producteurs perdraient de l'argent, et pour éviter qu'ils en perdent, comme aussi pour stimuler la production, une modification d'autre sorte est indispensable: la distribution d'un dividende social, l'indemnisation des détaillants s'ils vendent au Juste Prix, ou, comme alternative, une ristourne aux consommateurs qui ne peuvent manifestement payer que le Juste Prix.

Si l'on réfléchit aux réalités physiques de la production, l'on peut voir facilement que le véritable coût d'un programme donné de production est constitué par la consommation de la production au cours d’une période de temps équivalente à la durée d'exécution du programme ; en d'autres termes, le véritable coût d'un programme de production est, non pas la valeur‑argent du coût, mais considérablement moins que ce coût‑argent ; et il est évident que les fruits de ce programme de production ne peuvent être vendus au public acheteur, qu'à la condition qu'ils soient vendus à leur coût véritable de production.

Une expression mathématique de cette proposition est facile à donner :

Si P correspond à la production ; si C correspond à la consommation (au tours d’une période donnée de temps [t2 ‑ tl]) ;

Si M est l'argent distribué pour un programme donné, le véritable coût de ce programme n’est pas M, mais bien :

   

c'est‑à‑dire :

         Taux de consommation moyenne pour la période donnée.

M x ---------------------------------------------------------------------------------

         Taux de production moyenne pour la période donnée.

 

Cette différence entre le coût financier et le Juste Prix, liquidée par une émission de crédit gratuit, peut être appelée le CREDIT DE CONSOMMATION indispensable pour assurer la distribution rationnelle de la production aux consommateurs.

Ce flux supplémentaire de crédit de consommation, ou de pouvoir d'achat, ne doit, en aucune façon, être comptabilisé dans

les prix de revient de l'industrie, mais doit être « court‑circuité », en ce sens qu'il ne saurait être distribué aux consommateurs par les voies par lesquelles les revenus, leur pouvoir d'achat, leur parviennent aujourd'hui, c'est‑à‑dire par le truchement des salaires,  gages ou dividendes provenant de l'industrie.

 

Dividende  Social ‑ Bonus Social

 

Ce crédit de consommation serait émis par l'Etat:

a) sous forme d'un Dividende Social National à chaque consommateur, citoyen de l’Etat ;

b) et sous forme de ristourne ou Bonus Social sur les prix payés par chaque consommateur.

 

Par exemple : s'il était prouvé, par les statistiques officielles; que le volume total de la production au cours d’une période donnée est le double de la consommation totale courante pendant la même période, les prix seraient, par décision gouvernementale édictée comme l’est aujourd'hui le taux d'escompte des banques, réduit de 50 % afin de permettre que la totalité de la production puisse être achetée et consommée. Une telle réduction des prix équivaudrait à doubler le pouvoir d'achat de chaque consommateur.

 

Souches

 

En ce qui concerne b), cela peut être réalisé de l'une des deux leçons suivantes:

A) Ou bien le détaillants, en sa qualité de dernier distributeur des marchandises vendues à 50 % du prix, conserverait les souches de toutes ses ventes et enverrait ces souches à une Chambre de Compensation des Banques, laquelle rembourserait ledit détaillant du montant des ristournes faites, d'après la mercuriale, aux consommateurs ses clients ;

B) Ou bien, deuxième alternative, le consommateur paierait le prix plein au détaillant et recevrait en même temps que les  marchandises qu'il achète une souche qu'il remettrait à sa propre banque. Périodiquement, par exemple, tous les trois mois, au moment où le coefficient de. la mercuriale serait publié par le Gouvernement, le consommateur serait crédité à son propre compte en banque du montant qui lui serait dû comme ristourne sur les achats faits par lui pendant le trimestre écoulé.

En ce qui concerne a), le Dividende Social serait, par exemple au début, 1 % du capital‑actif de la communauté (Nation), et serait réparti mensuellement ou trimestriellement et également entre tous les citoyens. La Somme totale de ce dividende serait débitée au compte du Crédit National au même titre qu'une dépréciation et entrerait en line de compte dans l'établissement de la formule régulatrice des prix affectant. le bonus ou ristourne b).

 

Aucune Inflation Possible

 

L'expansion de Crédit National précèderait l'expansion monétaire, l'argent nouveau étant basé sur la richesse déjà créée, et le crédit étant émis conditionnellement et proportionnellement à une réduction des prix ; en d'autres termes, les crédits de consommation ne seraient émis . qu'après que les marchandises seraient en rayon on au comptoir, en fait après qu'elles seraient vendues. Ceci est important, car si l'argent est émis définitivement en contrepartie de marchandises existantes, l'objection d'inflation ne tient pas debout.

Les propositions de Crédit Social ne sauraient tendre à aucune inflation.

Elles constituent un réajustement logique du système du crédit et une réglementation scientifique des prix, en vue d'augmenter la consommation nationale et de permettre  tous Ies membres de la communauté d'avoir leur part légitime de la richesse nationale totale, réelle, création commune.

Chaque consommateur aurait ainsi un pouvoir d'achat adéquat

Il serait assuré, au moins, de pouvoir vivre ; en d'autres termes sa sécurité économique serait réalisée, de sa naissance jusqu'à sa mort, ce qui est incontestablement la meilleure forme d'assurance sociale ou de secours mutuel qui soit.

Une augmentation de la consommation nationale mettrait en mouvement les rouages de la production et abolirai' pour toujours les maux de la misère et du chômage:

Ces propositions de Crédit Social sont purement économiques ; elles ne sont pas politiques.

Elles n'envisagent aucune expropriation quelconque ni aucune « bureaucratie additionnelle en dehors du département purement statistique nécessaire pour établir les données suivant lesquelles l'émission et l'annulation de l'argent, des crédits, seraient réglées automatiquement.

Elles offrent en outre une base de coopération sincère entre tous les hommes de réelle bonne volonté.

Elles ont une portée sociale immense et permettent à l'humanité de progresser sans cesse et de développer sans cesse son bien-être matériel et moral sur ce monde.

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Published by credit-social - dans Le Crédit Social
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