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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:44


   Si l'on excepte le métal que ce mot indique, il est devenu une fin en soi alors, qu'en tant que monnaie, son synonyme, il n'a été créé que comme moyen d'échange. Tout le monde en veut de plus en plus et n'hésite pas à dépenser parfois des sommes élevées aux jeux d'argent (PMU, Loto, Kéno, poker, casino, etc.) dans l'espoir justement d'en avoir plus ! C'est partout la course au gain, à la rentabilité et au profit* le plus élevé et le plus rapidement possible, surtout pour une infime minorité, cette oligarchie qui détient le pouvoir financier et bancaire, qui contrôle l'industrie, le commerce, l'agriculture et les media, et par là la politique. Les dirigeants de ce pouvoir vous diront qu'ils œuvrent pour le bien de l'humanité en investissant dans ces entreprises et qu'ils prennent des risques qui méritent bien une rétribution ! Le veau d'or dénoncé par Moïse est toujours debout ! Comme le disait Jésus : “Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'argent” (Matthieu, 6, 24). Or, certains individus cupides servent surtout l'argent et non l'homme, et encore moins Dieu, s'il existe ! A juste raison, Jacques Julliard s'interroge à son sujet dans son livre "L'Argent, Dieu et le Diable" (Flammarion) ! Avant lui, Zola ne disait-il pas que “l'argent était le fumier dans lequel poussait cette humanité de demain” ? ("L’Argent"). Charles Péguy de son côté dénonçait la “puissance de l'argent” ("L'argent", 1913, "Œuvres en prose complètes", Gallimard) ! Et si, comme il le disait, “l'argent est seul devant Dieu”, ce n'est pas la faute de l'argent mais la faute de l'homme qui en a dévoyé son objet initial dans le but de domination du monde ! L'argent dans notre monde matérialiste est effectivement devenu pour beaucoup un Dieu qu'on vénère alors que l'usage qu'en font certains serait en effet diabolique ! Que l'église catholique, les communistes et les trotskistes ne se trompent pas de cible. Ce n'est pas l'argent qu'il faut attaquer, c'est l'usage qu'en fait l'homme dû à ses mauvais instincts et à sa cupidité !
   Pour être complet, certains, constatant les dégats provoqués par l’argent (trafics d’armes, de drogues, corruption, vols, etc.), prêchent pour sa suppression pure et simple car ils le considèrent comme étant la cause de tous nos maux. Je pense qu’ils font une erreur d’analyse. Contrairement à ce qu’ils di-sent, il n’est pas “l'agent infectieux” qui pourrit le malade et dont l’élimination supprimerait toute maladie. Il n’est pas la cause de nos maux mais seulement le moyen utilisé par certains gens cupides pour arriver à leurs fins, c’est-à-dire pourrir notre vie, nous exploiter pour s’enrichir, pour dominer le monde et le soumettre à leurs desseins pervers.
   Il est donc urgent de rendre à l'argent (monnaie) son rôle premier qui est avant tout de faciliter les échanges. Mais pour nos économistes orthodoxes il n'est pas que cela. C'est aussi une représentation de la valeur des richesses réelles, biens et services offerts à l'échange. Cette représentation adopte des formes diverses : elle est matérialisée pour une part dans les signes dits monétaires (papier monnaie, billets de banque); et pour une autre part, beaucoup plus importante, dans les diverses formes de papier commercial ainsi que dans les crédits bancaires.
    “Si l'argent n'est que représentation, il doit tomber sous le sens que le premier objectif de l'économie doit être, non pas la production d'une représentation, mais la production la plus large possible, jusqu'à la limite matérielle des moyens de production, des biens et des services nécessaires, leur distribution et leur répartition équitable à chaque individu, homme, femme, enfant, vieillard, pour la satisfaction la plus large possible des besoins humains. Ce qui est la raison d'être des progrès techniques.
    Dans une économie véritablement humaine, ce sont les besoins humains et la demande réelle qui doivent déterminer la production; et la représentation de la valeur des biens produits, donc de l'argent en circulation, doit être fonction de la production, et non l'inverse.
   Or, dans l'économie actuelle, fondée sur l'échange des biens et des services contre argent - sous toutes les formes que l'argent peut prendre, en particulier le crédit - c'est la production qui est fonction de l'argent existant, de celui qui, sous la forme de monnaie tangible ou sous celle de crédit, est "disponible" entre les mains des acheteurs ou dans les comptes bancaires.
   Quand toutes les matières premières nécessaires à un programme donné de production sont réunies, ainsi que les moyens techniques et les hommes, il manque encore l'argent, qui seul met en marche le processus de production et la suite du cycle distribution - consommation. L'argent est ainsi, pour l'économie actuelle, capitaliste, de loin la "matière première" la plus essentielle, sans laquelle il n'y a pas de production.
   Et l'on sait ce qu'il est, sous sa forme "dématérialisée" de crédit. Créé du néant, le crédit est l'objet, la matière première, la "marchandise par excellence" dont les systèmes bancaires trafiquent; il constitue leurs "earning assets" (avantages en gain), leur actif productif, qui produit un autre objet de nature analogue : l'intérêt ou profit financier. Mais, alors que ce crédit représente l'aptitude de la collectivité à produire et devrait être son actif, la propriété de cet actif, par un flagrant abus de confiance et une escroquerie patente, est réclamée et exercée par le système bancaire.
   Enfin, si l'on considère la motivation de la production, elle gît tout entier dans le désir d'en retirer un profit en argent, comme si l'argent était le vrai but de la production et de l'activité humaine, comme si l'argent était un bien supérieur à tous les biens et services, comme s'il était bien, précisément, cette "MARCHANDISE par excellence
". (Extrait de "L’Evolution humaine - Le Chaos économique mondial - La révolution qui vient" par W.G. Serra, paru en 1950 dans la revue Vers Demain).
    N'entend-on pas ces phrases très évocatrices : le "prix de l'argent", le "marché de l'argent" assimilant donc bien l'argent à une marchandise comme le blé ou le pétrole ?
   Autres expressions courantes qu'on entend à propos de l'argent : "Faites travailler votre argent", "Demandez plus à votre argent" (LCL) ! Bientôt, il sera le seul à "travailler" ! Mais quelle bêtise ! Cela n'a jamais été le rôle de l'argent de travailler! Il n'est qu'un moyen d'échange !
   Dans le système économique actuel, tout se passe donc comme si l'argent, sous quelque forme que ce soit, était toujours marchandise. Il n'est donc pas représentation proprement dite. Son caractère de représentation n'est que contingent et fondamentalement abusif et frauduleux. Quiconque ne comprend pas cela est incapable de comprendre quoi que ce soit au grand drame de notre temps, et est encore plus incapable d'apporter à la solution des problèmes présents la moindre contribution utile.
   L'argent existe de nos jours, sous deux formes :
  a) une forme tangible (pièces de monnaie, tellement falsifiées qu'elles sont pratiquement sans valeur intrinsèque, billets de banque, papier commercial, etc.), représentant environ 5% de l'argent en circulation ;
   b) une forme non tangible, les crédits bancaires, représentant environ 95% de l'argent en circulation. Ce n'est pas l'Etat qui “dans les coulisses, tirerait les ficelles, tiendrait les cordons de la bourse” (Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, "Les 10 plus gros mensonges sur l'économie", Dangles Editions) mais les banques dites centrales qui contrôlent le crédit.
   Si l'on excepte le troc pratiqué encore par certains Etats et personnes, l'argent est le seul moyen aujourd'hui existant par lequel s'effectuent tous les échanges.
   La fonction propre de l'argent est de fournir les informations nécessaires à la production et à la distribution des biens et des services, donc à leur consommation.
   En d'autres termes, le système financier n'est qu'un mécanisme d'administration. C'est parce que ce mécanisme est de loin le plus efficient de tous dans l'application d'une politique donnée, que le contrôle de l'argent et du crédit est si important, et qu'il devrait, en toute logique, être exercé uniquement par l'Etat!
   Le but de la production est bien avant tout de répondre à des besoins en offrant des produits destinés à la consommation, et non de faire du profit qui, de surcroît, n'est réservé qu'à une infime minorité (5% de la population mondiale !). Et pour qu'on puisse consommer ce qu'on produit il faut qu'on ait à tout moment un équilibre entre la valeur des produits ou services offerts, donc les prix, et celle représentant les moyens de les acquérir, donc les revenus (salaires, intéressement, dividendes, etc.). Or que constate-t-on ? Ces revenus sont toujours inférieurs aux prix. Pourquoi ? Parce que dans la conception orthodoxe de l'économie, l'argent est une "marchandise" qui doit être maintenue rare pour soi-disant lui conserver sa valeur ! Mais quelle bêtise ! D'autant que la valeur n'est qu'un nombre ! C'est le résultat d'un rapport, celui de l'objet à mesurer comparé à l'unité de mesure ! Et l'argent n'est pas une marchandise, ce n'est qu'un moyen d'échange ! Et la monnaie n'est qu'un étalon de mesure qui, comme en toute science, devrait rester fixe. A ce titre, pour permettre ces échanges, l'argent en circulation devrait donc représenter la totalité de la valeur, exprimée dans les différentes unités monétaires, de tous les biens et services existants sur cette Terre, comme c'était le cas à l'origine dans les petites communautés, permettant ainsi les échanges et de consommer ce que l'on produisait.
   On nous dit qu'on "n'a pas l'argent", qu'on manque de "liquidités" pour produire, réaliser, développer, construire, tout ce dont le monde a le plus grand besoin. Encore des arguments stupides ! Quand est-ce que nos économistes comprendront et admettront que l'argent permet les échanges et doit donc être en quantité suffisante pour justement faciliter ces échanges ? Et que le crédit, qui rappelons-le en représente 95%, permet le transfert de ressources ou "richesses potentielles, dormantes" en "richesses dynamiques, vivantes", elles-mêmes productrices de richesses ? Nos économistes, soi-disant "distingués", sont-ils à ce point bornés ?
   Puisque l'argent (monnaie) ne doit en aucune façon être une marchandise - dont en plus on spécule ! - mais la simple représentation des valeurs créées ou à créer (crédit), un Etat souverain et réellement indépendant n'emprunte jamais. Il n'emprunte ni de ses citoyens ni de l'extérieur. Cela n'aurait aucun sens. L'Etat, créateur de la représentation des valeurs des biens et services produits ou à produire, comptable de la consommation et des réalités physiques de toute la vie économique nationale, soucieux de l'intérêt de ses citoyens, doit seul contrôler l'argent, donc l'émission de la monnaie, et le crédit. Il ne doit prélever ni impôt, ni taxe, ni intérêt. Il doit suppléer, au contraire, à l'insuffisance des salaires et revenus, insuffisance nécessairement croissante avec tout avancement des techniques et remplacement des hommes par des machines, robots et logiciels, et il doit satisfaire à la demande réelle pour réaliser l'équitable répartition des avantages résultant de l'association humaine, dont chaque individu est, à un titre égal, l'héritier. Et contrairement à Georges Bernanos ("La France contre les Robots"), je suis pour les machines, robots et logiciels qui soulagent le travail de l'homme et créent des richesses pour son bien, mais je suis contre leur exploitation aux seules fins de profit, réservé de plus à une infime minorité, les actionnaires ! Là est le mal dont souffre notre monde moderne matérialiste ! L'argent n'est en rien responsable ! C'est de son mauvais usage par l'homme que nous vient tout le mal !
   “Une comparaison simple, due à Clifford H. Douglas ("Social Credit"), permet de comprendre parfaitement le rôle de la monnaie (ou argent), instrument d'échange, et sa fonction : c'est la comparaison de la monnaie et du billet de chemin de fer.
   Le billet de chemin de fer est un "titre de voyage"; il sert à "distribuer le transport" exactement comme l'argent est un "titre à consommer des biens et des services" et sert à "distribuer les produits" de l'industrie humaine. Le fait que le voyageur paye son billet en argent n'a aucune portée quelconque sur la comparaison ni l'argument, car l'équivalent de l'argent du voyageur qui achète un billet ou "titre de voyage", c'est le travail de l'individu et son aptitude à produire des biens et des services, la seule chose qui constitue pour lui son "titre à consommer", inadéquatement et insuffisamment représenté aujourd'hui par l'argent.
   Maintenant remarquons:
  1 - que la demande en billets de chemin de fer aux guichets de distribution des gares fournit de toute évidence à l'administration des chemins de fer une indication parfaite de l'importance des transports requis (encore qu'elle soit aujourd'hui sujette à des restrictions financières qui n'ont pas de portée sur l'argument);
  2 - cette indication permet à l'administration d'établir un programme de transports, d'organiser le trafic et les horaires, tandis que:
  3 - la possibilité, pour le voyageur, d'obtenir un billet en conformité avec le programme et les horaires, lui permet d'organiser ses plans de déplacement avec la certitude qu'il pourra être transporté là où il voudra, à l'heure et avec les commodités de son choix.
   Or, décider que toutes sortes de choses désirables qui existent ne pourront être obtenues, parce que le nombre d'étalons ou de "copies" de l'étalon (c'est-à-dire la quantité d'argent) est limité, est aussi absurde que de vouloir qu'il n'y ait, par exemple, dans un train qui comporterait 1.000 places et d'autres trains sous pression, que 100 voyageurs au départ de Paris pour Marseille malgré une large affluence aux guichets de voyageurs pour cette destination, et prêts à payer leur place, sous le seul prétexte qu'il n'y aurait que 100 billets Paris-Marseille disponibles à ces guichets. Un tel argument n'a de valeur que si l'insuffisance de billets de chemin de fer reflétait une insuffisance réelle en moyen de transport, et non l'inverse. En d'autres termes, il est aussi absurde de maintenir l'argent rare ou de le raréfier (ce qui est bien la politique bancaire et financière de l'économie contemporaine), qu'il le serait de limiter le nombre de billets de chemin de fer et le nombre de trains, malgré la présence d'une surabondance de voyageurs prêts à payer leur place, et une surabondance de matériel roulant pouvant les transporter.
   Comme on le voit sans peine, cette comparaison met bien en pleine lumière à la fois la nature et la fonction de la monnaie:
   a) sa nature qui est d'être un système de tickets; un mécanisme d'administration, impliquant un système de comptabilité reflétant les réalités physiques de la production et de la consommation;
  b) sa fonction qui est de faire passer dans les faits la satisfaction de la demande réelle, et de permettre la production des biens et services réclamés par cette demande réelle.
   En d'autres termes, LA FONCTION PROPRE DE LA MONNAIE OU ARGENT EST DE FOURNIR TOUTES LES INDICATIONS NECESSAIRES A LA PRODUCTION,  COMME A LA DISTRIBUTION DES BIENS ET DES SERVICES A LA DEMANDE REELLE.”
(Extrait de "Les erreurs de l’Economie Capitaliste et les Principes fondamentaux d’une réforme économique rationnelle" de W.G. Serra, mémoire envoyé à l’Académie des Sciences en 1949).
    Incidemment, pour en savoir un peu plus, vous pouvez visionner le petit dessin animé, créé par Paul Grignon, intitulé "L'Argent dette", en consultant sur Internet "Bankster.tv".

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Published by credit-social
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