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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 09:48

Le gouvernement socialiste nous serine avec ce terme de changement mais il ne fait que des réformettes en restant toujours dans le même cadre économique archaïque. Or, compte tenu de l’état actuel du monde, un vrai changement, en profondeur et dans bien des domaines s’impose de façon urgente. Le premier changement est dans le système économique actuel.

En effet, raisonnons un peu ceci sans parti pris ni dogmatisme !

Si on est humaniste :

-         Comment peut-on admettre encore de nos jours que dans le monde des millions de gens meurent chaque année de faim, de manque d’eau potable ou de soins ?

-         Comment peut-on admettre que des passeurs abjects s’enrichissent en profitant de la détresse de personnes souhaitant migrer, souvent au risque de leur vie, dans l’espoir de trouver dans nos pays occidentaux des moyens de vivre décemment, alors qu’ils retrouvent souvent chez nous des conditions déplorables ?

-         Comment peut-on admettre qu’il y ait des personnes vivant dans la précarité ou la misère, parfois sans logis, même dans nos pays dits modernes, cultivés et civilisés ?

-         Comment peut-on admettre qu’il y ait plus d’un milliard de gens analphabètes ou illettrés, sans instruction et éducation ? Là est le terreau de l’obscurantisme et du fanatisme conduisant à la violence ! Danton disait avec raison que « l’éducation est après le pain ce que le peuple a le plus besoin ».

-         Comment peut-on admettre qu’on trouve toujours de l’argent pour faire des guerres qui tuent des millions de gens et détruisent des richesses, mais jamais assez pour éradiquer la misère et venir en aide à tous ces malheureux et les sauver de la mort ?

-         Comment peut-on admettre l’exploitation éhontée des populations du Tiers Monde, et celle d’enfants par des industriels et commerçants cupides, eux-mêmes tributaires de l’oligarchie financière et bancaire qui nous exploite pour le seul profit de ses actionnaires (4% de la population mondiale) et dirigeants (quelques milliers de par le monde) ?

-         Comment peut-on admettre que le monde soit contrôlé politiquement, médiatiquement et moralement par cette oligarchie qui étend maintenant son pouvoir au monde entier grâce à la mondialisation qu’elle a réussi à imposer ?

-         Comment peut-on admettre que les membres de cette oligarchie s’enrichissent à nos dépens, même en temps de crise, alors que l’immense majorité de la population mondiale s’appauvrit ?

-         Comment peut-on admettre que le chômage augmente en France, mais aussi dans de très nombreux pays du monde, entraînant les chômeurs à la misère, alors qu’il y a tant à faire pour venir en aide aux peuples vivant dans la misère et l’ignorance ? Par manque d’argent ou de crédit nous dit-on. Mais qu’on le crée !

-         Comment peut-on admettre qu’une entreprise soit tributaire des fluctuations du cours de la monnaie ? Qu’elle soit obligée de fermer parce qu’elle n’a plus droit au crédit pour se rénover et se développer ? Ou encore qu’elle tombe entre les mains d’une multinationale ou d’un pays étranger (Qatar, Arabie, Chine…) ?

-         Comment peut-on admettre d’être l’esclave, le plus souvent inconscient, du système économique actuel contrôlé par cette oligarchie financière et bancaire ?

 

Bien évidemment si on est humaniste on ne peut pas admettre tous ces dérèglements. Aussi est-il temps de réfléchir et surtout d’agir en abandonnant le système économique actuel qui nous a plongé dans une crise socio-économique, morale et éthique mondiale. Ce changement passe donc par une réforme économique. Elle s’impose car une révolution sanglante peut éclater, ce qui ne saurait tarder vu le mécontentement grandissant des populations mondiales.

 

Pour clarifier les propos qui suivent je crois utile de rappeler la signification du terme économie.

Pour Le Petit Robert l’économie est : la « Science qui a pour objet la connaissance des phénomènes concernant la production, la distribution et la consommation des ressources, des biens matériels dans la société humaine. » Pour Le Petit Larousse elle est : « l’ensemble des activités d’une collectivité relatives à la  production, la distribution et la consommation des richesses. »

Rappelons qu’étymologiquement le mot économie vient du grec "oikonomia" qui veut dire "administration des affaires d’une maison", "éco" venant de "oikos" se traduisant par "maison". C'est donc bien "l'administration ou le gouvernement de la maison" qui, dans les sociétés primitives, constituait l'agglomération habitée par les membres d'une même famille ou d’un clan.

En généralisant le terme "maison", ne peut-on pas considérer une Nation, et même tous les pays du monde, comme constituant une "hyper maison", notre Terre, et donc les humains qui l’occupent et y vivent comme les membres d'une "hyper famille", l'humanité ? Chaque individu, dès sa naissance, n'est-il pas membre de la communauté humaine, de cette "hyper famille" ? Cette "hyper famille" produit en permanence et de plus en plus de richesses et de biens tout en utilisant de moins en moins de gens ! Comme chaque membre de l’humanité contribue de sa naissance à sa mort à l’activité économique du fait de sa consommation, favorisant ainsi la production et la création de richesses, – même si c’est indirectement durant une partie de sa vie –, n’est-il pas un actionnaire de cette "hyper entreprise" que constitue l’activité de la Nation et plus généralement du monde ? A ce titre ne devrait-il pas recevoir une "action" et une part des biens réalisés par cette "hyper entreprise" ? N’a-t-il pas le droit d’en profiter ? Il devrait bénéficier des "dividendes" créés par cette "hyper entreprise" dont le capital est constitué par le patrimoine et toutes les ressources et les richesses, tant publiques que privées, tant scientifiques que philosophiques, artistiques et culturelles, existant sur Terre, que nous ont transmis nos aïeux et qui est le bien de l’humanité toute entière. C’est pour cette raison que Louis Even disait que nous sommes tous "capitalistes" !

Pour fixer les idées, voyons aussi la définition du terme administration. Toujours selon Le Petit Robert c’est « l’action ou la manière de gérer », mais aussi la « fonction consistant à assurer l'application des lois et la marche des services publics conformément aux directives gouvernementales. »

L'économie signifiait donc l'ensemble des règles et lois qui, quoiqu'à l'origine non écrites, régissaient d’une part la production, la distribution et la consommation de cette production, d’autre part la bonne marche de la collectivité en faisant respecter l’égalité des ressources vitales dévolues à chacun, l'ordre, la morale, et l’éthique.

           

Aussi je lance la pétition suivante pour qu’on abandonne le système économique actuel, basé fondamentalement sur la spéculation pratiquée sur tous les marchés, au profit d’un nouveau système économique s’appuyant sur une morale, sur une éthique et sur des concepts scientifiques, en particulier sur les points énumérés ci-après. 

-    Sur la vraie nature de la valeur, qui n’est qu’un nombre comme l’a écrit Albert Jacquard « la valeur qu’évoque l’économiste [...] est un nombre permettant de classer tous les biens et tous les services, sur une échelle unidimensionnelle » (“Mon utopie”, Stock). Ce nombre est le résultat d’un rapport, celui de l’objet à évaluer à l’étalon choisi ! Rappelons que A/B = C ce qui s’écrit aussi A = CxB. En prenant le cas de l’évaluation d’un produit on aura donc produit/étalon euro = 10 (par exemple),  ce qui peut s’écrire : produit = 10xeuro, ou 10 fois un euro, ce qu’on simplifie en disant 10 euros. Le même produit évalué en dollars donnera 12,5 dollars, en supposant que la parité (qui se traduit par le rapport euro/dollar), euro dollar est de 1,25.

-    Sur la nécessité d’avoir un étalon fixe comme en toute science. Par exemple personne n’admettrait que le mètre étalon change de longueur ou que le litre change de volume, ceci constamment. Pourquoi alors admet-on que le dollar, la livre sterling, l'euro, le yen, le yuan… changent de valeur à la minute et que ces monnaies fassent l’objet de spéculations sur le marché des changes ? Le maintien d’une parité fixe entre monnaies était le premier objectif du FMI. Pourquoi l’a-t-on supprimé ? Personne n’admettrait que le rapport mètre/pied anglais ou litre/gallon change à la minute ? Alors pourquoi l’admet-on pour les monnaies ? Pour favoriser la spéculation des financiers et banquiers sur les monnaies ? Pourquoi n’instaurerait-on pas un étalon monétaire universel ? Les pays du monde se sont bien entendus pour établir un système international d’unités (SI). Faisons de même en économie.

-    Sur le rôle de la monnaie, ou de l’argent, qui n’est qu’un moyen d’échange remplaçant le troc. Mais son rôle est également de représenter l’ensemble des richesses que renferme notre Terre et que l’activité et l’ingéniosité humaine ont su créer et développer depuis l’apparition de l’Homme sur terre, patrimoine et richesses qui sont considérables. Cette représentation est totalement faussée par le système actuel qui a fait de la monnaie la "marchandise par excellence" dont en plus il spécule et qu’il rend rare pour soi-disant lui préserver sa valeur ! Mais quelle bêtise ! A l’origine la monnaie (cauri, caillou, plume…) ne servait qu’à compter et représenter la valeur du produit objet de l’échange, valeur sur laquelle les échangeurs finissaient par s’entendre suivant la loi de l’offre et de la demande.

-    Sur le crédit qui actuellement représente plus de 95% de l’argent en circulation. Or le crédit, ou l’argent investi, permet le transfert de ressources ou richesses "potentielles", "dormantes"en richesses "dynamiques", "actives", "vivantes", utiles à l’humanité, créatrices elles-mêmes de richesses. Actuellement ce crédit est maintenu rare. Pourquoi ?

-    Sur ce crédit qui devrait être sans intérêt et sous le seul contrôle des États et non des banques qui nous exploitent pour leur seul profit. Par exemple, les dépenses étatiques correspondent le plus souvent à une somme d’argent, ou à une ouverture de crédit. Elles représentent d’une part la valeur des ressources "dormantes" qu’on décide d’exploiter, d’autre part les salaires des employés, mais aussi les dividendes versés aux actionnaires et les intérêts versés aux banques. La somme investie, ou le crédit, portée dans la colonne PASSIF de la comptabilité, devrait être annulée à la fin de la réalisation de l'ouvrage ou du service rendu pour le bien de la collectivité, et la valeur de ces derniers devrait être portée à l'ACTIF de la Nation. En effet, on comptabilise toujours ce que ça coûte mais on oublie de considérer que ces biens créés ou services rendus ont une valeur, représentée par leur coût, mais valeur qui dépend aussi de leur utilité ! De plus on ne calcule jamais ce que cela peut d’une part rapporter à plus ou moins longue échéance, bien que l'on parle de la "valeur ajoutée" – et qu'en plus on la taxe (TVA) ! –, d’autre part éviter de dépenser en réparations ou soins !

-    Sur donc la nécessité absolue d’établir une comptabilité équilibrée. La dette actuelle des États est partiellement due à cela. Mais de plus elle est totalement arbitraire et n’existe qu’envers l’oligarchie bancaire et financière qui crée l’argent ou le crédit du néant, comme les économistes Ralph G. Hawtrey, Reginald McKenna, Henry D. Macleod, John Maynard Keynes et John K.Galbraith l’avouaient eux-mêmes. D’où  cet argent dette que dénonçait Maurice Allais, notre prix Nobel de l’économie en 1988. Les États n’ont-t-ils pas cédé aux banques le monopole du crédit ? Si, sachez le ! Ceci a commencé par la création en 1694 de La Banque d’Angleterre (« la vieille dame de Threadneedle Street ») par un groupe d'artisans (orfèvres entre autres), parlementaires et marchands qui ont obtenu du roi Guillaume III le droit de battre monnaie, ceci en échange d’un prêt de 1 200 000 livres sterling, assuré par le "Tonnage Act", prêt pour faire la guerre ! Cela s’est poursuivi par la création de la FED en 1913 par les États-Unis, cette FED groupant des banques privées qui contrôlent le crédit et par là tous les marchés, même celui de la monnaie ! 60 ans plus tard, imitant les États-Unis, la France a promulgué la loi 73-7 du 3 janvier 1973, article 25, dite loi Pompidou Giscard, surnommée loi Rothschild. C’est vrai que Pompidou a été un directeur de la banque Rothschild ! En Union Européenne cet article 25 est devenu l'article 104 du traité de Maastricht (7 février 1992). Cet article est devenu à son tour l’article 123 du Traité de Lisbonne (13 décembre 2007) qui nous a livré poings et pieds liés au bon vouloir des banques privées pour l’obtention de crédit. Il stipule que les États membres de la Communauté européenne n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leur banque centrale, mais sont dans l’obligation d’emprunter auprès de banques privées, moyennant des intérêts qui sont évalués par des agences de notation ! Et plus vous êtes pauvre, plus la note est basse et plus cet intérêt est élevé. N’oublions pas aussi que par les accords de Bâle I, signés en 1988, les États autorisaient en 1988 100€ d'ouverture de crédit gagé par seulement 8€ de fond propre (ratio Cook). En 2007 (accords de Bâle II) ce fond propre a été abaissé à 4€ (ratio McDonough). Il ne faut donc pas s'étonner de l'importance que peut prendre le pouvoir des banques ! Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), qui fut le 28e Président des États-Unis de 1913 à 1921 et le responsable de la création de la FED, reconnaissant son erreur, n'écrivait-il pas : « Je suis l'homme le plus malheureux. J'ai involontairement ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré. Le développement de la nation, par conséquent, et toutes ses activités sont entre les mains de quelques hommes… Nous sommes arrivés à être l'un des pays le plus réglé, l'un des gouvernements le plus complètement contrôlé et dominé dans le monde civilisé, plus du tout un gouvernement d'opinion libre, plus du tout un gouvernement par conviction et le vote de la majorité, mais le gouvernement par l'opinion et sous la contrainte d'un petit groupe d'hommes dominants qui arrêtent, contrôlent et détruisent toute liberté économique. [...] Certains des plus grands hommes aux États-Unis, dans le commerce et l'industrie manufacturière, ont peur. Car ils savent qu'il y a quelque part un pouvoir si bien organisé, si subtil, si vigilant et si invasif qu'ils feraient bien de ne pas élever la voix quand ils le condamnent. » ("The New Freedom", 1913). Et nos gouvernants laissent faire ce pouvoir des banques, le favorisent même !

Tous nos dirigeants doivent le savoir mais ils se gardent bien de nous le dire et de lutter contre cet abus ! Serait-ce par ce qu’ils en profitent ? On aimerait le savoir ! Mais comme le pensait John Adams (1735-1826), 2e président des États-Unis de 1797 à 1801, cette dette est un moyen de nous asservir. En effet, ne disait-il pas : « Il y a deux moyens de conquérir et d’asservir une nation. Une est l’épée, l’autre est la dette » ? C’est précisément ce que nous vivons. Nous sommes les esclaves de l’oligarchie financière et bancaire mondiale qui nous exploite pour son seul profit ! C’est pourquoi nous pouvons affirmer que « La dette nationale est un canular inventé par décret et en application par une loi » (extrait de l’article Argent dette de Paul Grignon).

Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton et prix Nobel d'économie en 2001, n'a pas hésité à lancer un cri d'alarme : « le capitalisme perd la tête. » Il ajoute « La mondialisation ne marche pas [...] pour les pauvres de ce monde, l'environnement et la stabilité de l'économie mondiale. »  Il s’élève également contre la cupidité qui serait selon lui “le moteur de la finance”, ("Le Triomphe de la cupidité",  2010) et contre la spéculation pratiquée par les banques. Il ne veut pas de "casinotiers". Pour lui nous n’avons tiré aucune leçon de la crise de 2008 et il prédit que le système économique en place en prépare de plus graves. Constatant que les institutions économiques internationales que sont le FMI, la Banque mondiale – dont il fut l'économiste en chef ! – et l'OMC, contribuent à fixer les règles du jeu en matière économique, il ajoute: « Elles l'ont fait trop souvent en fonction des intérêts des pays industriels avancéset d'intérêts privés en leur seinet non de ceux du monde en développement. » Et c’est un "expert" qui dit cela ! Qu’attend-on pour l’écouter ?

-    Sur la nécessité d’un juste équilibre entre les prix et le pouvoir d’achat (les revenus). Si on produit c'est bien avant tout pour consommer, bien qu’aujourd’hui ce soit pour faire du profit, du "fric" ! Or les moyens monétaires de la très grande majorité des consommateurs ne leurs permettent pas justement de consommer l'ensemble des produits mis à leur disposition. D’où un déséquilibre entre production et consommation.

-    Sur l’instauration d’un prix compensé, d’un dividende social, humain comme préférait l’appeler Albert Jacquard, universel pour tous, permettant à chacun de vivre décemment, d’atteindre la liberté économique, source de toutes les libertés. Tout individu, quel que soit son âge, ne contribue-t-il pas à la production du fait de sa consommation ? Si, évidemment ! Aussi a-t-il le droit de profiter des bénéfices de cette activité productrice !

 

            Serait-ce trop demander à tous nos dirigeants de réfléchir à cette pétition et d’étudier sans parti pris ni dogmatisme les propositions du Crédit Social, système économique proposé par Clifford Hughes Douglas (1924), par Walter G. Serra (1933, 1949, 1950), par Louis Even (1936), et plus récemment par Alain Pilote, système auquel Maurice Allais s’est rattaché et qu’il a défendu vers la fin de sa vie, et qu’à mon tour je défends ?

            La France a été à l’origine des idées de liberté, égalité, fraternité et laïcité, idées que beaucoup de pays du monde ont fini par adopter. Ne pourrait-elle pas prendre la tête d’une réforme qui lui apporterait la liberté économique ?  Elle se grandirait à le faire. Aussi qu’elle montre l’exemple en appliquant chez elle ce changement pour le bien de sa population qui l’adoptera avec enthousiasme dès qu’elle en aura connaissance et qu’elle constatera ses effets. Les autres pays finiront bien par la suivre.

Comme Maurice Allais le réclamait :

«  Que l’économie soit au service de l’Homme et non l’Homme au service de l’économie. »

 

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Published by credit-social
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